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OBSERVATION XXXVI

COT et PASTEUR (Soc. méd. hop. Paris, 30 janvier 1925)

B..., sapeur-pompier, rien de notable dans les antécédents, n’a jamais reçu d'injection de sérum.

En février 1924, à la suite d'une piqûre faite au petit doigt de la main droite, reçoit 10° de sérum antitétanique.

Trois jours après, réaction intense du type urticaire ; violentes douleurs au niveau des épaules et des membres supérieurs, plus marquées à gauche. B... compare cette sensation douloureuse à la meurtrissure que produiraient des coups violents donnés sur les épaules et les bras et dit avoir l'impression que ses os étaient douloureux. Les douleurs persistent seulement trois ou quatre Jours au niveau de l'épaule et du membre supérieur droit. Le bras et l'épaule gauches, au contraire, restent douloureux avec la même intensité durant huit jours. En même temps, gêne marquée des mouvements de l'épaule et diminution progressive des forces de l’ensemble des muscles du membre supérieur gauche.

Cinq semaines après l’éclosion des accidents, B... est reconnu atteint d’une atrophie diffuse des muscles de l'épaule et immédiatement hospitalisé.

Examen. — Amyotrophie assez marquée des muscles de l'épaule gauche ; le deltoïde paraît peu atteint ; l’amyotrophie porte surtout sur les sus- et sous-épineux, ce qui explique la saillie de l’omoplate. La mensuration du bras et de l’avant-bras donne une simple différence de 1°” par rapport au membre supérieur droit.

Parésie légère paraissant uniquement en rapport avec une diminution très nette de la force des divers muscles ; tous les mouvements de l'épaule, notamment, sont possibles ; la douleur seule semble empêcher les divers mouvements de cette articulation. Le dynamomètre marque 47 à gauche pour 54 à droite.

Réflexes membres supérieurs : à droite, très diminués ; à gauche, abolis, sauf le stylo-radial qui est intermittent et rare,

Mere

Sensibilité : objective, intacte; pas d'anesthésie aux trois modes, pas de troubles sensitifs profonds : masses musculaires non douloureuses à la pression, sauf au niveau des sus- et sous-épineux.

Examen électrique. — Réactions normales aux deux membres supérieurs, sauf au sous-épineux gauche, qui accuse une légère bypoexcitabilité faradique.

Dutant son traitement, B... vit apparaître progressivement une diminution du membre inférieur gauche ; à plusieurs reprises, et

sans phénomènes douloureux, il a une sensation brusque de dérobement avec flexion du genou gauche.

Examen complémentaire, 24 juin 1924, — Au niveau de la

jambe gauche, amyotrophie nette du mollet (2,5) s’accompagnant non de paralysie vraie, mais de perte très appréciable de la force musculaire 4vec hypotonie marquée du membre inférieur gauche. Légère hypotonie au niveau des muscles fessiers.

Membre supérieur droit, rien de spécial à signaler.

Réflexes : cutanés, Babinski, contractions idio-musculaires, normaux. Réflexes des abducteurs diminués un peu plus à gauche.

Réactions électriques : légère hypoexcitabilité faradique et galvanique aux deux membres inférieurs, mais hypoexcitabilité galvanique très marquée au grand fessier gauche et coexistant avec une hypotonie manifeste de ce muscle.

Examen de laboratoire. — Wassermann, Hecht, Jacobsthal dans le sang, négatifs. Cholémie 1/28000 à la gamme de Fouchet. Cholestérinémie (sérum méthode de Grigault) : 2°,10. Dosage acide urique (sérum méthode de Grigault) : 0,007. Urée sanguine (uréomètre d’'Ambard) : 0,40 0/00. Viscosité sanguine (viscomètre de Hess) : 5,2. Enfin la méthode réfractométrique a décelé une teneur de 85 grammes d’albumine par litre de plasma, au lieu du chiffre normal de 75 grammes.

Urines : ni sucre, ni albumine. Volume 1.100. Urée : 22,60 — 24,86. Acide urique : 0,60 — 0,66. Phosphate (P20?) : 1,80 — 1,98. Chlorures : 8,90 — 9,79.

Radio : poumon, colonne vertébrale et lombaire : r. à s. A noter une image vacuolaire d'aspect kystique sur le bord interne de l’acromion qui peut êre interprétée comme une manifestation

An ile

goutteuse (Hirtz et Haret), l'examen chimique ayant démontré la diathèse goutteuse du sujet.

L’alcoolisme, ici comme dans toute maladie, contribue toujours à assombrir un pronostic: le cas d’exitus de Morichau-Beauchant (obs. XXIX concernait un alcoolique ; les sujets d’Etienne (obs. XXXVIÏI), de Martin- Sisteron (obs. XXXIX) qui ne sont pas parvenus à la Suérison complète étaient des éthyliques avérés.

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