‹ Les névrites postsérothérapiquesChapitre 25 sur 47 · OBSERVATION XXVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVI

SAINTON, DESCOUTS et LECLERC ISoc. méd. hôpitaux, Paris 23 mai 1924)

L..., 48 ans, maçon. Juin 1922, première injection de sérum ; 19 décembre 1923, deuxième injection à la suite d’une blessure très légère de l'index gauche.

Quatre jours après, douleurs violentes dans le moignon de l'épaule, le bras et l’avant-bras des deux côtés et dans le membre inférieur droit, siégeant dans la continuité des membres et non au niveau des articulations, revêtant le caractère des brûlures et s’accompagnant de malaise général, fièvre, enflure de la gorge, sensation d'étouffement, ædème du ventre et des bourses. Les œdèmes et les douleurs dans le membre inférieur droit disparaissent rapidement.

Actuellement, douleurs dans le tiers supérieur et externe du bras et dans le moignon de l'épaule des deux côtés, avec sensation d'élancement, survenant par crises soit à l’occasion des mouvements, soit au repos et même la nuit. Le malade ne peut travailler sans ressentir très rapidement une sensation d'épuisement.

Examen. — Aucune amyotrophie apparente à la vue, au palper et à la mensuration; force musculaire normale ; les mouvements s'exécutent bien ; pas de douleur à la pression le long du trajet des nerfs, ni sur les masses musculaires du membre supérieur. La première impression est qu'il s’agit de pithiatisme ou de sinistrose. Cependant, à l'encontre de cette impression, on constate des contractions fibnllaires assez étendues, intermittentes, au niveau de la partie moyenne et externe du triceps, la diminution sinon l'abolition complète des réflexes tendino-osseux des membres supérieurs, la diminution des réflexes rotuliens, surtout marquée à gauche ; les réflexes achilléens sont conservés. L'examen des diverses sensibilités

et du sens musculaire est négatif. Les réflexes à la lumière et à l’accommodation sont conservés. La pression artérielle est égale dans les membres des deux côtés.

Examen électrique. — Excitabilité des troncs nerveux normale.

Réactions musculaires : à droite, hypoexcitabilité accusée du triceps avec D. R. partielle nette ; hypoexcitabilité faradique et galvanique des muscles sous-épineux, deltoïde, thénariens, sans réaction de dégénérescence ; à gauche : hypoexcitabilité faradique et galvanique légère des muscles sous-épineux, deltoïde et triceps sans signe de D. KR.

Ni anomalie, ni altération de la colonne vertébrale. Aorte normale. Réactions de Wassermann, Hecht et Jacobsthal dans le sang négatives. Urines : ni sucre, ni albumine.

C’est un diagnostic auquel il faut toujours penser, surtout en matière d’accident du travail, où on le voit parfois accentuer ou même provoquer de pareils troubles. Mais là, comme pour les arthralgies, l'examen électrique nous fixera.

Si ce n’est une névrose, est-ce une maladie de l’encé-

phale ? Dans ces cas, la paralysie est plus étendue, moins | élective pour tel ou tel muscle, s'accompagne de contrs:cture et d’exagération des réflexes.

Maladie du névraxe ? Tabès, quand les membres inférieurs sont intéressés. Mais il s’agit bien plutôt de parésie que d’incoordination des mouvements dans les observations d’Etienne et Benech (obs. XXVII), Babonneix (obs. XX), André Thomas (obs. XVII).

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