‹ Les névralgies, leurs formes et leur traitementChapitre 59 sur 59 · NÉVRALGIES EXCENTRIQUES · texte numérisé non relu

NÉVRALGIES EXCENTRIQUES

Nous ne pouvons pas entrer ici dans l'examen détaillé de toutes ces pseudo-névralgies. Nous nous occuperons seulement des douleurs provenant de néoplasmes développés dans l'encéphale ou dans la moelle, de Yencéphalite suppurative, du tabès dorsalis, de la paralysie agitante.

Les tumeurs intracrâniennes ou intrarachidiennes donnent lieu à des douleurs parfois très aiguës qui peuvent aisément se confondre avec la souffrance névralgique. Elles se distingueront généralement de cette dernière par leur continuité, la permanence de leur siège et la série des autres caractères différentiels que nous avons énumérés à propos du diagnostic (p. 9%. V abcès du cerveau provoque une douleur plus continue, plus fixe, tenace, profonde et circonscrite; les points douloureux et les troubles vasculaires font défaut; la cause est le plus souvent appréciable (traumatisme ou lésion osseuse chronique); ces douleurs s'observent le plus souvent chez les enfants [Anstie). Il est rare enfin que le tableau symptomatique se borne à des désordres sensitifs : presque toujours il se complique de troubles psychiques et moteurs.

Dans la sclérose postérieure, on retrouve encore le caractère différentiel résultant du siège profond de la douleur; mais par contre, la souffrance n'est pas aussi continue; elle consiste ici dans des élancements tantôt rares, tantôt nombreux et se succédant avec rapidité; entre les élancements la douleur cesse tout à fait d'être perçue. Elle ne suit ordinairement pas le trajet d'un nerf, ou du moins passe facilement d'un nerf à un autre, et n'a rien de constant dans sa localisation, c'est-à-dire qu'elle peut envahir toute la longueur d'un membre comme aussi se borner à une circonscription restreinte. Elle affecte assez souvent des régions qui sont rarement hantées par la névralgie, telles que le périnée et l'anus ; elle n'offre pas non plus de points douloureux. La douleur est souvent térébrante : elle ressemble alors à un coup de poignard. Elle a parfois un caractère d'acuité vraiment extraordinaire. Enfin, elle se manifeste de préférence la nuit. Les complications vasomotrices ne se rencontrent presque jamais, mais on observe au contraire une série de symptômes sensitifs et moteurs dénotant une altération particulière et bien déterminée de la moelle : anesthésie, ataxie, suppression des réflexes tendineux, etc.

Pour la paralysie agitante, les douleurs névralgi formes que Blasim a signalées occupent surtout les extrémités digitales et l'occiput; elles sont rares et ne tardent pas à se compliquer de tremblement et de paralysie.

Ici se termine notre tâche.

Nous croyons avoir exposé d'une manière fidèle et aussi complète que possible les données actuelles de la science sur les affections algésiques des nerfs. Nous serons heureux si le praticien peut puiser dans notre travail quelques indications nouvelles qui l'aideront à lutter efficacement contre la névralgie, c'est-à-dire contre la maladie la plus douloureuse — et par conséquent la plus terrible — dont puisse être affligée l'humanité.

Page 1