OBSERVATION V
LHERMITTE. — Société de Neurologie (Novembre 1919).
Le soldat Gaud..., 22 ans, blessé le 1° août 1917 au genou droit et à la région lombaire gauche, reçoit aussitôt une injection de 10° de sérum antitétanique sous la peau de l’abdomen.
Quatre jours après l'injection, le blessé ressent de vives douleurs dans l'épaule droite en même temps que le membre supérieur droit devient paralysé. Les douleurs s'irradient de l’épaule à tout le bras et ne disparaissent qu'à partir du 9 septembre. À cette date, on constate une atrophie très marquée de tous les muscles de la ceinture scapulaire ; l’omoplate est décollée légèrement de la paroi thoracique (ébauche de scapulum alatum). Les mouvements des doigts et de la main sont normaux, mais l’avant-bras peut difficilement être fléchi sur le bras. La propulsion du bras est limitée à un angle de 45 degrés ; la rétropulsion est normale. Aucun trouble de la sensibilité objective ; les douleurs de l'épaule et du bras n'ont pas reparu. Réflexes tendineux un peu vifs des deux côtés.
Réactions électriques : Deltoïde (tous les faisceaux) f = 0 ; g P > N. Trapèze : f normal ; g N => P. Sous-épineux : f = 0;
en
g P > N. Sus-épineux : f = 0 ; g P > N. Muscles du bras : f normal. Grand dentelé : f —0; g = 0.
17 mars 1918. — Part en convalescence de 45 jours.
2 mai. — Grande amélioration dans l’état de la motricité ; amyotrophie moins accusée. La flexion de l’avant-bras est sensiblement plus énergique et l’abduction du bras, qui était absolument nulle, est possible, mais faible et incomplète. L:e bord spinal de l’omoplate est très légèrement décollé et les muscles du moignon de l'épaule amaigris.
Réactions électriques : Deltoïde : f = 0 ; g NP. Grand dentelé : f et g — 0. Sus- et sous-épineux : f hypo ; g P = N, très hypoexcitable.
5 Examen électrique. — Les troubles des réactions électriques sont constants, mais variables suivant les muscles et même suivant les faisceaux musculaires ; ils vont de l’hypoexcitabilité faradique à l’inexcitabilité absolue avec D. R. totale, en passant par l’hypoexcitabilité avec inversion de la formule polaire et la lenteur à la réponse au courant $alvanique (D. R. partielle).
On ne saurait trop insister sur l’importance de cet examen, qui, écrivent Cot et Pasteur, « permet de constater la diffusion extrême des lésions » et fixe le diagnostic : « il fut pour nous la pierre de touche de notre investigation clinique », disent Sainton, Descouts et Le Clerc (obs. XXVI), à qui il permit d’écarter le diagnostic de pithiatisme et de sinistrose. |
6 Troubles trophiques. — Mise à part l’amyotrophie, dont nous avons parlé plus haut, les troubles trophiques, rarement signalés, consistent en œdème plus ou moins étendu du membre atteint (obs. XII) ; la peau est sèche, luisante, lisse (£lossy-skin).
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C) ÉVOLUTION. — L'évolution des troubles névritiques est plus ou moins rapide et se fait dans certains cas en quelques jours, dans d’autres en plusieurs mois. Quand les troubles ont atteint un maximum variable pour chaque cas, ils se stabilisent pendant un laps de temps plus ou moins long, puis rééressent peu à peu et toujours avec une extrême lenteur.
Les troubles sensitifs ne durent en général pas plus d’une semaine, cependant on les a vus subsister pendant un mois (obs. II). Puis la paralysie cède progressivement, auelqueiois même en bloc spontanément tandis que l’amyotrophie persiste souvent des mois, voire des années. Mais il est rare que le sujet récupère les mouvements des muscles que l’examen électrique a indiqué atteints de DRftotale.
Ce tableau clinique dénote une atteinte des muscles de l'épaule et du bras des V° et VI° racines cervicales (paralysie type Duchenne-Erb) et correspond aux observations . de Lhermitte (obs. I, IIT, V), de Rimbaud (obs. IV), de Mouriquand (obs. XXXIT).
Mais, la paralysie peut être bien plus localisée et affecter seulement le $roupe musculaire tributaire d’un même nerf, «el, dans le cas de Dycke (obs. XXXV), le circonflexe donnant une paralysie du deltoïde et des sus- et sousépineux ; tel, dans l’observation suivante le radial entraïnant une réduction de la motilité à l’adduction de la main et au jeu des interosseux :
OBSERVATION VI SICARD et CANTALOUBE. — Soc. Méd. hop. Paris (29 Juin 1923).
Les auteurs présentent un malade qui, après une injection de sérum antitétanique, a été atteint vers le huitième jour de réactions
EPP
urticariennes intenses et de paralysie radiale unilatérale. Les réactions électriques montrent que les muscles tributaires du nerf radial au dessous de la gouttière de torsion sont seuls paralysés avec D. K. Le triceps est respecté.
La paralysie peut même n’intéresser qu’un seul muscle, tel le $rand dentelé dans le cas de Thaon (obs. VII) et dans celui de Vincent et Richet fils (obs. VIII).
OBSERVATION VII THAON. — Congrès de Médecine 1910.
X..., 30 ans, reçoit, à la suite d’une plaie de la main, une injection de sérum antitétanique. Quatre ans après, le malade s'étant fait une nouvelle plaie, reçoit de nouveau une injection de 10% de sérum. Accidents sériques immédiats. Neufs jours après l'injection, vomissements, défaillances brusques du cœur, poussées d'urticaire, amyosthénie extrême, oligurie avec albuminurie. Pronostic très grave pendant trois jours, puis les phénomènes rétrocèdent rapidement, mais il apparaît une paralysie du grand dentelé avec D. R. et amyotrophie.