‹ Les névrosesChapitre 142 sur 220 · BALLADE DES MOUETTES · texte numérisé non relu

BALLADE DES MOUETTES

A Nadar.

En tas, poussant de longs cris abovear- Aussi plaintifs que des cris de chouettes, Autour des ports, sur les gouffres noyeurs. Dans l'air salé s'ébattent les mouettes, Promptes au vol comme des alouettes.

D"u!i duvet mauve et marqueté de roux, Sur l'eau baveuse où le vent fait des trou?. On peut les voir se tailler des besognes Et se risquer sous le ciel en courroux, Pour nettoyer la mer de ses charognes.

Flairant les tlots, sinistres charroyeurs, Et les écueilà noirs dont les silhouettes Font aux marins de si grandes frayeurs, Elles s'en vont avec des pirouettes De-ci, de-là, comme des girouettes.

Dans les vapeurs vitreuses des temps mous Où notre œil suit les effacements doux Des mâts penchant avec des airs d'ivrognes, Ce> grands oiseaux rôdent sur les remous, Pour nettoyer la mer de ses charognes.

ut LES REFUGES.

Et quand les flots devenus chatoyeurs Dorment bercés par les brises fluettes, On les revoit, avides côtoyeurs, Éparpillant leurs troupes inquiètes Aux environs des falaises muettes.

En vain tout rit, le brouillard s'est dissous; Ces carnassiers qui ne sont jamais soûls Ouvrent encor leurs ailes de cigognes Sur les galets polis comme des sous, Pour nettoyer la mer de ses cbarognes.

ENVOI

Vautour blafard, fouilleur des casse-cous. Toi dont le bec donne de si grands coups Dans les lambeaux pourris où .tu te cognes, Viens là ! Tes sœurs t'y donnent rendez-vou- Pour nettoyer la mer de ses charognes.

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