LE SILENCE DES MORTS
A Mademoiselle Louise Read.
On scrute leur portrait, espérant qu'il en sorte Un cri qui puisse enfin nous servir de flambeau. Ah! si même ils venaient pleurer à notre porte Lorsque le soir étend ses ailes de corbeau!
Non 1 Mieux que le linceul, la bière et le tombeau Le silence revêt ceux que le temps emporte : L'âme en fuyant nous laisse un horrible lambeau Et ne nous connaît plus dès que la chair est morte
Pourtant, que d'appels fous, longs et désespérés, Nous poussons jour et nuit vers tous nos enterrés! Quels flots de questions coulent avec nos larmes!
Mais toujours, à travers ses plaintes, ses remords, Ses prières, ses deuils, ses spleens et ses alarmes, L'homme attend vainement la réponse des morts.
L'ENFER. ns;;
L'ENFER A Ernest Helîo.
Dans l'enfer, Satan fait étendre Des barreaux et des grils ardents.
Et sourd, rte voulant rien entendre Il dit aux pécheurs imprudents Que leur âme n'est plus à vendre
Riant d'un air qui n'est pas tendr'', Pour activer ses intendants, Il court comme une salamandre Dans l'enfer.
Sans jamais se réduire en cendre Tous les damnés grincent des dents, Et réclament à cris stridents Que la mort vienne les reprendre)...
Mais la mort ne peut pas descendre Dans l'enfer 1