LA TORTURE
Mon crâne est un fourneau d'où la flamme déborde : Martyre opiniâtre et lent comme un remords! Et je sens dans mes os l'épouvantable horde Des névroses de feu qui galopent sans mors.
Comme un vaisseau brisé, sans espoir qu'il aborde,, Mon cœur va s'enfonçant dans le gouffre des morts, Loin du passé qui raille et que le regret borde ; Et je grince en serrant mes deux poings que je mords 1
Je prends un pistolet. Horreur ! ma main le lâche. Et la peur du néant rend mon âme si lâche, Oue pour me sentir vivre, — oh! l'immortalité 1
Je me livre en pâture aux ventouses des filles 1
MaiSj raffinant alors sa tortuosité,
La Fièvre tourne en moi ses plus creusantes vrilles
100 LES LUXURES
A LA CIRCÉ MODEH.N
Puisqu'un irrésistible appeau Attire à ioi tonte mon âme, Et que tonte m.i chair proclame Le magnétisiue de la peau :
Irrite, mais sans le proscrire, Le désir qui me ronge, et puis Viens emparadisçr mes nuits.
Ensorceleuse au froid sourire.
Aux bruits mouillés, tendres et fous De nos baisers démoniaques, Comme deux serpents maniaques Dans le mystère, enlaçons-nous!
Chère ouduleuse, mauvais ange Abeille de la volupté, Donne-moi ton corps enchanté Et rei^ois mon âme en échangel