LES ROCS
Anxieux, dans la brume, on dirait qu'ils attendent Je ne sais quel départ aux mystiques adieux; .\'oiit-ils pas l'air de voir ? Et cependant point d'yeux ; Point d'oreilles : pourtant l'on dirait qu'ils entendent.
Et, colosses navrés de ce pays affreux, Ils alarment au loin les vallons et les côtes. Car le cri des hiboux, leurs invisibles hôtes. Est la funèbre voix qui sanglote pour eux.
Groupés là comme un tas de monstreuses bêtes. Ils veillent tristement, les horribles rochers. Que le soleil les brûle ou qu'ils soient accrochés Par les feux zigzagueurs et grondants des tempêtes
L'un dont la pointe oblongue imite un coutelas. Et dont chaque lézarde a l'air d'une blessure, Rongé de champignons, d'herbe et de moisissure. Se penche avec un air effroyablement las.
In autre figurant un couvercle de bière Qui serait tout debout sous les grands cieux pensifs, Fait tinter par instants sur les feuilles des ifs L'éternel suintement des larmes de la pierre.
Et tous, diversement lépreux et bossues. Rendent la solitude encore plus déserte. Et par leur seul aspect qui glace et déconcerte, Di-ent leurs maux soufferts et leurs ennuis sués
LnS REFUGES.