‹ Les névrites postsérothérapiquesChapitre 24 sur 47 · OBSERVATION XXV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXV

ÉTIENNE (in thèse BRAUN, Nancy, 1923) M'° B... L.., 17 ans. Antécédents héréditaires et personnels sans intérêt.

Entre à l'hôpital le 12 mars pour pneumonie. Reçoit le 13, 80° de sérum antipneumococcique ; le 14, 40 ‘ le matin et le soir également 40% de sérum A. P.; le 15, quatrième injection de 60° de sérum À. P. — Amélioration.

Le 21 mars, début d’urticaire à la face interne des cuisses : l’urticaire s'étend le lendemain et disparaît le surlendemain.

Le 26 mars, poignet gauche douloureux et enflé. Douleurs des masses musculaires à l’avant-bras droit. Pas de troubles sensitifs objectifs.

Le 27, les douleurs s’accentuent et gagnent les articulations. Douleurs à un moindre degré dans les membres inférieurs. |

Le 28, les douleurs diminuent pour disparaître complètement le lendemain.

Ainsi, dans la forme sensitive, on retrouve é$alement les différentes subdivisions quant à la localisation et à l’intensité des troubles. Et il est fort possible que la forme fruste scit plus fréquente qu’on ne le pense.

Nous pouvons donc conclure que les accidents postsérothérapiques peuvent donner lieu à trois grands tableaux cliniques, bien distincts par la symptomatologie, mais identiques par la localisation des troubles qui peuvent affecter tous les étages du corps. Ce sont :

1° La forme à prédominance motrice caractérisée par des troubles moteurs et quelques mc£ifications de la sensibilité subjective ;

os

2° La forme sensitivo-motrice qui se définit d'elle-même: coexistence de troubles moteurs et de troubles sensitifs tant objectifs que subjectifs.

3 La forme sensitive pure, marquée par la seule présence des altérations de la sensibilité, soit subjective, soit objective.

Diagnostic

Quel nom donner à ces accidents ?

Lhermitte, Durand, Goujard les nomment paralysies amyotrophiques : c’est un diagnostic symptomatique qui ne cadrerait qu'avec deux de nos formes cliniques et il semble bien qu’on puisse être plus précis à l’heure actuelle.

S’agirait-il simplement d’arthralgie ? En ce qui concerne la forme sensitive, le diagnostic est délicat car les arthralgies sont fréquentes après la sérothérapie. Mais . dans nos observations la douleur siège non pas aux articulations, mais nettement le long des troncs nerveux. Pour les formes motrice et sensitivo-motrice, l’hypothèse d’une paralysie déterminée exclusivement par la douleur (Mouriquand), tombe d’elle-même devant la confirmation des troubles nerveux réels donnés par l’examen électrique (obs. XXXTII).

Est-ce une maladie du système nerveux ? Des accidents semblables s’observent dans certaines névroses : hystérie, neurasthénie. Si le diagnostic d’hystérie peut être éliminé, car jamais on n’a noté de stigmate de cette affection, celui de neurasthénie mérite de retenir plus longtemps

notre attention.

Le malade d’Ingelrans et Minet (obs. XXX) était neurasthénique. Dans leur observation, Sainton, Descouts et Le Clerc écrivent : « La première impression est qu’il s’agit de pithiatisme ou de sinistrose ».

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