‹ Les névrites postsérothérapiquesChapitre 9 sur 47 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

LHERMITTE. — Société de Neurologie (Novembre 1919).

Le soldat Grosb...…., 23 ans, blessé le 13 septembre 1917 de petits éclats d'obus au front et à la tempe gauche, blessures superficielles, reçoit immédiatement après la blessure 10° de sérum antitétanique.

Le huitième ou neuvième jour après l'injection, éruption généralisée accompagnée de dysurie; le dixième jour, apparition d'une paralysie du membre supérieur droit, survenant en même ‘temps que des douleurs très vives dans les moignons de l'épaule. Les douleurs persistèrent pendant une quinzaine de jours.

H6 octobre 1917, — Paralysie de l’abduction du bras et parésie de la flexion de l’avant-bras ; ce mouvement s'effectue presqu’exclusivement par le long supinateur. Réflexes radial et bicipital droits! abolis ; tricipital diminué. Réflexes tendineux des membres inférieurs et réflexes cutanés normaux. Sensibilité objective normale ; les douleurs ont disparu.

Réactions électriques : Deltoïde : f = 0; g: N=P; contractions lentes, surtout dans les faisceaux moyen et postérieur. Biceps : f très hypo ; g : N => P, très hypo, contractions lentes. Sous-épineux : f = 0; g : N > P.

9 novembre. — Pas d'amélioration.

14 janvier 1918. — Amélioration nette des troubles moteurs. L'abduction du bras n’atteint pas encore l'horizontale, la flexion

de l’avant-bras reste faible ; la propulsion et la rétropulsion du bras peuvent être exécutées.

3 février 1918. — L'abduction du bras atteint presque l’horizontale. L’aætrophie des muscles scapulaires et des biceps est manifeste.

Réactions électriques : Deltoïde : f très hypo; g:N > P. Biceps : f hypo; gN > P. Sous-épineux f = 0 ; g N > P. Les autres muscles ont leur excitabilité normale.

13 février. — Le sujet se plaint d’éprouver la sensation d’un courant électrique à la face dorsale du pouce. La flexion de l’avant-bras est normale, l’abduction des bras dépasse l’horizontale. Hypertrichose de l’avant-bras face antérieure ; amyotrophie du moignon de l'épaule et des fosses sus- et sous-scapulaires droites.

B) PÉRIODE D'ÉTAT. — Une semaine s’est à peine écoulée, que les accidents sont déjà à la période d’état. Aux troubles moteurs qui avaient attiré l’attention du sujet, s’est ajoutée une amyotrophie si considérable qu’elle frappe tout de suite l’œil du médecin. C’est donc par elle que commencera notre examen de malade.

1° Amyotrophie. — L'atrophie porte sur les muscles du moignon de l'épaule et du bras. Le plus souvent très visible, elle demande pourtant quelquefois à être recherchée, car elle peut être masquée par un œdème concomitant : la fosse sus-épineuse est excavée, la sous-épineuse aplatie ; les creux sus- et sous-claviculaires apparaïssent exagérés ; l’épaule est abaissée, le bras pend inerte le long du corps ; l’omoplate est décollée de la cage thoracique et cette ébauche de scapulum alatum s’accentue encore dans les mouvements d’élévation horizontale du bras en avant ; la mensuration dénote une diminution de volume du membre, quand l’œdème n'existe pas.

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OBSERVATION II HALIPRÉ. — In thèse Goujard (Paris, 1919-20).

H..., 40 ans, lieutenant. Septembre 1914, première injection de sérum antitétanique à la suite d'une blessure en séton de la cuisse gauche. Septembre 1915, deuxième äüinjection de sérum à la suite d’une blessure de la région temporale droite ; léger nodule, seul accident sérique signalé.

Le 22 décembre 1919, troisième injection de sérum antitétanique — 10% à la cuisse gauche — pour plaies souillées et traumatisme de l'articulation du genou gauche.

Quatre ou cinq jours après éruption avec œdème dur sur la face antérieure de la cuisse Puis l’éruption se généralise; sous forme d'éléments urticariens ; elle s'accompagne de douleurs vives également généralisées ; il n'y a pas de démangeaisons. Cette éruption dure trois ou quatre jours, puis disparaît et seules persistent avec la même intensité des douleurs, plus vives du côté droit, qui disparaissent à leur tour au bout d'un mois. Position couchée douloureuse ; malade très oppressé. Urines normales, ni sucre, ni albumine.

16 mars 1920. — Abaissement de l'épaule droite ; dénivellement de 3 ou 4”. Exagération des creux sus- et sous-claviculaires. Légère atrophie du sterno-cléido - mastoïdien droit. Décollement léger de l’omoplate droite, surtout apparent lorsqu'on soulève le bras. Fosse sus-épineuse très excavée formant un contraste très marqué avec le côté opposé. La région sous-épineuse est aplatie ; les muscles de la nuque sont légèrement affaissés du côté droit. La peau de la région de l'épaule droite est amincie. Dans le mouvement d’abduction du bras, il y a ébauche de mouvement de sonnette de l’omoplate, en forçant décoliement partiel. Diminution de volume du tiers supérieur du deltoïde.

Tous les mouvements sont conservés, mais avec une force moindre : le malade se sent moins habile, moins sûr de lui du côté droit : fatigue rapide s’accompagnant de douleurs sans siège précis. Les tests moteurs (Pitres) ne révèlent aucune paralysie du médian, du radial et du cubital. — La mensuration des deux avant-bras accuse une légère différence (l°") en faveur du côté droit ; les

deux poignets sont de volume égal : la main gauche donne 0°"5 de moins que la droite. Force musculaire au dynamomètre : 45 à gauche, 50 à droite.

Pas de troubles de la sensibilité cutanée ou osseuse. Réflexe périosté-radial plus fort à droite qu'à gauche ; réflexes idio-musculaires droit et gauche égaux. Pas de contractions fibrillaires.

Membres inférieurs : atrophie de la cuisse gauche, cicatrice superficielle non adhérente avec zone d’hypoesthésie.

Pas de troubles trophiques. Appareil pilo-sébacé normal. Urines

normales.

Réactions électriques : D. R. dans le sus-épineux droit ; légère hypoexcitabilité du deltoïde antérieur et du grand dorsal au courant faradique.

21 mai 1920. — Etat stationnaire. Douleurs sourdes sans siège déterminé dans les membres ; fatigue rapide. L’atrophie musculaire de la région de l'épaule droite est la même ; pas d’autres muscles atrophiés ; pas de troubles de la sensibilité, ni de la réflectivité. D. KR. du sus-épineux droit : f — 0; g secousse lente, inversion polaire ; trapèze : f hypo ; g secousse ralentie. Les réactions électriques des autres muscles sont normales.

2 Troubles moteurs. — L’élévation, l’abduction du bras sont impossibles ; la rotation externe, la propulsion, la rétropulsion diminuées ; la flexion de l’avant-bras sur le bras est difficile et la saillie du rhomboïde n’est plus aussi visible quand on rapproche les omoplates.

Tous ces signes indiquent avec précision la topographie de la paralysie musculaire, mais ils ne coexistent pas forcément et le plus souvent on n’en observe qu’un certain nombre : on note, par ordre de fréquence, la paralysie du grand dentelé, des sus- et sous-épineux, du deltoïde ; puis du biceps, du brachial antérieur, du £rand dorsal, du rhomboïde.

Par contre, sont $énéralement indemnes, le long supi-

Se

nateur, ce qui explique la possibilité d’un faible mouvement de flexion de l’avant-bras sur le bras ; le érand rond et le faisceau claviculaire du $rand pectoral, d’où l’adduction et la rotation du bras en dedans : le court supinateur et les muscles de l’avant-bras et de la main.

Cependant, dans tous les mouvements restés possibles, la force musculaire est plus ou moins diminuée et la fatigue apparaît rapidement.

OBSERVATION Hi

LHERMITTE. — Société de Neurologie (Novembre 1919).

Le soldat Cast..…., 22 ans, blessé le 30 avril 1918 par un éclat d'obus à l'épaule gauche (fosse sus-épineuse) reçoit le même jour 10% de sérum antitétannique.

Quatre ou cinq jours après, paralysie du membre supérieur droit, accompagnée de douleurs.

12 septembre 1918. — Parésie très accusée des muscles du moignon de l'épaule et du bras droits. L’abduction du bras est ‘possible ; la flexion de l’avant-bras, très affaiblie, est assurée exclusivement par le long supinateur. L'omaplate droite est légèrement abaissée et les sus- et sous-épineux, le deltoïde et le biceps sont manifestement atrophiés. Le réflexe stylo-radial, ceux des fléchisseurs et des biceps sont abolis. La sensibilité objective est intacte.

Réactions électriques : Deltoïde, portions moyenne et antérieure, normales ; portion postérieure, f hypo. Biceps : f = 0; gN = P. Grand dentelé : f et g = 0.

Dans les mouvements d’abduction du bras, on constate un certain degré de scapulum alatum.

17 octobre 1918. — Amélioration après traitement par des injections de strychnine à doses progressivement croissantes. L'’abduction du bras est plus énergique et le membre supérieur peut être élevé jusqu’à l'horizontale. L’atrophie et la paralysie des sus- et

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