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à des habitudes fâcheuses, actuellement corrigée et raisonnable, mais gardant une excitabilité inquiétante.
Antécédents héréditaires herpétiques , se manifestant chez elle par des crises d'asthme et par des poussées congestives au larynx ou à la poitrine, —
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accidents auxquels l'hystérie n'est peut-être pas non plus étrangère.
Cet état préoccupant la famille , on a consulté plusieurs praticiens éminents de Paris. Le séjour et les eaux de Bagnères sont conseillés.
Nos eaux arsenicales et ferrugineuses agiront contre le principe herpétique et contre l'anémie ; notre médication sédative apaisera l'élément nerveux .
T3ains du Foulon, et, plus tard, de Salut.
Douches écossaises.
Eau de Salies.
Gargarisme et pulvérisation de Salles contre l'état granuleux de la muqueuse pharyngée. Douches nasales de la même eau. — (Communiqué par M. Dejeanne).
Nota. — Cette jeune fille était accompagnée de son père, porteur d'un eczéma rebelle ; de sa mère, atteinte d'une névralgie faciale à répétition, et de son frère, nerveux et doué, lui aussi, d'un tempérament trop excitable.
Toute la famille a pu se traiter à Bagnères, le père au Foulon, la mère et le jeune frère à Salut, et c'est là un des exemples, nombreux à Bagnères, de familles entières trouvant dans nos eaux les agents thérapeutiques qui conviennent à leurs états variés.
Les eaux de Salut (deux verres et deux bains par oi.servaii.m jour pendant six semaines) ont fait disparaître des excitations génésiqiies très pénibles chez un homme de trente ans. (Monographie du D'' Gouzier).
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§ 4. — Déductions thérapeutiques.
Les ressources thermales dont nous disposons à Bagnères dans le traitement des hystériques peuvent se ramener à trois indications : 1^ le traitement de l'état nerveux ; 2" le traitement des symptômes ; 3" le traitement de l'affection diathésique ou constitutionnelle.
Le traitement de l'étal nerveux doit être entrepris de bonne heure. Il ne faut pas attendre que l'hystérie se développe et s'affirme pour l'attaquer ; il faut traiter la disposition hystérique, le tempérament nerveux et instituer en quelque sorte le traitement prophylactique de l'hystérie.
Les enfants prédisposés à cette redoutable névrose doivent être soustraits à toutes les influences susceptibles d'exagérer leur tempérament nerveux. Leur éducation doit être simple , saine et se rapprocher autant que possible des lois naturelles. Auguste Voisin, de la Salpêtrière, recommande de ne mener les jeunes filles dans le monde, au milieu de l'excitation des bals, des matinées, des concerts, etc., que lorsque la menstruation est faite et bien établie. (1)
Les eaux qui sont reconnues propres à modifier l'état hystérique sont également efficaces pour en prévenir le développement. Nous avons vu des
(1) Tissot disait au siècle dernier : « Si votre fille lit des romans à i5 ans, elle aura des vapeurs à 20 ans. » VA Tissot ne connaissait pas la littérature de notre fin de siècle, et les romans qui, sous prétexte d'observations consciencieuses, nous dépeignent les immoralités les plus crues et les plus révoltantes. » (Ch. Barbaud et A. Rouillard , /,e Nervosisme aux Eaux thermales).
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médecins conduire eux-mêmes à Bagnères leurs enfants menacés d'accidents hystériques ou présentant déjà les signes avant-coureurs de cette névrose. Les bains de Salut ou du Platane modéraient le tempérament nerveux de ces petits êtres et combattaient avec avantage cette menaçante disposition.
« Il y a des eaux minérales qui conviennent très bien aux hystériques, » dit le professeur Grasset, et il ajoute : « Ce sont des eaux très peu minéralisées, appartenant à ce groupe qu'on a irrévérencieusement appelé groupe des eaux indifférentes ou indéterminées. » Il cite Bagnères-de-Bigorre, Néris, La Malou, Ragaz, et il donne sur notre station cette appréciation très juste : « Bigorre est particulièrement calmant, avec une note tonique. »
A côté du bain, l'hydrothérapie occupe une place de premier ordre dans le traitement de l'état hystérique. Tous les auteurs sont d'accord sur ce point de thérapeutique, et plusieurs appellent la douche froide le moyen par excellence. « Seulement, ajoute le professeur Grasset, c'est un moyen plus complexe qu'il ne parait, dont le maniement est difficile, dont les effets peuvent être opposés : c'est une vraie médication. »
(( Il faut agir avec de grands ménagements, dit Beni-Barde, et l'on ne doit jamais choisir le procédé que l'on emploiera avant d'être bien édifié sur la susceptibilité nerveuse des malades et sur les caractères de la névrose. Les applications froides très énergiques, employées dès le début, ne conviennent pas à toutes les hystériques et peuvent occasionner
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des accidents ; il faudra donc, dans certains cas, les faire précéder d'une douche chaude prolongée, qui aura pour effet d'atténuer l'action excitante de l'eau froide. »
Le même auteur nous dit, avec l'autorité de sa grande expérience, que certaines malades n'ont pu supporter les douches qu'à la température de 20° ; « elles ont parfaitement guéri sans qu'il ait été nécessaire de recourir à l'eau réellement froide. »>
Le traitement hydrothérapique général doit viser un double but : apaiser l'excitabilité de la moelle et du grand sympathique , restaurer les fonctions cérébrales. Pour obtenir l'apaisement nécessaire, il faut faire au début des applications générales modérément froides. « Quand l'excitabilité réflexe sera moins prononcée, on pourra abaisser la température de l'eau et faire des applications plus courtes et plus énergiques. » (1)
Le traitement des symptômes comporte des procédés variés comme les symptômes eux-mêmes. Ainsi nous avons vu les contractures céder ou s'atténuer sous l'influence des bains tempérés (observations lxv, lxx) ; l'action des douches peut venir en aide au traitement balnéaire.
(i) Il est difficile de parler névrose et hydrothe'rapie sans dire un mot de la méthode Kneipp. Cette méthode, en ce qui concerne l'usage de l'eau froide, a eu l'excellent résultat d'accréditer l'eau froide auprès d'un grand nombre de personnes que les médecins n'auraient pas décidées à en user ; mais elle a eu le tort d'affranchir de la surveillance médicale des malades trop confiants et d'entraîner les accidents les plus graves. J'ai souvent prescrit des applications froides à domicile, suivant les indications de Kneipp; mes malades s'en sont généralement bien trouvés. D'autres, qui se traitaient à leur guise, ont eu à le regretter.
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Les symptômes gastriques sont utilement combattus par la boisson de Salul et de quelques sources laxatives ; à noter les succès obtenus dans les vomissements nerveux.
Les spasmes de l'appareil respiratoire exigent parfois un traitement local ; d'autres fois, ils disparaissent sous l'action du seul traitement général, par exemple, l'éternuement de l'observation Lxxxviir. Pour le traitement local, nous avons Labasscre et Salies^ en boisson, gargarisme, pulvérisation, bumage. L'observation lxxv nous donne une idée exacte de ce que peut être, à Bagnères, le traitement combiné de la névrose et des symptômes tboraciques.
Les états constitutionnels qui servent de fond à la névrose ont été déjà mentionnés à propos de la neurasthénie et feront, plus loin, l'objet d'un chapitre spécial. Notons, en passant, l'arthritisme, qui est de beaucoup la diathèse la plus fréquente chez nos névropathes et qui se manifeste sur les articulations , la peau , la plèvre , les muqueuses respiratoires, le cœur, les organes digestifs et urinaires; — l'herpétisme, qui est comme l'arthritisme, très avantageusement modifié par les bains du Foulon; la tuberculose , qui nécessite, suivant les cas, Labassîre ou Salies , et souvent les deux sources ; l'anémie, qui réclame les eaux ferrugineuses et les douches froides.
Les médecins des eaux sont parfois obligés de recourir à des procédés thérapeutiques accessoires
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qui sont, par exemple, pour ce qui concerne l'hystérie : le massage , l'électricité , la métallothérapie , etc.
Le massage est souvent le complément de l'hydrothérapie, comme aussi il peut constituer un traitement spécial important. Dans cette seconde hypothèse , le médecin thermal devra s'inspirer des intentions, ou des instructions, du médecin traitant qui lui a adressé son malade ; il en sera de même pour l'emploi de l'électricité , des métaux , des aimants, etc.
Parmi les médications accessoires des symptômes, mentionnons la cure du petit-lait qui se pratique à Bagnères dans des conditions excellentes et que nous conseillons dans certaines affections de l'appareil digestif.
La question de l'hypnotisme et de la suggestion se pose tout naturellement dans cette revue succincte des médications auxiliaires de la cure thermale. Nous croyons que la plus grande réserve est commandée au médecin thermal dans l'usage de ces moyens. Je n'ai recouru sérieusement qu'une fois à l'hypnotisme , je l'ai fait avec l'assentiment du médecin traitant et l'aide d'un de mes confrères. Le cas était rebelle, le succès ne fut dû qu'à notre persévérance (1).
En général, on ne nous envoie pas des hystériques
(i) Il est bon de rappeler ici les trois précautions que le professeur Pitus recommande : i° ne jamais endormir les malades sans avoir obtenu au préalable leur consentement ; 2° s'il s'agit d'une femme, ne jamais l'hypnotiser sans témoins; 3° ne jamais donner aux malades que des suggestions utiles à leur guérison.
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pour les hypnotiser, pas plus qu'on ne nous envoie des neurasthéniques pour leur faire des injections hypodermiques de Brovvn-Sequard ou de Constantin Paul. Il ne faut pas oublier que la situation d'un médecin d'eaux vis-à-vis de ses confrères qui lui confient leui's malades est celle d'un collaborateur chargé « d'une mission spéciale^ — qu'il utilisera comme bon lui semblera, — mais d'une mission temporaire, étroitement liée, par la nature même des choses , à l'emploi de cette ressource thérapeutique spéciale (1). »
Sans doute, vis-à-vis des hystériques, il y a un traitement psychique qu'on ne doit jamais perdre de vue. Le médecin, aux eaux comme ailleurs, doit véritablement diriger son malade, gagner sa confiance et lui imposer son autorité. Il doit exercer sur lui ce qu'on a appelé la suggestion indirecte; toutes les paroles du médecin, celles qui s'adressent à des tiers comme celles qui s'adressent au malade, ses gestes, ses regards, son attitude, tout doit tendre à amener le malade , sans qu'il se doute de la stratégie, à penser et à agir comme l'exige l'intérêt de sa santé.
D'ailleurs, dans une station affectée au traitement des névropathes, tout doit concourir à exercer cette suggestion : le climat, le paysage, les distractions. Les eaux elles-mêmes agissent par suggestion avant d'agir d'une manière plus positive : « Les succès passés ont la force d'une vitesse acquise, et ce
(i) Janicot. — L'Exercice de la Médecine thermale, au point de vue de la déontologie médicale. (Paris, i8g3. — O. Doin).
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pouvoir vient s'ajouter constamment à l'action propre des eaux» (1). L'hystérique qui va se baigner à Salut^ sait auparavant que d'autres hystériques ont fait usage de ces bains et y ont laissé leurs maux.
Cure d'air, cure de repos , cure de montagne et de verdure, cure balnéaire et thermale, tous ces éléments divers d'une médication complexe ont une vertu réelle ; mais il y a une fée dont la baguette magique anime et vivifie toutes choses, c'est la puissance suggestive du milieu.