‹ Les névropathies à Bagnères-de-BigorreChapitre 11 sur 61 · XIV AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

XIV AVIS AU LECTEUR

avons en neuropathologie et je publie les documents que j'ai pu. réunir pour éclairer mon sujet et servir de base à mes conclusions, (i)

Parmi ces documents, les uns sont personnels, les autres appartiennent à la bibliographie thermale de Bagnères, et d'autres m'ont été communiqués, — simples notes ou observations rédigées, — par plusieurs de mes confrères du corps médical baguerais.

Je remercie mes confrères de leur obligeante collaboration : elle sera, j'en ai la confiance, une des meilleures recommandations de ce travail à la faveur du public.

(i) On s'étonnera peut-être du grand nombre de ces documents, la plupart très sommaires. Si je m'étais uniquement proposé de démontrer l'efficacité des eaux de Bagnères, un petit nombre de faits, détaillés et concluants, eût suffi. Mais j'ai voulu aussi, et surtout, établir quels sont les malades qui bénéficient de nos eaux, et quelles ressources possède notre station pour le traitement, souvent complexe, de ces malades. Bien des mécomptes seraient évités en médecine thermale, si l'on avait une connaissance précise de la thérapeutique propre à chaque station.

FRE]\^IÈR.E PARTIE

Les stations similaires :

iilchlan^enbnil — ^^'ildbad — Gastein — Toplîtz

IRas^az-Pfaeffcrs — ÎVérîs

IMonibîères — ijit Malou — Dax — ÏJssat.

Selilangenbacl

La station de Schlangenbad fait partie du duché de Nassau, comme les stations non moins renommées de Wiesbaden, Schwalbach, Ems, Weilbach.

Schlangenbad est situé au pied du versant S.-W. de la chaîne du Taunus, dans une vallée qui débouche sur la rive droite du Rhin.

Eltville, à 3/4 d'heure de Schlangenbad, est à la fois station de chemin de fer et débarcadère des bateaux à vapeur du Rhin.

L'altitude de Schlangenbad est de 300 m.; son climat est tempéré, en été, par des brises qui doivent leur fraîcheur à la proximité de la montagne.

Le pays est boisé et verdo^-ant; le promeneur

10 Les névropathes

découvre sans peine des horizons pittoresques, suivant que son regard se porte vers la montagne ou vers la plaine que traverse le Rhin.

La vie qu'on mène à Schlangenhad ne ressemble en rien à celle qu'on mène à la station voisine de Wiesbaden. La première de ces stations présente un aspect paisible et en quelque sorte champêtre; on y vit près de la nature, on n'y connaît pas les plaisirs bruyants et les entraînements mondains de la seconde.

Les sources, au nombre de neuf, de composition identique, jaillissent de la couche de quartzite du Taunus et sont conduites dans trois établissements confortables, où elles sont principalement administrées en bains (baignoires et piscines de natation).

Les principes minéraux contenus dans ces sources donnent à peine un résidu de Os' 50 par litre ; les sels que l'analyse y trouve à plus forte dose sont le carbonate de soude et le chlorure de sodium, 15 centigrammes de chaque sel. A mentionner un dégagement assez sensible d'acidecarbonique et, en moindre quantité, d'azote.

Chimiquement, ces eaux se placent sur la limite des alcalines et des indifférentes, mais plus près de ces dernières.

La température des neuf sources varie de 28"5 à 32°8 et permet ainsi de donner des bains tempérés ou tièdes à leur température native.

L'eau est douce et onctueuse au toucher (velours liquide, de Fenner); le bain, au repos, se recouvre

à Bagnères-cle- Bigorne il

iruiic mince pellicule blancliàlrc, parsemée de tâches craspect huileux.

(^c phénomène , dû probahlement à une substance argileuse, a été attribué par le vulgaire à la présence d'une matière animale sécrétée par de petits reptiles qu'on trouve en assez grand nombre au voisinage des sources et (jui ont valu à la station son nom de Schlangenbad (bains des serpents).

Les applications médicales de ces bains sont nombreuses, et leurs contré-indications sont réduites au minimum, ce qui s'explique aisément par le défaut de caractère des eaux, leur faible minéralisation et l'absence , ou tout au moins l'insufiisance d'un principe véritablement actif.

Il est difficile de circonscrire et de classer les affections nudtiples et variées qui composent la clinique de Scldangenbad. Essayons cependant de les grouper sous deux grandes accolades , — comme nous ferons plus loin , pour la clinique de iiagaz, — l'arthritisme et la névrose.

L'arthrilisme , avec cette réserve que si les sujets sont vigoureux et la maladie franchement cai'actérisée, il faudra préférer Kissingen, Marienbacli, Ivarlsbad, ou, en France, Mchy.

h;i névrose, sans réserve et sans réticence : tous les malades nerveux justiciables d'un traitement thermal peuvent être envoyés à Schlangenbad avec plus ou moins de chance de succès.

Sous la ruljrique arthritisme , nous voyons guérir ou s'améliorer à Schlangenbad : — les

12 Les névropathes

affections cutanées , séborrhée , acné , pityriasis, eczéma, psoriasis , lichen , prurigo, etc.; — les affections de l'appareil digestif et de l'appareil urinaire auxquelles des eaux plus énergiques ne conviennent pas (notons à ce sujet l'extrême tolérance et les bons effets de l'eau prise en boisson) ; — certaines formes éréthiques de tuberculose commençante ; divers troubles congestifs et même inflammatoires siégeant dans les organes sexuels de la femme, dysménorrhée, aménorrhée, catarrhes vaginaux et utérins (le spéculum de bain et les injections sont d'un usage fréquent).

La névrose domine tellement la clinique de Schlangenbad , que , dans les affections arthritiques , ce sont celles qui s'accompagnent d'un état nerveux qui obtiennent les meilleurs résultats.

Gela s'observe surtout chez les femmes , quand leur maladie intérieure est liée à une disposition hystérique ou simplement nerveuse.

Dans le champ de la névrose , nous rencontrons d'abord l'hystérie, avec ses formes innombrables, ses prodromes , ses suites, ses accidents; chez les jeunes filles prédisposées à cette terrible névrose ou déjà, atteintes, s'il existe en outre delà chlorose ou de l'anémie, la station voisine de Schwalbach, distante seulement d'une lieue, fournit des eaux ferrugineuses qui seront utilement employées.

Les névralgies, les troubles sensoriels, les anesthésies , les paralysies , les contractions ; les palpitations, les fausses angines de poitrine, la

à Bagnères-de- Bigorne 13

cardialgie, les névroses varo-motrices ; toute la lésion hystérique appartient au domaine médical de Schlangenbad.

Ce qu'on appelle aujourd'hui la neurasthénie . ce qui s'est appelé l'hypocondrie , l'irritation spinale, la rachialgie, etc.; dans les autres chapitres de la névrologie, la chorée, l'ataxie locomotrice au début, certaines paralysies consécutives à des lésions centrales , telle est en résumé, et à grands traits, la clinique nerveuse de Schlangenbad.

Le D"* Baumann, qui a longtemps exercé dans cette station et qui a publié le résultat de ses recherches, a observé quelques améliorations d'épilepsie, mais il déclare honnêtement qu'il ne connaît pas un seul cas de guérison qui puisse être cité.

Pour être complet, je signalerai quelques affections qui n'ont pas trouvé place dans ce court résumé et qui appartiennent en quelque sorte à la chirurgie : des ulcères variqueux ou autres, des blessures de guerre et des accidents de chasse ; des engorgements et des tuméfactions périphériques ou viscérales qui faisaient redouter une opération.

Certaines tumeurs dont Baumann raconte la disparition sous l'influence des bains et de la boisson , étaient peut-être de nature hystérique ; nous revenons ainsi aux névroses , et nous terminerons par ces lignes éloquentes de Baumann : (1)

(i) Traduction de J.-P. Magnin,

14 Les névropathes

« Les névroses forment la grande majorité des cas que Ton rencontre à Schlangenbad. Il semble, en vérité, qu'il y ait un secret accord entre les sources, le climat, le caractère du lieu, celui du genre de vie qu'on y mène, pour réunir ici tout ce qui peut contribuer à ramener a leur état normal des nerfs trop excités ou trop relâchés, fonctionnant sans harmonie et avec une activité déréglée; en un mot, tout ce qui est de nature à raviver le systèuie nerveux. L'air vif et fortifiant des montagnes, les percées dans l'épaisseur des forêts, le murmure des ruisseaux, la bienfaisante verdure qui se déroule en vagues douces de colline en colline, de vallon en vallon, le bon goût et le bon ordre des arrangements des jardins et des promenades, la propreté et la disposition des habitations, la vie monotone des bains, exempte de toute agitation , tout fait éprouver à quicon(jue visite cette vallée, l'impression de la paix et du bonheur. »

"Vl/îldbad-Ciîisteîii

Wildbad-Gastein (ne pas confondre, connue l'ont fait certains auteurs, avec AMid])ad sur TEnz, bromo-iodurées faibles, dans le Wurtemberg, ni avec Wildbad-Kreut , sulfureuses ferrugineuses, dans le Tyrol bavarois) est un yillage thermal situé à une altitude de 1,000 mètres dans les Alpes

à Bagnères-de-Bigorre 15

iioriques, sur les bords de l'Aclie et de son immense cascade, non loin de Salzbourg.

Eaux indéterminées, contenant tout au plus 20 centigrammes de sulfate de soude, 5 centigrammes de chlorure de sodium et de carbonate de chaux; dix-huit sources, dont la température va de 24° à 49^ et dont le volume total est de 4,000 mètres cubes par 24 heures.

A noter des conferves verdàtres qui se développent dans ces eaux au repos ; à noter aussi les propriétés électriques qu'on leur attribue.

Les bains se trouvent dans les hôtels et dans les maisons particulières où logent les étrangers. Belles installations.

La grande saison ne dure guère plus de deux mois, juillet et août.

Le traitement consiste dans la boisson et principalement dans les bains, qui sont pris courts (15 à 20 minutes) et à des températures variant, suivant les malades, de 32" à 38".

L'efFet excitant de ces eaux est assez prononcé pour que les baigneurs soient obligés de suspendre le traitement entre 11 et 15 bains. Si Ton persiste, il se produit alors une crise thermale, caractérisée par de l'inappétence, de l'insomnie, de l'embarras gastrique, du malaise fébrile, même des accès d'apparence hystérique.

Les affections traitées à Gastein, avec succès, sont :

En première ligne, les aflections nerveuses, surtout celles qui s'accompagnent de dépression

ou de paralysie, réserve faite des paralysies provenant de lésion organique centrale.

Les troubles digestifs, les troubles des fonctions sexuelles chez les femmes, les troubles urinaires, dans tous les cas où l'état nerveux prime l'altération organique ou inflammatoire.

Les diverses manifestations nerveuses de l'arthritisme.

Les états hypersthéniques produits par l'anémie, la chlorose, les co^ivalescences et notamment par l'usage prolongé de certaines eaux .trop énergiques, comme Karsbad, Marienbad, Kissingcn.

On a recommandé Wildbad-Gastein dans la frigidité précoce, la spermatorrhée atonique, l'anaphrodisie.

A 8 kilomètres de Wildbad, à une altitude inférieure et par conséquent dans des conditions climatiques plus douces , on a conduit une partie des eaux de façon à avoir une succursale thermale et à pouvoir répondre à un plus grand nombre de goûts et de besoins : cette station secondaire est désignée sous le nom de Hof-Gastein.

Xéplîtz

Téplitz est une ville assez importante de la Bohême et en même temps une station thermale renommée : 16,000 habitants; hôpitaux civils et militaires; superbes hôtels; belles promenades;

à Ba^nères-de-Bigorre 17

parcs et jardins publics; toutes les ressources du confoi't et du luxe moderne.

Le village de Schœnau , pourvu de sources thermales semblables, est devenu un faubourg de Téplitz, mais un faubourg peut-être plus élégant et plus riche que la ville elle-même.

L'altitude de Téplitz est de 200'".

Les eaux, présentent une minéralisation peu accentuée, 1 gramme de matières fixes où domine le carbonate de soude (4 déclgrammes).

Débit considérable. Température échelonnée de 26'^ à 49«.

L'usage interne de Teau est presque abandonné. On se baigne dans des baignoires ou des piscines communes qui sont au nombre de cent vingt et que Ton a construites de préférence sur l'emplacement même des sources.

Les diverses températures sont obtenues sans mélange, grâce à l'échelle thermale étendue des diverses sources , grâce aussi à des bassins de réfrigération.

Les sources à température élevée passent pour être excitantes; , celles dont la thermalité est modérée sont employées comme sédatives.

La durée du bain varie suivant la température de l'eau et suivant l'effet qu'on veut obtenir.

Par exemple, on ne pratique qu'une immersion rapide dans la piscine dite de Frauenbad^ où la température est maintenue à 45», en vue de déterminer sur la peau un effet révulsif.

On administre aussi des bains de boues.

Les bains de Téplitz-Schœnau sont recommandés contre la goutte atonique, contre certaines névralgies invétérées d'origine arthritique, la névralgie sciatique notamment ; contre les paralysies de nature diverse qui ressortissent à la médication thermale ; contre d'anciennes fractures et luxations ; contre d'anciennes blessures par arme à feu.

Leur action est tantôt sédative, tantôt excitante, tantôt résolutive, et l'activité des eaux est d'ailleurs secondée par tous les moyens accessoires du traitement thermal.

R a ga z- f* f seffers

La station de Ragaz-Pfœffers appartient au canton de Saint-Gall.

Le chemin de fer conduit en moins de 5 heures de Baie à Ragaz. Zurich se trouve à mi-chemin. Quand on s'éloigne de Zurich, on longe d'abord le lac de ce nom. Puis , le paysage prend un aspect plus montagneux, la plaine se rétrécit, la colline s'élève, et bientôt on arrive en présence du lac Wallensee qui étale ses flots bleus dans un cadre grandiose.

C'est dans un paysage alpestre de demi-caractère qu'apparaît, quelques moments après, l'élégante cité thermale de Ragaz.

Hôtels somptueux bâtis au milieu de coquettes villas et de chalets suisses ; allées ombreuses ,

à à Bagnères-de-Bigorre 19

jardins anglais, casino (knrhaus), offrant à Fétranger tous les agréments qui sont compatibles avec une cure thermale. Cette petite cité artificielle n'existe que pour l'étranger et ne vit que par lui. La petite plaine qui l'entoure est un parc naturel , et ce parc se prolonge sur les premières assises des montagnes qui limitent le tableau.

Le climat est tempéré ; l'altitude est moyenne (541"'). La production pastorale du pays s'affirme par la facilité qu'on a de faire des cures de lait et de petit-lait.

Tous les bains sont dans les hôtels. Il n'y a pas à Ragaz d'établissement thermal isolé. Certains bains (Ragaz-Hof et Ban-Hof) sont magnifiquement installés; on compte quatre-vingts piscines, dont l'une passe pour être la plus vaste piscine d'eau thermale.

Dans ces bains et piscines, l'eau est courante et à température constante.

Certains hôtels possèdent en outre des salles de douches, des salles de pulvérisation, etc.

Le traitement consiste dans la boisson, la douche, la pulvérisation, mais surtout dans le bain et de préférence le bain de piscine.

La plupart des baigneurs, et notamment la clientèle riche, se traite à Ragaz ; mais il y a des baigneurs courageux qui préfèrent aller au lieu d'origine de la source, à Pfœffers , où se trouve un établissement qui peut recevoir jusqu'à 300 personnes. Il n'y a guère plus de 50 ans que le hameau thermal de Ragaz a été fondé pour faci-

20 Les névropathes

liter le traitement aux malades et leur procurer un séjour à la fois confortable et agréable.

Quatre kilomètres séparent Ragaz de Pfœffers. Le trajet, très pittoresque, rappelle, avec moins de grandeur, les célèbres gorges de Pierrefitte qu'on admire dans les Pyrénées : chemin étroit, que surplombent des roches menaçantes , d'aspect schisteux ; au fond de cette sorte de tranchée faite dans la montagne, court la Tamina, limpide, légère et bondissante comme un gave.

Cinq cents mètres avant d'arriver à la source, le corridor se resserre tellement que les deux parois se touchent par leur faite et forment un pont naturel à une route qui passe à 260 pieds au-dessus du torrent. A cet endroit, il n'y a plus de place pour un chemin ; on arrive à la source en passant sur un long balcon fixé à la roche par des crampons de fer. Ce n'est plus un défilé, c'est un tunnel, mais un tunnel au fond duquel mugit la Tamina.

Les sources émergent au fond d'une petite galerie creusée dans la roche de la rive droite ; elles ont, au griffon, une température de 37° 1/2 et donnent un débit total de 3,000 litres par minute.

Leur minéralisation, très faible (moins de Ob'" 30 par litre), classe ces sources parmi les indifférentes, à réaction alcaline.

Au sortir de ce sombre et étroit défilé, une partie des eaux est utilisée dans l'établissement de Pfcfiffers; la plus grande partie est conduite à Ragaz, dans une canalisation en bois; ce trajet ne fait pas perdre à l'eau plus de 3"".

à Ba^nères-de-Bigoire 21

A Pr^'lTers et à Iingaz, il passe pai' an, pendant les trois saisons qui se succèdent de juin à octobre, de 15 à 20 mille étrangers.

De très nombreuses affections, dévelo])pées sur une diathèse rhumatismale ou goutteuse, sont justiciables des eaux de Ragaz-Pfa'ffers : catarrhes chroniques des voies respiratoires, catarrhes de la vessie, troul)les dyspeptiques variés. Le tégument externe est, comme les muqueuses, avantageusement modifié dans diverses manifestations herpétiques.

Les femmes, dans les maladies propres à leiir sexe, retirent de grands avantages de l'usage de ces eaux, quand ces maladies sont sous la dépendance d'une disposition arthritique et d'un tempérament nerveux.

La névrose et l'arthritisme forment le titre général de la clinique thern:iale de Ragaz-Pfîeffers. La chorée, les tics, les crampes et contractures, les diverses formes dli^'stérie , les névralgies, certaines affections spinales au début forment le lot le plus considérable des succès de ces eaux.

Les névropathes, les neurasthéniques, les surmenés, etc., trouvent à Ragaz les eaux, l'hygiène, le milieu physique et social qui convient à leur état. La nature et l'art ont associé leurs efforts pour concourir à ce but commun (1).

(i) J'ai écourté à dessein la partie tho'rapeutique pour ne pas repe'ter la plupart des choses que j'ai dites de Schlangenbad.

22 Les névropathes

rvéfîs

Néris est une jolie petite ville de l'Allier, entre Montluçon et Commentry, à 354 m. d'altitude, sur un plateau d'où l'on découvre la vallée du Cher.

Le confort des hôtels et des villas, les ressources et les agréments de la vie thermale sont au niveau des exigences de la clientèle riche qui fréquente cette station (1).

Le grand Etablissement, de style néo-romain, porte en quelque sorte sur son architecture le millésime de sa fondation. Il a été bâti en 1825, comme d'autres Etablissements thermaux de même caractère. Avec son beau péristyle, ses larges corridors voûtés, sa majestueuse ordonnance, il mérite d'être cité comme TLin des plus beaux édifices thermaux de la France. Les Romains ont connu et utilisé les eaux de Néris; on a recneilli dans l'Etablissement des débris d'architecture et de sculpture romaines qui forment un vrai Musée et constituent les titres d'ancienneté et de noblesse de la station.

Gomme ceux d'Aix et de Vichy, les Thermes de Néris apnartiennent à l'Etat.

A l'extérieur des Thermes, on remarque deux vastes bassins, où l'eau thermale se refroidit au contact prolongé de l'air et au contact d'une

(i) Danbé, qui dirige actuellement l'orchestre de Gazost, a longtemps dirigé celui de Xeris.

à Ba^nères-de-Bigorrô 23

conduite d'eau froide qui traverse la nappe thermale. Dans ces bassins, se développent des conferves couleur d'émeraude, qui acquièrent un volume assez considérable , sous les formes les plus variées. Ces cyptogames représentent, d'après Richard, l'espèce Ssemulla ther mails. On les utilise en frictions et en cataplasmes, comme les boues minérales employées dans d'autres stations.

Ce sont probablement ces organismes qui communiquent à l'eau l'onctuosité qui est un des caractères du bain de Néris.

Six sources, ou six puits, donnent un débit d'eau minérale qui oscille entre 1,000 et 1,700 mètres cubes par 24 heures, à une température de 49° à 53^ Cette eau, incolore et limpide à sa température native, se trouble en se refroidissant. L'analyse y décèle, dans un résidu total de U*" 26, divers sulfates et bicarbonates, notamment 0s'4l de bicarbonate de soude et Og"" 38 de sulfate de soude, ce qui a fait classer cette eau parmi les bicarbonatées sulfatées sodiques faibles. A ce faible degré de minéralisation, une eau thermale peut aussi bien être inscrite dans le groupe des indéterminées.

L'eau est conduite des réservoirs dans les G2 cabinets du grand établisssment, où elle est reçue dans des baignoires de marbre noir d'une contenance de cinq cents litres, et employée généralement à la température de 34°. La plupart de ces cabinets sont munis de douches dont l'eau est préparée dans une galerie supérieure à la tempe-

24 Les névropathes

rature prescrite : un tuyau porte- voix est à la portée du malade pour transmettre ses ordres à la personne de service.

11 existe qimtre grandes piscines, deux pour chaque sexe, préparées à des températures différentes, 34^ 36", 37° et môme 42".

Le bain tiède (34") est souvent prescrit comme bain prolongé pendant 2 à 6 heures ; des hamacs spéciaux sont pour cet usage à la disposition des clients. Dans une circonstance, pour une brûlure généralisée très grave, le docteur de Laurès fit séjourner 16 jours son malade dans le bain, (l)

Des étuves naturelles, obtenues par le dégagement spontané de la vapeur thermale, constituent un agent important de la cure de Néris. Trois chambres de vapeur sont graduées aux températures suivantes : 35", 42", 44", pour répondre aux diverses indications médicales. La sudation peut, en outre, être limitée à telle ou telle partie du corps, par l'emploi de caisses spéciales.

Les mêmes procédés de médication thermale se retrouvent dans un établissement de second ordre^ destiné aux indigents et aux malades peu aisés , que l'on appelle le petit établissement. ' Le traitement externe est celui que suit presque exclusivement la clientèle de Néris. On boit peu, soit que l'eau thermale prise en boisson se montre peu efficace, soit même que son usage interne ne soit pas sans inconvénient.

(i) C'est le cas de rappeler ici que le professeur Hebra a maintenu au bain pendant cent jours un malade atteint de pcmphigus.

,i Bagnères-de-BIgorro 25

Quels sont les iii.-ilades qui fréquenlent Nôris?

Je ne puis mieux faire, pour répondre à ceLle question , (]ue de résumer très succinctement l'excellent chapitre de thél'apeutiquc écrit sur ce sujet par le docteur G. Morice. On trouve rarement autant de méthode et de netteté en pareille matière.

Le D'' G. Morice commence par établir trois grandes catégories : applications spéciales à Néris, applications communes à d'autres stations, applicalions secondaires se rattachant à un ordre accessoire.

Les applicaliom spéciales comprennent :

1" Les maladies du centre nerveux : certains symptômes de l'hémiplégie (contracture , etc.)^ au moment jugé opportun pour une intervention thermale; — certaines paraplégies ou paralysies, rhumatismales, hystériques, ou même symptômatiques d'une lésion spinale , sous certaines réserves à observer quant à l'opportunité ; — l'ataxie locomotrice, à la période des premières manifestations douloureuses;

2** Les maladies des nerfs : névralgies essentielles ou symptômatiques (celles-ci exigent un triage) ; — dyskinésies, crampes, tics ;

3" Les névroses générales : l'hystérie , avec toutes ses formes et toutes ses localisations ; — le petit mal ; — la chorée ; — le goitre exophtalmique ;

4° Le nervosisme, appelé par Valleix 7iévralgie générale, par Krishabr névropalhi.c cérébro-cardiaque, par d'autres irrilalion spinale.

26 Les névropathes

Les applications communes désignent des maladies qui, tout en étant tributaires de Néris, peuvent cependant être traitées ailleurs avec succès. Ce sont : les rhumatismes , les maladies des femmes, les dermatoses.

Le paragraphe rhumatismes comprend le rhumatisme articulaire simple, subaigu ou chronique, les douleurs rhumatismales ambulantes. — Le rhumatisme noueux, la polyarthrite déformante se trouveront mieux d'eaux plus énergiques , à moins qu'on n'ait à tenir compte d'une impressionnabilité excessive du malade. Il y a encore le rhumatisme musculaire et les nombreuses viscéralgies rhumatismales, où triomphe le bain de Néris.

Chez les femmes atteintes de troubles sexuels, il y a à considérer la diathèse et l'état local. Ainsi, dans la métrite, Néris doit être préféré à d'autres stations quand le sujet est névropathe; les affections des annexes elles-mêmes, si elles sont peu avancées, pourront être améliorées par un traitement général et local bien compris. Les névralgies ovariennes ou lombo-abdominales, le vaginisme, le prurit vulvaire, l'aménorrhée et la dysménorrhée trouveront souvent la guérison ou le soulagement à Néris.

A propos des dermatoses, il faut considérer encore la diathèse, — l'arthritisme se trouvant mieux de Néris que les autres diathèses, — et le caractère d'irritabilité plus ou moins grande de l'affection cutanée.

à Bagnères-de- Bigorna 27

Enfin, sous la nil)i'i(|iie des ap[)licalions secondaires, le D'' G. Moi'ice place les trauuiatismes et leurs suites, les plaies et les brûlures. — Nous venons de voir le succès obtenu par le D'" de Laurès dans un cas de brûlure grave traité par un bain prolongé.

Les contre-indications de Néris sont celles des eaux minérales en général, avec cette observation déjà faite à propos des eaux indéterminées, que les contre-indications sont bien moins nombreuses que les indications.

I^loml>îèi*es

Plombières (Vosges), à '21 kilomètres d'Epinal, est une jolie petite ville, coquettement nichée dans un vallon pittoresque, au milieu d'un pays boisé et montagneux qui abonde en sites intéressants. Altitude, 420'".

Station élégante, pourvue de toutes les ressources de la vie moderne.

Six Etablissements, parmi lesquels le Bain Romain, le Bain des Dames, les Nouveaux Thermes, grandiose et très confortable établissement.

27 sources, de 10" à 70% fournissant ensemble 730 mètres cubes par 24 heures. L'analyse y découvre du sulfate de soude (Ob'" 027), des silicates, des bicarbonates alcalins et terreux, de l'arséniate de soude (0«'" 0007), etc. Leur faible minéralisation (Os^ 25 de matières fixes au total) les a fait ranger

:8 Les névropathes

parmi les eaux indéteriiiiiiées, et leurs applications multiples répondent en eiïet à ce classement. . A Plombières, comme à Néris, comme à Schlangenbad, on soigne la plupart des affections qui sont justiciables d'un traitement thermal ; je n'arrêterai mon attention que sur trois groupes : les airections des voies digestives, le rhumatisme et la goutte, les affections du système nerveux.

Les premières forment comme la spécialisation propre de Plombières. Il paraît démontré que le bain de Plombières réussit admirablement dans noml)re de gastralgies," cntéralgies simples ou rhumatismales, dyspepsies gastro-intestinales inflammatoires ou non, avec diarrhée ou constipation, etc., alors que d'autres eaux et d'autres bains n'ont pas donné de résultats satisfaisants.

Toutes les formes du rhumatisme sont traitées avec avantage à Plombières, avec cette particularité (jue les rhumatisants peuvent aborder le traitement de Plombières jusqu'au lendemain de leur crise aiguë, à rencontre de ce qui se pratique, avec raison, pour d'autres eaux.

La goutte s'y traite aussi, sans danger et avec profit.

Les maladies nerveuses, générales ou locales, avec ou sans lésion organique centrale; l'hystérie, les états nerveux consécutifs à la chloro-anémie (et la chloro-anémie elle-même), les névralgies, particulièrement la névralgie sciatique , entrent pour une large part dans les succès de Plombières.

Le bain, court ou prolongé, le bain de piscine,.

à Bagnères-cle- Bigorne 29

le l)ain de vapeur naturelle (magnifiques éluves, débris restaurés d'installations romaines) , un système très complet de douches générales et locales , deux buvettes , tous les procédés de l'hydriatique la plus perfectionnée sont entre les mains du médecin pour lui permettre de mener à l)onne lin le traitement de ses malades. Le bain est néanmoins la forme de médication la plus usitée et celle qui donne les plus beaux résultats.

I^e IMelou

La Malou (Hérault), à 7 kil. de Bédarieux , est situé dans un vallon formé par les contreforts des Cévennes. Altitude, 170 mètres; climat méditerranéen, un peu chaud. Pays pittoresque.

La station se divise en trois établissements qui forment comme trois stations secondaires : La Malou-le-Bas , La Malou-le-Centre , La Malou-le- Haut.

Les sources, malgré leur nombre et leur variété, présentent un air de famille qui se justifie par des caractères essentiels communs. L'analyse y décèle des bicarbonates alcalins {0«'' 70 de bicarbonate de soude), du bicarbonate de fer (0,078 dans la source Capus), de Tarséniate de soude (0,0004), etc.

Quelques-unes dégagent une notable quantité d'acide carbonique,

Leur température va de 24*^ à 44^

Ces sources sont utilisées en bains et surtout en

30 Les névropathes

bains de piscine, dans une gamme tempérée qui ne descend pas au-dessous de 29° et ne s'élève guère au-dessus de 34°. L'eau se renouvelle constamment; la durée des bains est de 15 à 20 minutes, les premiers bains; dans la suite elle peut être d'une heure au plus.

Des cabinets de douches sont annexés aux piscines.

Certaines sources (Capiis, la Vernière, etc.) sont employées en boisson à cause de leurs propriétésferrugineuses, alcalines, gazeuses. Diverses affections dyspeptiques, compliquées ou non d'anémie, se trouvent bien de l'usage de ces buvettes.

Mais la grande renommée de La Malou lui vient de la spécialisation qui lui est attribuée par plusieurs névrologisles distingués de Paris et de la province : le traitement des maladies nerveuses d'origine médullaire ; La Malou est par excellence la station des ataxiques. A côté de l'ataxie, les paralysies, les contractures, les tremblements, la paralysie agitante, la chorée ; si la maladie n'est pas guérie ni même améliorée dans son essence , ce qu'on ne saurait espérer dans les maladies incurables, au moins certains symptômes, la douleur, le spasme, la paralysie sont atténués ou supprimés pour quelque temps. La parésie sexuelle chez les hommes y est avantageusement traitée (comme à Wildbad-Gastein).

Les affections rhumatismales anciennes ayant entraîné des déformations et des troubles de la locomotion ; les anémies et les états de débilité,

à Ba^nères-de-Bigorre 31

les suites de la syphilis sont du ressort de La Malou. Les médecins de cette station ont remarqué, comme nous l'avons vu pour certaines stations d'Allemagne, que la diathèse rhumatismale accompagnant les désordres nerveux constituait une indication favorable. Chose singulière, il n'en est pas de même de la diathèse herpétique. « Les eaux de La Malou, dit le docteur Belugou dans une étude fort remarquable où se révèle son esprit judicieux, doivent être employées avec la plus grande réserve dans les affections nerveuses d'origine herpétique.

» Elles sont absolument contre-indiquées quand la maladie du système nerveux succède à la disparition de la dermatose. »

Le même auteur fait remarquer que « les tempéraments anémiques et les constitutions appauvries ressortissent beaucoup plus de la sphère d'action des eaux de La Malou que les tempéraments pléthoriques et les constitutions robustes. »

Ainsi de Shangenbach, par rapport à Karlsbad, Kissingen, Marienbad.

La ville de Dax (Landes) est située sur la rive gauche de l'Adour, à 40 mètres d'altitude, entre les forêts de pins qui s'étendent vers l'Océan et la plaine cultivée de la Chalosse.

Station connue et appréciée des Romains, Dax

32 Les névropathes

semble s'être contenté d'un succès d'estime auprès de nos contemporains; le grand public thermal, qui fait et défait les stations à la mode, ne lui a pas jusqu'ici accordé ses faveurs.

Dax possède certains avantages de premier ordre qui ne sont peut-être réunis dans aucune station : un climat très doux, qui fait de Dax la station hivernale la plus chaude du Sud-Ouest ; des eaux hyperthermales (59") , d'une merveilleuse abondance ; des boues végéto-minérales qui n'ont pas de rivales, au moins en France ; des établissements confortables, où, comme en Allemagne, les baigneurs peuvent résider et suivre leur traitement.

Les eaux, sulfatées calciques et chlorurées sodiques, donnent à l'analyse un peu plus de l gramme de substances fixes.

Buvettes, baignoires, piscine, douches, vaporarium , humage , massage , emploi des boues en bain ou en illutation partielle ; la médication de Dax est aussi complète qu'on peut le désirer, et les applications médicales sont nombreuses.

Pour ne parler ici que du rhumatisme et de la névrose, la riche thermalité de Dax et la vertu topique de ses boues permettent d'agir avec succès dans les névralgies rhumatismales, les engorgements et les empâtements articulaires, les contractures d'origine traumatique ou nerveuses, les paralysies, les névralgies tenaces de la face, du tronc ou des membres ; les troubles de la sensibilité et du mouvement déterminés par l'hystérie ou par d'autres causes équivalentes.

à Bagnères-de-Bigorre 33

Ajoutons que le caractère sédatif du climat convient aux organismes surexcités et impressionnables, et que la réunion, sous le même toit, de l'hôtel et des thermes donne aux personnes les plus délicates la faculté de suivre un traitement hydro-minéral qui leur serait interdit ailleurs. (!)

La station d'Ussat se trouve sur "la route de Foix ù Ax, à 3 kilomètres de Tarascon et à 18 kilomètres de Foix. Ses établissements balnéaires sont construits sur les deux rives de l'Ariège, qui coule au milieu de l'étroite vallée dont le sol est à 442 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. (Boniians).

Les sources naissent, dit -Garrigou , dans une immense fracture des terrains jurassique et crétacé inférieur. Elles sont bicarbonatées et sulfatées calciques , avec un résidu total de 1^^276 (Filhol). Leur température varie de 28°25 à .38"75, et c'est parleur température qu'on distingue ces sources entre elles, leur minéralisation étant considérée comme identique.

« Les bains et les douches sont le seul mode d'administration des eaux d'Ussat ; le bain est l'élément capital, et son action est différente,

(i) On vient de construire, sur la rive gauche de TAdour, un nouvel établissement, le Dax-Salin-Thermal , où l'on a entrepris, avec des eaux chlorurJes-sodiques, la me'dication qui est en honneur à Saliesde-Bcarn.

suivant le degré de la température et suivant la durée. » (1)

A la névralgie sciatique et aux névralgies en général conviennent les bains à 35° et 36°.

Les bains à 33° et 35'' sont préférés dans les affections nerveuses ; ils sont prolongés jusqu'à 2 et 3 heures dans la chorée et certaines phlegmasies chroniques abdominales. Le D'' Bonnans père a recueilli un grand nombre de cas de chorée guéris par des bains à 40°.

Les bains d'Ussat agissent « comme par une espèce d'élection sur le système générateur de la femme. On calcule ordinairement que la moitié des malades qui fréquentent Ussat y viennent pour des affections de ces organes. »

« Les bains chauds sont indiqués contre la dysménorrhée ; dans cette affection, il y a avantage de baigner les malades pendant la sécrétion menstruelle ; sous leur influence, on voit les douleurs, les tranchées utérines céder après dix à quinze minutes d'immersion. » (Hircan Bonnans).

Le même auteur précise les cas dans lesquels s'emploie la douche vaginale ; c'est lorsque « le col est induré, dur sous la pression du doigt, qu'il existe ou non des granulations. » La douche, d'une durée de sept à dix minutes, avec une faible chute ; « mieux vaut — dans la plupart des cas — s'en tenir aux irrigations faites dans le bain. »

(( Dans la congestion utérine et la métrorrhagie

(i) Hircan Bonnans, thèse de Paris, 1882 : Les eaux minérales de l'A rièfçe.

(roi'igiiie uorvciisc, les bains froids sont recommandés. »

La méti'itc chronique et les désordres hystériques qui l'accompagnent souvent, sont traités par les hains tempérés. Dans les prolapsus et les déviations, on préfère les bains et les douches à basse température.

« Le grand secret de la médication thermale, à Ussat, est de donner au malade une température d'eau convenable. Une fois cette température obtenue , comme chaque salle de bain a une température invariable, il est aisé pour le malade de suivre son traitement. Le bain, grâce à l'abondance de sources, se prend toujours à eau courante. » (Garrigou).

En résumé, les neuf stations que nous venons de passer en revue présentent entre elles de grandes analogies et se caractérisent toutes par l'emploi qu'on fait de leurs eaux dans la multitude des affections du système nerveux.

Elles ont la plupart une altitude moyenne et sont situées au pied des montagnes ou sur des plateaux ; les altitudes extrêmes sont représentées par Wildbad (1,000 mètres) et Dax (40 mètres).

Toutes sont thermales , quelques-unes hyperthermales, Wildbad, Téplitz, Néris, Dax et surtout Plombières (70°!). Notons en passant la possibilité pour certaines sources d'être utilisées en bains à leur température naturelle (Schlangenbad, Ragaz, La Malou, Ussat).

La minéralisation de ces sources est faible

36 Les névropathes

(inférieure ou à peine supérieure à ] gramme) et peu caractérisée. Aussi, peuvent-elles se classer toutes, même Dax, malgré ses Os' 35 de sulfate de chaux, parmi les indéterminées. Elles contiennent des sulfates et des carbonates- alcalins ou terreux, du chlorure de sodium, parfois du fer, certaines de l'arsenic (Plombières, La Malou).

Dans quelques-unes il faut noter l'importance de la matière organique , conferve ou autre (AVildbad, Téplitz, Néris, Dax).

Il est un bon nombre de maladies nerveuses qu'on peut adresser presque indifféremment à Tune ou l'autre de ces stations.

Cependant, quelques-unes sont recommandées de préférence quand il y a de l'atonie et de la dépression, dans les paralysies rhumatismales ou autres : Wildbad, Téplitz, La Malou, Dax.

D'autres sont plutôt renommées pour leur action sédative ; elles conviennent parfaitement aux affections nerveuses qui s'accompagnent d'éréthisme : Schlangenbad, Ragaz, Néris, Plombières.

Plusieurs ont des applications très étendues et constituent une vaste polyclinique : Schlangenbad, Néris, Plombières.

D'autres présentent, en outre de leurs applications générales, certaines particularités thérapeutiques : Plombières, dans les affections gastrointestinales ; Wildbad, dans la parésie sexuelle de l'homme ; La Malou, dans l'atonie ; Ussat , dans les maladies des femmes, —jouissent d'une efficacité reconnue.

à Bagnères-cle- Bicorne

A quel principe physique, cliiuiique ou biologique faut-il attribuer l'action de ces diverses sources dans les désordres du système nerveux?

Cette question se présentera de nouveau à propos des eaux de Bagnéres ; nous essaierons d'y répondre, mais nous pouvons dire par avance que c'est encore à. une force inconnue qu'il faut attribuer une grande partie des merveilleux effets des eaux thermales indéterminées, car elles sont toujours vraies ces lignes qu'écrivait J.-L. Alibert, il y a plus de soixante ans :

« Il y a dans ces eaux... des propriétés mystérieuses, des qualités occultes qui, comme le savait Bordeu , échappent à nos moyens vulgaires d'investigation. C'est le cas de répéter ici ce que disait un ancien des eaux minérales : Arcana Del mlraculls plena. »

%^#lt ,'^^^1 .^-^^f /^W^^îs^'^'f

IDEUXIIÈIVCE FA.R.TIE

Page 1