EAUX DE BAGNERES-DE-BIGORRE
Maladies du système nerveux. — « Ces eaux s'appliquent à une foule d'états morbides , parmi lesquels il faut placer en première ligne ceux qui reconnaissent une surexcitation du système nerveux liée à un degré plus ou moins considérable d'asthénie. Dans cette classe d'affections, il faut placer des névralgies externes ou internes qui avaient résisté aux moyens les plus énergiques et qui ont cédé à l'usage des eaux de Bagnères. » {Desnos. — Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie] .
Nommons aussi l'hystérie, la chorée, la maladie de Graves, etc., dans lesquelles nos bains de Salut, du Platane , du Foulon , produisent d'admirables effets.
Arthritisme. — « C'est dans le rhumatisme chro-
90 Traitement des neurasthéniques
nique sous toutes ses formes et toutes ses nianifeslations que la vertu des eaux hyperthermales de Bagnères a été surtout remarquée. » (Rotureau. — Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales].
« On doit préférer le bain du Foulon quand le rhumatisme doit sa naissance à un principe psorique ou dartreux. » (Sarabeyrouse).
Maladies des femmes. — C'est un lot très important des maladies traitées à Bagnères.
« Les eaux sédatives de Bagnères-de-Bigorre, dit Courty, jouissent d'une si grande vogue, que certains médecins y ont envoyé indistinctement toutes les femmes. » Et Durand-Fardel : « La sédation tonique qu'elles procurent parait s'adapter parfaitement à cette susceptibilité qui, chez les femmes affectées de métrite, est toujours prête à éveiller ou à exaspérer un état névropathique, une fluxion hémorrhagique ou un état inflammatoire. »
Maladies de la peau. — François de Bordeu écrivait en 17(30 : « Il paraît que les eaux de Bagnèresde-Bigorre produisent plus communément que les autres de bons effets sur les dartres. »
Rotureau dit : « Le lichen, le psoriasis, l'eczéma ayant résisté aux eaux sulfureuses les plus fortes, de Baréges ou de Luchon, par exemple, ont cédé quelquefois, après un temps assez court même, à l'usage de la source du Foulon. »
Aujourd'hui nous pouvons ajouter au traitement
aux eaux de Bagnères-de-Bigorre 91
par le bain du Foulon et par Teau de Salies en boisson, les bains prolongés, imités de Louèche, que nous conseillait le docteur Noël Gueneau de Mussy ; ils s'administrent avec Teau de Salies.
Maladies des voies digestioes. — Bordeu parle dans ses ouvrages des propriétés purgatives de nos eaux et dit que ces eaux agissent « en déterminant certaines excrétions, vrai moyen de terminaison des maladies. » ■
C'est un fait démontré, que les eaux sulfatées calciques et magnésiennes de la Rampe, la Peijrie^ Lasserre, la Reine réussissent quelquefois là où les médications ordinaires ont échoué.
La gastralgie, Tentéralgie, divers troubles hépatiques sont traités avec succès par l'usage de nos sources prises en boisson et en bain.
A noter aussi les bons effets des douches ascendantes de la Reine et de Salut.
Maladies des voies urinaires. — L'eau de Salut est plus diurétique que laxative. « L'effet diurétique prononcé des eaux de plusieurs sources de Bagnéres-de-Bigorre, dit Rotureau, a tout naturellement conduit aux applications de ces eaux dans les affections des voies urinaires où il importe d'obtenir une diurèse abondante. »
Bordeu avait déjà dit : « On est assuré par l'expérience que toutes nos eaux de Bagnères guérissent les diverses affections de la vessie et des
92 Traitement des neurasthéniques
parties environnantes, ou que du moins elles les diminuent beaucoup. »
Les sources les plus usitées dans ces affections, sont : Salut, la Peyrie et Marie-Thérèse. On emploie aussi, dans certains cas d'atonie, la source de Salies.
Maladies de l'appareil respiratoire. — Salies et Labassère^ en boisson, gargarisme, pulvérisation, humage, constituent les agents du traitement de ces maladies. Labassère représente la médication sulfureuse qui s'adresse aux formes torpides de la phtisie, aux affections catarrhales des voies respiratoires avec sécrétion abondante ; Salies agit à l'instar des sources du Mont-Dore sur l'élément éréthique et congestif des manifestations bronchopulmonaires. — Souvent les deux sources sont employées et concourent à produire les meilleurs effets sur la lésion locale et sur l'état général.
Anémie^ maladies générales^ — affections chirurgicales. — Bagnères possède des sources ferrugineuses froides et thermales qui sont tolérées par les estomacs rebelles aux autres médications ferrugineuses.
Labassère et Salies sont efficaces dans un grand nombre d'états lymphatiques et strumeux.
La renommée de Salies et de Fontaine Nouvelle est ancienne dans certaines affections des os et des articulations, névrose, carie, fistules, raideurs
aux eaux de Ba^nères-de-Bigorre 93
articulaires. — Api es les guerres du premier empire , on envoya à Bagnères le trop-plein de riiôpital militaire de Barèges , et de nombreux succès furent enregistrés à l'actif de nos eaux. — Ajoutons que ce traitement serait plus particulièrement indiqué dans les cas où l'on pourrait redouter le climat de Barèges et la trop grande activité des eaux de cette station.
En résumé , Bagnères possède des eaux sédatives efficaces dans la plupart des formes et des accidents de l'excitabilité nerveuse , dans les rhumatismes périphériques et viscéraux, dans les dermatoses irritables; des eaux plus actives, employées dans les états asthéniques et lymphatiques; des eaux ferrugineuses, laxatives, diurétiques; une médication sulfureuse et arsenicale pour les affections thoraciques ; en un mot, tout un ensemble d'agents thérapeutiques d'une grande richesse et d'une extrême variété.
94 Traitement des neurasthéniques
DÉONTOLOGIE THERMALE
M. le professeur Grasset a résumé en quelques préceptes la conduite à suivre par le médecin des eaux, dans ses rapports avec les confrères qui lui adressent des malades :
1° Quand un médecin a prescrit nno saison d'eaux minérales à un malade , il a le droit strict de lui tracer en détails le traitement qu'il aura à suivre. Mais, dans la presque totalité des cas, il ne doit ])as agir ainsi.
Il doit adresser son malade à un des membres de la station.
1° Il remet alors, pour ce médecin d"eaux, une lettre plus ou moins détaillée, suivant le cas , dans laquelle il donne, avec son diagnostic, les motifs qui ont déterminé le choix de cette station.
Il y ajoute les particularités qu'il croit utiles à l'organisation du traitement et, tout en laissant le médecin de la station maître de la direction quotidienne, il peut même ajouter (de confrère à confrère) quelques indications sur la manière dont il comprendrait le traitement.
3° Le médecin d'eaux institue et dirige le traitement pendant le séjour du malade dans la station.
Il est, pendant tout ce temps, entièrement substitué au médecin ordinaire, dont il a tous les droits et tous les devoirs.
4° Au départ du malade, le médecin d'eaux doit lui remettre, pour le médecin ordinaire, une lettre dans laquelle il résume le traitement suivi dans la station, les incidents survenus pendant le séjour et ses propres vues sur le cas.
aux eaux cb Bagnères-de-Bigorre 95
11 peut, s'il le juge à propos, ajouter quelques conseils pour le traitement ultérieur du client.
Mais ces conseils sur le traitement ultérieur ne peuvent figurer que dans une lettre au médecin ordinaire.
Le médecin d'eaux doit s'abstenir (quoiqu'il ait le droit strict de faire le contraire) de donner directement au malade (et pour lui) une consultation écrite pour les mois qui suivent la cure, consultation dans laquelle !e médecin d'eaux aurait l'air de se substituer au médecin ordinaire ou de vouloir le faire mettre de côté.
J'engage aussi les médecins d'eaux (quoique là encore ils aient le droit absolu de faire le contraire) à ne pratiquer, pendant la saison d'eaux, à leurs clients (et clientes) que les opérations chirurgicales d'urgence absolue, réservant aux médecins ordinaires les interventions (même gynécologiques) qui ne sont pas absolument pressantes.
On pourra aussi consulter avec profit une intéressante brochure du D*" Janicot (0. Doin, 1893), sur V Exercice de la médecine thermale au point de vue de la déontologie médicale.
Le D'' Janicot examine et résout diverses difficultés qui peuvent se présenter dans la pratique. Il recommande la plus grande prudence dans les interventions extra-hydrologiques ; le médecin des eaux , dit-il , est vis-à-vis des confrères qui lui confient leurs malades, un collaborateur chargé « d'une mission spéciale, parce qu'il dispose d'une ressource thérapeulique spéciale — qu'il utilisera comme bon lui semblera — mais d'une mission temporaire, étroitement liée, par la nature même des choses, à l'emploi de cette ressource thérapeutique spéciale, n
CD '^i s
fi k? i