‹ Les névrosesChapitre 24 sur 220 · LES YEUX · texte numérisé non relu

LES YEUX

Partout je les évoque et partout je les vois.

Ces yeux ensorceleurs si mortellement tristes.

Oh! comme ils défiaient tout l'art des qoloristes,

Eux qui mimaient sans geste et qui parlaient sans voix 1

Yeux lascifs, et pourtant si noyés dans l'extase, Si friands de lointain, si fous d'obscurité! Ils s'ouvraient lentement, et, pleins d'étrangeté, Brillaient comme à travers une invisible gaze.

Confident familier de leurs moindres regards. J'y lisais des refus, des vœux et de? demandes ; Bleus comme des saphirs, longs comme des amandes. Ils devenaient parfois horriblement hagards.

Tantôt se reculant d'un million de lieues, Tantôt se rapprochant jusqu'à rôder sur vous, Ils étaient tour à tour inquiétants et doux : Et moi, je suis hanté par ces prunelles bleues!

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