VILLANELLE DU DIABLE
A Théodore de Banville.
L'Enfer brûle, brûle, brûle.
Ricaneur au timbre clair.
Le Diable rôde et circule.
n guette, avance ou recule En zigzags, comme l'éclair; L'Enfer brûle, brûle, brûle.
Dans le bouge et la cellule, Dans les caves et dans l'air Le Diable rôde et circule.
Il se fait fleur, libellule.
Femme, chat noir, serpent vert; L'Enfer brûle, brûle, brûle.
Puis, la moustache en virgule
Parfumé de vét}'ver,
Le Diable rôde et circule.
LES SPECTRES
Parloiil où l'h'unme pullule, Sans cesse, été oomme hiver L'Enfer brflle, brûle, brûle.
De l'alcôve au vestibule Et sur les chemins de fer Le Diable rôde et circule.
L'est le Monsieur noctambule Qui s'en va, l'œil grand ouvert.
L'Enfer brûle, brûle, brûle.
Là, flottant comme une bulle, Ici, rampant comme un ver, Le Diable rôde et circule.
Il est grand seigneur, crapule.
Écolier ou magister.
L'Enfer brûle, brûle, brûle.
Eu toute âme il inocule Son chiicliotement amer :
Le Diable rôde et circule.
11 promet, traite et stipule D'un ton doucereux et fier, L'Enfer brûle, brûle, brûle.