OBSERVATION VII
VINCENT et RICHET fils. — Soc. Méd. hop. Paris (29 Décembre 1911).
Y.., 30 ans, à la suite d’une deuxième injection de sérum antitétanique, la première ayant été effectuée quatre ans plus tôt, présenta après de nombreux accidents anaphylactiques assez impressionnants, une grande faiblesse dans certains mouvements du bras droit. Son omoplate se détachait de la paroi costale. L'examen clinique montre l'existence d’une paralysie du grand dentelé, rapidement accompagnée d’atrophie musculaire ; les différents muscies du groupe scapulaire supérieur paraissent également atteints quoique à un degré moins marqué. L'examen électrique dénote une D. R. pour le grand dentelé. À noter que la paralysie amvotrophie du grand dentelé fut masquée pendant longtemps par l'intensité des
phénomènes anaphylactiques locaux et généraux : œdème pseudophlegmoneux de la main, faiblesse générale, angoisse, nausées,
syncope.
Par contre, la paralysie peut être plus diffuse, atteindre tout le membre supérieur : le malade de Benech et Brenas (obs. XXVIII) présentait une paralysie du deltoïde, du érand dentelé, des extenseurs et des: fléchisseurs des doigts et la main avait l’attitude classique en « main de singe ». Dans le cas d'Halipré (obs. II) il s’agit plutôt de parésie que de paralysie, mais tous les muscles sont intéressés : « tous les mouvements sont conservés, mais avec une force moindre, le malade se sent moins habile, moins sûr de lui du côté droit » ; il en est de même dans le cas de Cot et Pasteur (obs. XXXVI).
La paralysie peut atteindre les deux moignons scapulaires, mais elle est alors toujours plus intense d’un côté que de l’autre et elle disparaît souvent au bout de quelques jours dans le membre le moins lésé, pour persister longtemps dans l’autre.
OBSERVATION IX MaARCHAL. — Arch. méd. belges (Mai 1923).
Huit jours après une injection préventive de sérum antitétanique, apparition progressive de paralysie et d'’atrophie musculaire des
muscles des épaules, des trapÿzes et des muscles s’insérant sur les
omoplates, précédée et accompagnée de douleurs subjectives. On ne constate qu'une anomalie des réflexes, le cubito-pronateur étant diminué du côté droit où dominait d’ailleurs la paralysie.
Dans le cas suivant, l’impotence est complète pour les muscles des deux épaules, mais la puissance et la motilité de tous les muscles des bras et des avant-bras sont con-
servées
ne
OBSERVATION X (inédite) Due à l’obligeance de M. le Professeur BINET et de M. HoCHE
M..., 39 ans, manœuvre ; pas de blessures pendant la guerre, pas d'injection de sérum. Blessé le 20 mars 1925 au pied droit : fracture du premier métatarsien, plaie contuse et infectée. 22 mars : 10° de sérum antitétanique ; 23 mars, de nouveau 10° de sérum. Pansements pendant huit jours avec du sérum de Leclanchée et Vallée.
Le douzière jour après la première injection de sérum apparaissent des douleurs dans la région de l’omoplate droite, puis dans la région du biceps droit, puis dans l'épaule et le bras gauches. Peu à peu, le malade éprouve des difficultés à élever les bras et en quinze jours environ s'établit une paralysie complète du moignon des deux épaules.
Six semaines après l'accident, le malade a un bon état général. Les épaules sont absolument impotentes ; il reste les coudes tombant le long du corps. Quand il veut faire un mouvement d'élévation, il s’aide de la main du côté opposé. Les douleurs se sont beaucoup atténuées et il ne persiste plus que des douleurs irradiées à la face interne du bras.
Examen : Palpation : Atrophie considérable des sus- et sousépineux, rhomboïdes, deltoïdes et faisceau claviculaire du grand pectoral. Le trapèze est conservé et c’est lui qui fait l'élévation de l'épaule.
Mobilité : Passive, normale ; — active, impossibilité de décoller le coude du thorax autrement que par contraction du trapèze. Conservation de la motilité et de la puissance de tous les muscles des bras et des avant-bras.
Réflexes : Olécranien, stylo-radial musculaire normaux.
Le 16 mai, le malade n'a plus que quelques douleurs dans l’espace interscapulaire et il remarque que la mobilité de ses épaules revient légèrement.
Le 19 mai, quand on élève les bras du malade, il ralentit considérablement le mouvement de descente par la contraction des deltoïdes. Mais l'élévation spontanée est encore impossible.
ne le
Examens électriques des 15 mai et 25 mai : Réactions électriques normales, pas de diminution des excitabilités galvanique et faradique.
Liquide céphalo-rachidien : Pas d’hyperalbuminose.
Dans l’observation de Souques (obs. XXXIII), il existe une impotence marquée et une atrophie musculaire considérable des deux membres supérieurs, mais plus appré- «iable à droite.
S'il faut reconnaître une certaine prédilection des accidént névritiques postsérothérapiques pour le membre supérieur, le droit en particulier, ils peuvent néanmoins atteindre un membre inférieur, mais plus souvent les deux membres, l’un d’eux étant d’ailleurs, comme pour les membres supérieurs, plus atteint que l’autre (obs. XXIX).
Enfin les troubles peuvent être $Sénéralisés et atteindre en l’espace de 24 ou 48 heures les quatre membres : Ainsi dans l’observation suivante, tous les membres sont atteints, mais les supérieurs le sont à un degré plus grand :