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OBSERVATION XIV

ANDRÉ-THOMAS. — Presse médicale, 18 février 1925

Mme X..., 26 ans, atteinte d'une angine, son enfant ayant été hospitalisé pour angine diphtérique, reçoit à deux jours d'intervalle, une injection de 40° de sérum antidiphtérique dans la fesse, puis une de 20%. Trois jours plus tard l’angine était complètement guérie.

Huit jours après les injections, forte éruption urticarienne qui dure deux jours et prédomine nettement sur les membres inférieurs ; quelques rares éléments apparurent sur les bras. Cette éruption fut précédée et accompagnée de malaises généraux, fièvre, courbature, de douleurs articulaires généralisées jusque dans les articulations temporo-maxillaires.

Deux jours après le début de l’éruption, la malade essaie de se lever, mais ne peut se tenir sur ses jambes, qui la font beaucoup souffrir. Au bout de quarante-huit heures, les douleurs cèdent au niveau des membres inférieurs, mais passent au membre supérieur droit où elles se fixent avec une grande intensité sur l'épaule et le bras, mais la main est indemne. Quelques douleurs apparaissent également sur le côté gauche, mais beaucoup moins intenses et plus éphémères. Traces d’albumine dans les urines. Les douleurs du membre supérieur droit sont si violentes qu'il semble à la malade que son bras a été brisé ; dans les vingt-quatre heures elle devient incapable de se lever et entre à l'hôpital.

15 juillet 1924. — Elévation et abduction du bras impossibles. Tous les mouvements des doigts, de la main, de l’avant-bras sont conservés, mais le mouvement de rotation du bras en dehors est complètement aboli. Atrophie du deltoïde plus prononcé dans le tiers postérieur que dans le tiers antérieur. Le grand dentelé est également atteint, ainsi que les épineux. Lorsque les deux bras sont portés en avant, l'omoplate droite se décolle légèrement du thorax ; le rhomboïde n'est pas tout à fait intact. Le réflexe de l’omoplate est aboli à droite, normal à gauche. Les autres réflexes sont conservés. La pression de la région deltoïdienne et du circonflexe est extrêmement douloureux ; le simple pincement de la peau à ce niveau suffit à provoquer des réactions de défense très vives. Les douleurs spontanées persistent avec une très grande intensité. La sensibilité superñcielle sous tous les modes (tact, piqûre, chaud et froid) est considérablement diminuée sur la face externe de l'épaule et du bras (tiers supérieur) dans une zone correspondant au territoire d'innervation de la cinquième racine cervicale et le réflexe pilo-moteu fait complètement défaut dans cette même zone. L'excitabilité électrique (faradique et galvanique) est diminuée sans lenteur de la secousse dans tout le deltoïde, mais davantage dans le tiers postérieur que dans les deux tiers antérieurs.

15-25 juillet. — Séjour à l'hôpital : les douleurs lancinantes de la région deltoïdienne s’atténuent considérablement. La. paralysie s’amende légèrement ; le bras peut être légèrement écarté du corps, mais dans cette ébauche d’excursion, il se porte en dedans et en rotation externe. La percussion de l’omoplate provoque la contrac-

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tion réflexe de quelques faisceaux du tiers moyen du deltoïde. La sensibilité objective ne s’est pas modifiée.

Octobre 1924. —— Pas d'amélioration sensible de la paralysie : dans les efforts d'abduction seuls se contractent quelques faisceaux du tiers moyen du deltoïde, le bras s'éloigne à peine du tronc ; la rotation en dehors est impossible ; l'omoplate ne se décolle plus du thorax. L’atrophie du deltoïde et des fosses épineuses est considérable. Les épineux et le grand dentelé sont inexcitables électriquement ; le tiers moyen du deltoïde répond faiblement, la secousse galvanique y est ralentie ; le tiers postérieur et le tiers antérieur sont inexcitables. La zone d’anesthésie persiste sur la face externe de l'épaule et du bras. Le réflexe de l’omoplate fait défaut ; les autres réflexes sont toujours normaux.

À noter que le mari de la malade injecté en même temps a présenté simplement une forte éruption urticarienne.

Mais, dans d’autres cas, le réflexe pilo-moteur est conservé, comme dans la seconde observation d’André-Thomas (obs. XVIÏT) et dans la suivante :

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