‹ Les Névrites Optiques: Post-RubéoliquesChapitre 13 sur 16 · AE · texte numérisé non relu

AE

OBSERVATION IX. — Trois cas de névrite bilatérae post-rubéolique (Woops).

Dans cette observation, l’auteur attribue à une lésion cérébrale, probablement vasculaire, qu'il ne définit pas autrement, les amauroses sans lésions. L'un de ces cas se termina par une double atrophie des papilles. À l’ophtalmoscope, on avait constaté une névrite double sans lésions rétiniennes.

OBSERVATION X. — Double neuro-rétinite consécutive à la rougeole (PANAS).

Chez une jeune fille de dix-sept ans, réglée à quinze ans, une rougeole évolue normalement en onze jours. À sa sortie de l’hôpital, le 7 janvier 1897, elle accuse une amaurose totaie de l’œil droit, avec forte amblyopie de l’œil gauche. A l'examen ophtalmoscopique, le 15 janvier, on constate une double papillite avec léger œdème, sans qu’il y eut trace d’albumine dans les urines. :

Erdroit vs 0; Œïl gauche: compte les doigts à 25 centimètres.

Régime lacté; on donne deux grammes d’iodure de potassium par jour. Au bout de dix-huit jours, le 2 février, l'amélioration s’accentue, V — 1/6 des deux côtés et les lésions papillaires subissent une régression assez marquée.

À noter que depuis le 25 décembre 1896, cette jeune fille avait eu un arrêt des règles, nouvelle cause de toxhémie ajoutée à l’action du virus rubéolique.

OBSERVATION XI. — Neuf cas de névrite optique post-rubéolique (UHTHOFF).

Sur deux cent cinquante-trois cas de maladie isolée du nerf optique, de cause infectieuse, Uhthoff donne neuf observations de névrite optique après la rougeole.

OBSERVATION XII — Névrite optique bilatérale post-rubéolique (PROTHON).

Une enfant de neuf ans a eu la rougeole il y a deux ans. Depuis, la partie supérieure de la rétine est seule sensible. La conjonctive est très pâle, de teinte bleuâtre, les yeux ne sont pas douloureux, la tension est normale. Vision: œil droit — 1/8; œil gauche — 1/3. À l'examen ophtalmoscopique, congestion des papilles qui sont rouges et font saillie. Des battements veineux, constatés pendant deux jours, disparurent ensuite. Champs visuels à peu près circulaires d’environ 30°.

OBSERVATION XIII. -— Névrite optique bilatérale consécutive à la rougeole (FAGE).

Une fillette de trois ans eut, sur le déclin d’une rougeole et sans autres complications, une double névrite optique modérée: papilles injectées, un peu voilées à leur surface et sur leurs bords, les vaisseaux conservant leur aspect à peu près normal; vision difficile pour se conduire. Rien dans les antécédents ni dans l’état général actuel. Les papilles se sont atrophiées et aujourd’hui l'enfant ne paraît plus percevoir

même la lumière.

OBSERVATION XIV. — Sur un cas de cécité bilatérale conse cutive à la rougeole (Marcel RoLLET, de Blois).

Complication survenue au cours de la convalescence de la rougeole. Pupilles très dilatées, insensibles. Papille jaune orangé, aspect terne et cireux, vaisseaux réduits de volume. Tout le fond de l’œil est jaune clair, mais cette teinte est moins accentuée dans les régions péri-maculaire et péri-papillaire qu’à la périphérie. Acuité 4/50 des deux yeux.

La cécité datait indiscutablement de la rougeole. I1 n’y eut pas trace de complications méningées, pas plus que de néphrite ou d’urémie. Pas de syphilis héréditaire.

Par la suite, le pigment apparaissait dans toute la périphé-

rie, et deux mois après le fond d'œil avait un aspect très voisin de celui que présentent certaines rétinites pigmentaires. Les tâches de pigment étaient plus nombreuses et plus grosses que dans cette dernière affection, mais très régulièrement distribuées et n’existaient qu’à la périphérie. Il y avait tout autour de la macula une zone de la largeur de trois à quatre diamètres papillaires dépourvue de pigment.

Pas d'amélioration. L'aspect ophtalmoscopique a continué à se rapprocher surtout de celui de la rétinite pigmentaire. Le champ visuel est tout à fait celui de cette maladie. La malade

présente en outre de la nyctalopie.

OBSERVATION XV. — Névrite optique infectieuse post-rubéolique (DE VAUCRESSON). - RAR

La complication survint au cours de la convalescence de la rougeole. La cécité s'installa très rapidement, en moins de huit jours, et sept semaines après l’atrophie blanche du nerf était complète. L’affection resta monolatérale. On ne fit pas d'examen du liquide céphalo-rachidien, mais l’auteur pense qu’il y eut un certain degré d’irritation méningée, car le malade se plaignit pendant quelques jours d’une violente céphalalgie fiontale. Cette hypothèse d’une infection venue des méninges n'exclut d’zilleurs pas, pour de Vaucresson, celle de l’imprégnation toxique directe.

OBSERVATION XVI. — Névrite optique post-rubéolique bilatérale. Atrophie papillaire (CHEVALIER).

Une jeune fille de treize ans, à peine guérie d’une rougeole et l’éruption n'étant pas encore entièrement disparue, se lève et se rend dans son jardin, elle prend froid et rentre quelques instants après ayant beaucoup de difficulté pour se diriger, la vision ayant baissé brusquement; de plus il s'était produit en même temps que les troubles visuels un engourdissement du bras et de la jambe du côté droit.

Les suites de la rougeole sont normales, l’éruption disparaît, la convalescence s'établit, mais la vision reste très rédui-

te et l’affaiblissement du bras et de la jambe droits persistent. (La rougeole s'était produite en mars 1902).

Péndant cinq ans l’affaiblissement de la vision n’a fait qu'augmenter d’une façon lente et progressive; l’affaiblissement du bras, de la jambe, l’hémiplégie droite a persisté, avec diminution de la sensibilité tactile, mais de ce côté il y a amélioration, car la malade peut marcher et se servir de son bras quoique difficilement, tandis que du côté des yeux la névrite a évolué et qu’actuellement l’atrophie papillaire est presque totale des deux côtés.

C'est en janvier 1907 que l’auteur vit la malade pour la première fois et recueillit les renseignements ci-dessus; comme antécédents personnels et héréditaires, rien de particulier à signaler, la jeune fille, âgée de dix-huit ans, est de forte constitution, employée aux travaux de culture; elle n’a pu, vu l’état de ses yeux, se livrer aux travaux de couture. La mère est bien portante, le père est alcoolique. l

À aucune période, il n’y a eu chez elle de complications auriculaires, jamais il n’y a eu d’otorrhée.

De chaque côté l’acuité visuelle est réduite à 2/50. Des deux côtés la mydriase est des plus marquées, et les pupilles ne réagissent que faiblement sous l'influence d’un éclairage intense. La dyschromatopsie est complète; de plus il y a achromatopsie pour le rouge et le vert qui sont perçus comme gris.

L'examen du champ visuel révèle un rétrécissement concentrique; le champ visuel pris pour le blanc s'étend à 10° environ autour du point de fixation.

Bien que la thérapeutique à cette période avancée des lésions soit, de l’avis de l’auteur, bien peu efficace, il fit suivre cependant à plusieurs reprises un traitement par l'iodure de potassium, les frictions mercurielles, les injections de strychine, les courants continus, mais l’état est resté stationnaire et on ne put obtenir la moindre amélioration; l'examen ophtalmoscopique révèle toujours une atrophie presque complète des deux papilles sous forme d’un disque blanc nettement délimité; les vaisseaux de la papille et de la rétine sont diminués de volume, surtout les vaisseaux artériels; les veines sont légèrement sinueuses, surtout dans la partie avoisinant le bord papillaire; la papille a dans son ensemble un aspect

blanc bleuâtre, sans qu’il soit possible de voir la lame criblée comme dans l’atrophie simple non inflammatoire; elle conserve son niveau normal par rapport aux parties avoisinantes. et l'on remarque à la périphérie des deux papilles de petites plaques d’atrophie choroïdienne, qui représentent probablement des vestiges de chorio-rétinite péri-papillaire ancienne.

OBSERVATION XVII —— Névrite optique suite de rougeole (GRISCOM). j

L’affection oculaire apparut trois semaines après le début de l’exanthème; le fond d’œil présentait l’aspect habituel de la papillite, la vision était réduite à la perception lumineuse. Cet état s’améliora progressivement et huit mois après le début la guérison était complète et la vision normale et sont restées telles jusqu’à présent (deux ans). L'auteur est d'avis que dans ce cas il ne s’agit pas d’une véritable inflammation du nerf optique consécutive à une méningite, mais d’un simple œdème produit par des toxines circulant dans les humeurs. Cet œdème transitoire a disparu sans laisser de traces.

OBSERVATION XVIII. —— Six cas de névrite optique infectieuse (Durorir).

Dutoit, se basant sur ces six cas, tente d'établir un diagnostic différentiel entre la névrite optique infectieuse et la névrite optique symptômatique de méningite. Dans la névrite optique infectieuse, qui est représentée par des cas d’oreillons, scarlatine et typhus, on doit noter:

1° Le début tardif, quinze à vingt jours après le début de l’affection causale.

2° L'absence de constatations par la ponction lombaire.

3° L'aspect ophtalmoscopique. Dans les cas consécutifs aux oreillons et à la scarlatine (jeunes sujets), on trouvait une papillite véritable; dans le cas de typhus de l'adulte on ne constatait que de l’æœdème sans saillie de la papille. Il n’y avait donc dans l’image ophtalmoscopique aucune différence avec ce que l’on constate dans la papillite des méningite.

Mais d’après l’auteur, dans ces papillites infectieuses des

rite

jeunes sujets, si le disque optique fait saillie, il ne présente jamais d’élargissement comme dans la papillite des méningites, élargissement qui est dû à l’imbibition du tissu interstitiel par l’accroîssement de la pression cérébrale.

Dans les six cas cités par l’auteur, l’évolution a été favorable.

Page 1