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NÉVRALGIES ARTICULAIRES

Voici, d'après Stromeyer (2j, les signes de cette singulière maladie.

Les douleurs peuve^it se manifester spontanément et avec une grande intensité apparente; mais c'est surtout à la pression que l'articulation est douloureuse, et, chose particulière, de légers attouchements ou le

(1) On connaît le cas cité par Roniherg où un anévrisme de la carotide interne avait produit une névralgie du trijumeau en comprimant le ganglion de Gasser.

(2) Stromeyer. — Erfahrungen iXber Localneurosen. Hannover, 1873. Voyez aussi Brodie. — Lectures illustrative of certain local nei'voiis Affections. London, 1837.

LES NÉVRALGIES, LEURS FORMES ET LEUR TRAITEMENT. «.^o

simple plissement de la peau, même dans des parties assez éloignées de la jointure, occasionnent une souffrance plus vive qu'une pression énergique exercée sur les épiphyses. Cette douleur a encore ceci de remarquable que l'on peut pour ainsi dire l'empêcher d'être perçue en détournant l'attention du sujet. Il n'existe pas d'ailleurs de points douloureux, et la sensibilité occupe fréquemment une circonscription étendue du membre au-dessus et au-dessous de l'articulation. La souffrance est assez vive pour empêcher le patient de s'endormir ; mais le sommeil, une fois survenu, se prolonge plusieurs heures, malgré les mouvements involontaires qui peuvent se produire dans la jointure. Pendant la veille, l'articulation reste immobile.

Dans les premiers temps de la maladie, c'est-à-dire durant les premiers mois et même les premières années, l'articulation ne présente aucune lésion appréciable. Plus tard, on voit survenir une légère tuméfaction de la jointure, qui s'accompagn^ d'un sentiment anormal de chaleur ou de froid dans le membre. Il ne se produit pourtant jamais de déviation ni d'ankylose. Les muscles, en dépit du repos prolongé qui leur est imposé, ne subissent aucune atrophie; pas de contractures douloureuses; quelquefois seulement des mouvements choréiques.

Le siège le plus habituel de l'affection est le rachis ; puis la hanche, le genou, le pied et la main.

La douleur articulaire naît d'habitude d'une façon soudaine ; elle dure presque toujours longtemps avec des oscillations plus ou moins marquées; puis, quelquefois, elle disparait aussi subitement qu'elle est venue, par l'effet d'une émotion ou d'un traumatisme. Tel est le cas cité par Brodie, où une chute faite sur le genou malade, pendant une course à dos d'âne, amena une guérison immédiate. Mais le plus souvent, le malade se rétablit lentement sans que le traitement, — le traitement médical surtout, — puisse être considéré comme l'agent de cette guérison. Dans aucun cas elle ne devient une véritable arthrite.

Gomme circonstances étiologiques, on a constaté que les femmes y étaient particulièrement sujettes, surtout les femmes hystériques dont la circulation périphérique et la menstruation laissent à désirer. On a remarqué aussi que les époques menstruelles exerçaient une influence des plus accentuées sur les péripéties de l'affection articulaire.

Quant aux causes occasionnelles, elles ne sont pas toujours appréciables. Dans certains cas, on a vu survenir l'arthropathie à la suite d'une émotion morale, d'une chute, d'une entorse, d'une arthrite trau-

matique, d'un long repos du membre. D'autres fois encore, c'est une maladie générale qui lui donne naissance.

Le traitement psychique d'une part, le traitement mécanique de l'autre, sont à peu près les seuls qui fournissent des résultats avantageux. C'est ainsi qu'il faut empêcher le sujet de s'occuper beaucoup de son mal ; il faut même parfois imposer à la malade la contrainte morale nécesssaire pour qu'elle imprime au membre des mouvements actifs. Il importe, en effet, de ne pas tolérer un trop long repos. Et si la patiente se refuse aux mouvements volontaires, il faut soumettre la jointure à des mouvements passifs, au massage et même opérer, suivant le conseil de Wernher, l'écartement des surfaces articulaires. — Les liniments narcotiques, les bains tièdes, l'hydrothérapie, les bains de mer, les injections de morphine pourront être employés comme adjuvants.

Les antiphlogistiques, les révulsifs et les moyens chirurgicaux proprements dits seront absolument proscrits.

o. Lésions centrales.

Les altérations inflammatoires, dégénératives et néoplastiques des centres nerveux donnent souvent lieu à des douleurs névralgiformes que l'on appelle souvent des névralgies excentriques.

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