‹ Les névrosesChapitre 125 sur 220 · LES CHEVEUX CHAMPÊTRES · texte numérisé non relu

LES CHEVEUX CHAMPÊTRES

A Lucien Grellety.

En plein air, sans une épiugle, Ils aiment à paresser, Et la brise qui les cingle A l'air de les caresser.

Ils vont sous les branches torses Des vieux chênes roux et bruns, Et la feuille et les écorces Les grisent de leurs parfums.

Dans la campagne déserte, Au fond des grands prés muets.

Ils dorment dans l'herbe verte Et se coiffent de bluets ; Le soleil les importune, Mais ils aiment loin du bruil Le glacis du clair de lune Et les frissons de la nuit.

■212 LKS REFUGES.

Comme les rameaux des saules

Se penchant sur les marais.

Ils flottent sur ses épaules,

A la fois tristes et frais.

Quand, plus frisés que la mousse,

Ils se sont éparpillés.

On dirait de l'or qui mousse,

Autour des blancs oreillerg.

LE VKiNT DÉTÉ. 213

LE ve>;t D'été

A Léon Tillot.

Le vent d'été baise et caresse La nature tout doucement :

On dirait un souffle d'amant Qui craint d'éveiller sa maîtrisse.

Bohémien de la paresse, Lazzarone du frôlement, Le vent d'été baise et caresse La nature tout doucement.

Oh 1 quelle extase enchanteresse De savourer l'isolement, Au fond d'un pré vert et dormant Qu'avec une si molle ivresse Le veut d'été baise et caresse!

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