DIAGNOSTIC
Il semble que le diagnostic étiologique ne devrait pas présenter de grandes difficultés lorsque la mévrite optique apparaît, comme dans notre cas, au cours d’une rougeole. Mais si l’on songe que la rougeole est une maladie d’une extrême fréquence, on conçoit que les choses ne soient pas toujours aussi simples. On ne sera pas nécessairement autorisé à incriminer la maladie infectieuse alors qu'il peut n'y avoir eu qu'une simple coïncidence. Une méningite tuberculeuse peut très bien se manifester chez un enfant qui vient d'avoir la rougeole, et se traduire par une névrite optique. On Comprend quelle grande importance il peut y avoir à être fixé sur ce sujet au point de vue du pronostic.
C'était le cas chez notre malade, enfant chétive dont le père avait présenté des signes de tuberculose locale.
Dans ces cas, on recherchera avec soin tous les symptômes méningés qui peuvent, au début, être
assez frustes ou réduits à leur minimum. La rachicentèse acquiert alors une importance de premier ordre ; elle devrait toujours être faite systématiquement dans tous ces cas. Mais on doit compter avec les difficultés que l’on rencontrera du côté de la famille.
IL est encore beaucoup plus difficile de faire la
différence entre une névrite optique purement infectieuse et ces cas où la névrite optique est la manifestation d'un certain degré d’irritation méningée consécutive à la maladie infectieuse (observation de Vaucresson). La rachicentèse ne nous aidera pas toujours. On tiendra grand compte de l'augmentation de pression du liquide céphalorachidien, qui indique un certain degré d'hypertension méningée.
! Comme nous le verrons, Dutoit, se basant sur six cas de névrite optique infectieuse, pense que l’on peut, à l’ophtalmoscope, établir une différence entre la névrite optique infectieuse et la névrite optique symptômatique de méningite. Dans les parillites infectieuses des jeunes sujets, si le disque optique fait saillie, il ne présente jamais d’élargissement comme dans la papillite des méningites.
Cet élargissement est dû en éffet à l’imbibition, du tissu interstitiel par l’accroissement de la pression cérébrale.
La syphilis, dont les manifestations oculaires sont si fréquentes dans l’enfance, devra également retenir notre attention. On recherchera avec le
plus grand soin les stigmates d’hérédo-syphilis, en particulier les signes oculaires décrits par Antonelli. Si, chez la jeune malade dont nous rapportons l'observation, on avait observé au pre-. mier examen, en même temps que la névrite optique, les signes de choriorétinite qui n’ont apparu que beaucoup plus tard, on comprend que le diagnostic de névrite post-rubéolique aurait été beaucoup moins affirmatif.
On ne perdra pas de vue non plus la possibilité de .lésions auriculaires comme point de départ d’une névrite optique œdémateuse.
Ce-n’est que lorsque ces diverses possibilités auront été éliminées que l’on sera en droit de porter le diagnostic de névrite optique post-rubéolique. :
C’est dire que certaines observations où les constatations ophtalmoscopiques ont été faites longtemps après le début des accidents névritiques, et où l’on a affirmé l’origine post-rubéolique d’une névrite optique sur les seuls commémoratifs fournis par la famille, ne nous paraîssent pas toutes à l'abri de la critique.