LE BOUDOIR
La dame- aux cheveux longs et couleur de topazo Conserve dans sa chambre un magique cercueil Si fantastiquement vague et fragile à l'œil, Qu'il a l'air vaporeux comme un voile de gaze.
Ni cierges, ni tréteaux, ni tentures de deuil. Le portrait dans son cadre et la fleur dans son vase Meubles, miroirs, tapis, tout souiit plein d'extase ; Et pouiiant, ce boudoir est gênant pour l'orgueil.
Que le matin y filtre, ou que le soir y tombe, Il inflige toujours le rappel de la tombe Et de la pourriture à six pieds dans le sol :
Car la bière fluette exhale par boufi"ées, Sourdes comme un écho de plaintes étouffées. L'odeur cadavéreuse et jaune du phénol.
LA NUIT DE NOVEiMBRE. 3S:i