LES GRIVES
A Joseph de Brettes.
Dans la vigne escarpée où maint pommier sauvaiie Ciispe sur riiorizon ses bras tors et rugueux. Elles viennent s'abattre avec des vols fougueux, Cberchant la solitude et le friand breuvage.
Or, sachant qu'avant peu l'on voudra vendanger, Et qu'il faudra bientôt que les pommes s'en aillent, Les grives, sans tarder, s'installent et ripaillent Au milieu d'une odeur d'angoisse et de danger :
Car, malgré ce beau ciel doiil l'azur se di'plisse, Peut-être qu'un milau plane dans l'air qui dort, Et qu'un fusil rouillé cache un éclair de mort Derrière le buisson qui lui sert de complice.
Qu'importe ? Les raisins bannissent leurs effrois. D'ailleurs, le pays triste et d'une âpre ossature Est désert, aux trois quarts en friche, et se sature Du mystère embrumé qui sort des ravins froids.