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II. — Forme sensitivo-motrice

Cette forme est caractérisée par des troubles moteurs et des troubles de la sensibilité subjective et objective.

Ce qui frappe dans la première forme clinique, c’est l’intéérité de la sensibilité objective, «fait d’autant plus surprenant que les douleurs du début sont extrêmement

intenses et souvent persistantes » (André-Thomas), ainsi au’on peut en juger dans le cas suivant :

OBSERVATION XII (inédite) Due à l’obligeance de M. le Professeur ETIENNE.

M'° N.., première congestion pulmonaire en Janvier 1925, pour laquelle M. le Professeur Etienne prescrit les injections de sérum antipneumococcique. La malade reçoit alors une première injection de 60, puis, le lendemain, bien que la fièvre ait déjà baissé, une seconde injection de 40 *. Au bout de 3 ou 4 jours, apparition d’une légère éruption urticarienne ; pas d'autre réaction sérique.

16 mars 1925. — Début d’une seconde congestion pulmonaire ; du 17 au 20 mars la température oscille entre 39° et 40°.

rime

20 mars. — Première injection de 60° de sérum antipneumococcique. En raison de l’état de sensibilité de la malade, l'injection massive a été précédée à quelques heures d'intervalle de deux petites injections d’un centimètre cube de ce même sérum suivant

la méthode de Besredka.

21 mars. — Nouvelle injection de 40° de sérum antipneumococcique.

22 mars. — La température tombe ; début de la convalescence.

23 mars. — Violente éruption urticarienne sur tout le corps.

24 mars. — Apparition de douleurs dans les jambes et d’impotence de la jambe gauche.

25 mars. — Toujours mêmes douleurs vives dans les jambes avec hyperesthésie des téguments : la malade ne peut supporter

le poids du drap sur ses membres irférieurs. Dans la soirée

lourdeur et faiblesse apparaissent dans la jambe droite puis en quinze heures environ s'installe une paralysie complète des deux membres inférieurs.

26 mars. — Persistance de la paralysie et des douleurs des jambes. Apparition de douleurs vives dans les bras.

27 mars. — Impotence complète des quatre membres qui sont le siège de douleurs violentes.

28 mars. — Les douleurs commencent à s’atténuer aux membres inférieurs, mais gardent la même intensité aux membres supérieurs. Les jambes reprennent un peu de mobilité, mais la paralysie est complète aux bras.

29 mars. — [La paralysie des jambes a disparu et les bras commencent à se mouvoir.

30 mars. — Disparition complète de toute trace de paralysie, mais la marche est très difficile pendant une semaine encore.

Du 25 au 30 mars, la malade a eu plusieurs poussées d’urticaire.

Avril 1925. — Les douleurs persistent dans les jambes pendant au moins quinze jours et sont surtout violentes le soir par suite de la fatigue ; celles des épaules sont plus supportables, les bras n'ayant pas de fatigue, mais durent pendant la presque totalité du mois d'avril,

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Or, l’analyse de nos observations nous a prouvé que maintes fois il existe, à côté des troubles signalés dans la pitmière forme clinique, des troubles de la sensibilité objective tant tactile que douloureuse ou thermique, tant superficielle que profonde.

1° Sensibilité superficielle. — Les troubles consistent en zone d’hypo-, de par-, de dysesthésie et même d’anesthésie complète répondant au territoire des nerfs lésés ; et si parfois le territoire n’est pas atteint dans sa totalité, il est facile d'expliquer cette anomalie par des phénomènes de suppléance. D'ailleurs, nous pensons avec André-Thomas qu’ils peuvent fort bien « échapper à la vigilance » des observateurs quand l’examen « rapide et $rossier consiste à semer une série de coups d’épingéle sur une zone plus ou moins vaste du tésument ». C’est pourquoi cet auteur insiste sur la nécessité de rechercher le réflexe pilo-moteur dont l’abolition, dans l’observation suivante, lui a révélé « en quelque sorte d’avance » la présence et les limites de la zone d’anesthésie.

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