‹ Les névrosesChapitre 156 sur 220 · UN BOHÈME · texte numérisé non relu

UN BOHÈME

Toujours la longue faim me suit comme un recors ; La ruelle sinistre est mon seul habitacle; Et depuis si longtemps que je traîne mes cors, J'accroche le malheur et je butte à robstacle.

Paris m'étale on vain sa houle et ses décors : Je vais sourd à tout bruit, aveugle à tout spectacle; El mon âme croupit au fond de mon vieux corps Dont la pâle vermine a fait son réceptacle.

Fantôme grelottant sous mes haillons pourris, Épave de l'épaje et débris du débris, J'épouvante les chiens par mon aspect funeste !

Je SUIS hideux, moulu, racorni, déjeté !

Mais je ricane encore en songeant quil me reste

Mon orgueil infini comme l'éternité.

LE MARCHAND D'IIAIMIr

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