‹ Les névropathies à Bagnères-de-BigorreChapitre 6 sur 61 · LETTRE-PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

LETTRE-PRÉFACE IX

grâce de ses habitants. A cet égard permettez-moi de vous dire une petite anecdote, toute en faveur de Bagnères-de-Kigorre ; c'est par elle que je terminerai cette trop longue lettre.

J'étais un jour avec un de mes amis, artiste illustre entre tous , admirateur comme moi de Bagnères, de ses environs et de ses montagnards; nous parcourions cette charmante vallée de Campan tout entourée de paysages ravissants et fantastiques , sillonnée de prairies luxuriantes et parfumées, bordée dans tout son parcours de ruisseaux dont le cours rapide fait supposer que les eaux elles-mêmes ont hâte de se rendre à Bigorre. Au milieu de cette contemplation que rien ne troublait, il s'approcha de moi et il me dit : « Je viens de visiter la Suisse, et j'ai rapporté de ce voyage des impressions qui ont détruit en moi celles que m'avaient données autrefois le spectacle que vous admirez en ce moment. » J'écoutai son récit avec la plus grande attention, charmé d'entendre sa parole éloquente, me demandant où allait s'arrôxer cette gamme chromatique si enthousiaste et si élogieuse pour la Suisse. Elle s'arrêta, comme nous, au col d'Aspin, en présence de ce panorama que le grand Corot considérait comme le plus majestueux du monde. Tout en admirant le magniiique spectacle qui s'offrait à nos yeux, je jetai un regard sur mon cher compagnon,

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