LA DÉVEINE
Et tant de maheillance émane du plafond, Des meubles, des cahiers, des livres, des estampes, Que je me désespère, et la migraine aux tempes, Je fléchis sous le mal que ses vrilles me font.
Si même, je n'étais que mon propre vampire, Je bénirais l'horreur de mes lancinements. Mais tout ce qui m'entoure attise mes tourments. Et toujours contre moi la matière conspire.
Dans ce monde jaloux, venimeux et discord,
Je suis le paria contre qui tout s'acharne.
En vain mon cœur sanglote et mon corps se décharné,
L'universel guignon me persécute encor.
Et j'ai des jours si durs, outre mes jours moroses, — Et comment à l'ennui pouvoir s'habituer! — Que depuis bien longtemps, je songe à me tuer Sous la vexation des hommes et des choses.
Et je m'en vais enfin accomplir ce projet Avec mon revolver à la crosse d'ébène.
Puisque plus que jamais j'ai ressenti la haine Et la férocité de l'être et de l'objet.
a06 LES SPECTUES.