‹ Les névropathies à Bagnères-de-BigorreChapitre 25 sur 61 · LXXXI · texte numérisé non relu

LXXXI

dans 1 asthme nerveux ou hystérique et il raconte ,

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entre autres faits, l'histoire de M'"" L. D..., qui était, depuis plusieurs années , sujette à de fréquents accès d'asthme, survenant surtout dans les « saisons pluviales » et la tourmentant pendant la nuit. « Des mouvements convulsifs généraux aggravaient souvent l'état pénible dans lequel se trouvait la malade pendant le temps du paroxysme. C'était environ quatre ou cinq heures d'angoisses, de difficultés plus ou moins considérables de respirer... Plusieurs années de traitements infructueux, conseillés par grand nombre de médecins, soit du pays, soit étrangers, ayant eu lieu, Mademoiselle se détermina enfin, en 1879 (à l'âge de 66 ans), à faire usage des eaux de la Reine ^ à la dose de trois, quelquefois de quatre verres par jour, tous les matins à jeun. Trois mois entiers, à l'exception d'un jour de repos par semaine, furent consacrés à ce traitement. Toutes ses honorables connaissances surent que le résultat de ce dernier fut de rétablir si bien les forces générales et pulmonaires de M''*^ L. D..., qu'elle passa dix-huit ans sans ressentir aucune attaque d'un asthme qui , depuis dix-neuf ans , affligeait trop souvent son existence. »

Bordeu raconte ainsi la guérison d'un cas de hoquet :

« Un homme d'un tempérament bilieux, qui était observntion

attaqué, depuis deux ans, d'un hoquet si violent qu'il ne pouvait fort souvent parler, ni respirer, fut guéri par un long usage des eaux de Bagnères, de la fontaine du Pré, en boisson. »

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Observation J'ai 611 à soigiicr, en 188., la sœur M. -M..., religieuse âgée de 30 ans, qui était affligée, depuis plusieurs mois, d'un hoquet très pénible. Ce hoquet venait tantôt à la suite d'une émotion, tantôt sans cause connue. L'accès commençait par un sentiment de constriction à l'épigastre, avec angoisse. Puis les secousses du hoquet se produisaient, plus, ou moins rapides et plus ou moins longtemps. La crise se terminait par une inspiration sonore assez semblable au chant du coq de la coqueluche. J'ai assisté à quelques-unes de ces crises, c'était un tableau effrayant pour toute autre personne qu'un médecin.

Dans ces crises de hoquet, la malade avalait de l'air [aérophagie de Bouveret), aussi était-elle soulagée par des renvois.

La distraction, les émotions pouvaient abréger les crises ou en diminuer l'intensité.

La fréquence de ces crises était très variable ; elle pouvait en avoir une seule dans quinze jours, ou plusieurs dans la journée.

Je conseillai à la sœur M. -M... les bains de Salut, les douches tempérées et l'eau de Rieunel en boisson.

Les crises de hoquet sont devenues plus rares et ont fini par disparaître.

Je dois quelques explications au lecteur, au sujet de la prescription de l'eau de Rieunel. Cette petite source, célébrée par le poète Parny, en des vers un peu libres, ne figure pas d'habitude dans l'inventaire médical de Bagnères. A notre connaissance, c'est le D*" Ribes, le premier, qui lui a attribué, d'une manière très hypothétique, quelques vertus

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médicales, et cela à propos du hoquet. Voici ce qu'il dit dans l'article qu'il consacre à ce symptôme : « ... Tons les praticiens s'accordent à dire que l'emploi de l'eau, en boisson, est un des meilleurs moyens. Bagnères possède une fontaine froide, peut-être sélénito-ferrugineuse ; elle n'a pas encore été. analysée. C'est la fontaine de Rieunel, située sur une des routes de Salut, dont l'eau est très fraîche. Elle calmerait peu à peu ce spasme nerveux si les malades allaient, tous les matins, en boire quelques verres, surtout quand le hoquet est produit par un embarras gastrique, comme cela s'observe chez les personnes dont les digestions sont lentes. »

Comme la sœur M. -M... prenait en même temps des bains de Salut et des douches, j'ai le regret de ne pouvoir tirer de ce fait une conclusion positive en faveur des vertus antispasmodiques de Rieunel.

\'oici un autre spasme respiratoire guéri par un traitement balnéaire au Grand-Pré et à Salut.

Ce fait très intéressant a' été observé par M. le D'" Latforgue, et il a bien voulu nous en donner la relation suivante :

« Francine L..., domestique à Bagnères , âgée de observation 18 ans, vient nous consulter, en juin 1891, pour des ^^^^^^ accès d'éternuement.

«C'est une forte fille, légèrement anémique, n'ayant jamais eu de maladies graves. Jille est l'aînée de quatre sœurs qui toutes sont nerveuses, sensibles, et pleurent à la moindre contrariété.

» Il y a quatre mois environ, après avoir lavé du linge au moment de ses époques, les règles s'arrête-

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rent presque. Deux. ou trois jours après survinrent des accès d'éternuement qui l'obligèrent à interrompre son service et à se retirer chez elle. Là , sur les conseils de son docteur, elle fut soumise, mais inutilement, au traitement par les bromures.

») Durant son séjour chez elle, pendant trois mois, les accès continuèrent ; quoique fréquents dans la journée, ils l'étaient bien plus le soir : le père de la jeune fille avait compté une moyenne de 100 à 150 éternuements successifs tous les soirs, au moment où la famille allait se coucher.

«Voyant que le mal persistait, on songea à ramener la jeune lille à Bagnères où nous la voyons le 10 Juin 1891.

» Les éternuements ne sont pas absolument dessinés ; il y a comme la contrainte de quelqu'un qui se retient pour ne pas faire de tapage en éternuant ; à part cela nous observons bien le mouvement d'inspiration lente suivi d'expiration brusque.

«Guidé parle traitement qu'elle avait suivi inutilement, nous n'essayons pas de lui donner de nouveaux antispasmodiques.

» L'examen des fosses nasales noqs donnant un résultat négatif, nous ne songeons pas davantage à instituer un traitement local.

» Nous l'envoyons au Grand- Pré, où elle prendra tous les jours des bains d'une heure. Les éternuements deviennent moins fréquents ; cependant après le huitième bain on compte encore trente éternuements le soir, lorsque la jeune fille se couche.

» Nous changeons alors l'ordonnance et nous

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envoyons la malade aux bains de Salut ; la durée du bain est fixée à une heure ou davantage si les exigences du service le permettent, car la jeune fille est peu fortunée. Dès le troisième bain toute trace d'accès avait complètement disparu.

» Nous avons revu la jeune fille en 1893, la guérison est bien complète ; il n'y a jamais eu de nouveaux accès d'éternuement. »

Rien ne prouve mieux, il nous semble, la puissance sédative de nos bains, leur action modératrice sur le système nerveux , que le résultat obtenu par quelques bains du Grand-Pré et de Salut dans cette forme d'hystérie monosymptomatique.

Gomme le fait remarquer notre confrère, il y a dans la famille une disposition névropathique évidente. Ces quatre sœurs, douées d'une impressionnabilité hystérique , ont été , il y a quelques années , le jouet d'hallucinations de la vue et de l'ouïe; nous le savons par des renseignements complémentaires que le D'" Lafforgue nous a fournis ; l'imagination aidant et peut-être aussi ce besoin d'être en scène qui tourmente les hystériques, elles ont, un instant, occupé le village par le récit de

leurs apparitions surnaturelles.

L'hystérie a cessé d'être considérée comme la manifestation d'une lésion utérine ayant pour principaux symptômes des troubles passionnels de la sphère sexuelle et imprimant une sorte de flétrissure à ceux qui sont atteints de cette maladie. Rien n'est plus faux que cette conception pathologique^

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et, heureusement, rien n'est plus complètement abandonné.

Mais, dans la névrose hystérique comme dans les autres névroses, les symptômes génitaux peuvent constituer l'expression unique ou principale de la maladie.

Tels sont les cas suivants :

Observation M"^ "^^'^, 18 aUS.

hXXXV

Très anémiée et très affaiblie.

Son système nerveux semble passer par des états successifs d'excitation et de dépression. Les antécédents de famille portent à penser qu'il y a chez elle une tare nerveuse, et cette disposition aura contribué à développer des habitudes qui, à leur tour, ont augmenté l'état nerveux et aggravé l'état général.

Situation grave et délicate à la fois.

Les bains de Salut , secondés par les douches froides et par l'eau ferrugineuse, donnent de bons résultats. — (Communiqué par M. Dejeanne).

Voici un cas d'hystérie, qui réclamait un traitement délicat et complet, tant à cause de l'âge du sujet, que de la nature des accidents ou antécédents et de l'influence diathésique.

Observation Fillotto dc 10 aus , initiée dès sa première enfance

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