PAYSAGE D'OCTOBRE
PAYSAGE D'OGTOBllE A Geor/es Jeanniot.
Le torrent a franchi ses bords
Et gagné la pierraille ocreuse ;
Le meunier ionire avec efforts
L'ornière humide qui se creuse.
Déjà le lézard engourdi
Devient plus frileux d'heure en heure:
Et le soleil du plein midi
Est voilé comme un œil qui pleure
Les nuages sont revenus,
Et la treille qu'on a saignée
Tord ses longs bras maigres et nus
Sur la muraille renfrognée.
La brume a terni les blancheurs
Et cassé les fils de la vierge,
Et le vol des martins-pêcheurs
Ne frissonne plus sur la berge.
Ui ' LES REFUGES.
Les arbres se sont rabougris; La chaumière ferme sa porte, Et le petit papillon gris A fait place à la feuille morte.
Plus de nénuphars sur l'étang; L'herbe languit, l'Insecte râle, Et l'hirondelle en sanglotant Disparaît à l'horizon pâle.
Près de la rivière aux gardons Qui clapote sous les vieux aunes.
Le baudet cherche les chardons Que rognaient si bien ses dents jaunies. Mais comme le bluet des blés, Comme la mousse et la fougère, Les grands chardons s'en sont allés Avec la brise et la bergère.
Tout pelotonné sur le toit Que l'atmosphère mouille et plombp.
Le pigeon transi par le froid Grelotte auprès de sa colombe; Et, tous deux, sans se becqueter.
Trop chagrins pour faire la roue, Ils regardent pirouetter La girouette qui s'enroue.
rA\ SAGE D'OCTOBRE. i4A
Au-dessus des vallons déserts
Où les mares se sont accrues,
A tire-d'aile, dans les airs
Passe le triangle des grues;
Et la vieille, au bord du lavoir,
Avec des yeux qui se désolent,
Les regarde fuir et croit voir
Les derniers beaux jours qui senvoCent'
Dans les taillis voisins des rocs La bécasse fait sa rentrée; Les corneilles autour des soc?
Piétinent la terre éventrée.
Et, décharné comme un fagot, Le peuplier morne et funèbre Arbore son nid de margot Sur le ciel blanc qui s'enlénèbre.
LES SPECTRES
LES SPECTRES