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Puisque sur ton flanc nu l'amour me fait heui:'f :. Sans que jamais sur toi ma convoitise morde ; Puisque toujours passive ei sans miséricorde, Tu veux qu'en les bias morts et ^rlacés je me tord», Cëk^'jir, de tes cheveux, je vais taire une corde Pour (.'étrangler I
LES DEUX SERPENTS. 10-3
LES DEUX SERPENTS
A Fernand IcreSs
Fuis la femme, crains la vipère, En tous 11 ux, en toute saison, Et prends ^arde à leur trahison, Même à l'heure où ton âme espère/
Ces deux serpe>its-là font la paire :
L'Amour est jumeau du Poison.
Fuis la femme, crains la vipère, En tous lieux, en toute saison!
Avec le soupçon pour compère, Avec la Mort pour horizon, Coûts la Vie! et que la Raison Soit toujours ton point de repère!
Fuiâ la temme, crains la vipère!
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LES LUXURES
LES DEIX POITRINAIRES
La brise en soupirant caresse l'herbe hante.
Tous les deux, bouche ouverte, ils marchent côte à côte,
Dos voûté, cou fluet; Près d'une haie en fleurs où l'ébène des mftres Luit dans le fouillis vert des mignonnes rainures,
Ils vont, couple muet.
Ils ont la face blanche et les pommettes rouges; Comme les débauchés qui vivent dans les bouges
On les voit chanceler.
Leur œil vaguement clair dans un cercle de bistre A. cette fixité nonchalante et sinistre
Qui vous fait reculer.
Ils ont une toux sèche, aiguë, intermittente. Elle, après chaque accès, est toute palpitaute,
Et lui, crache du sang!
Et l'on flaire la mort à ces poignants symptômes. Et l'aspect douloureux de ces vivants fantômes
Opprime le passant.
LES DEUX POIT.RINAIRES. lU
Ils se serrent les mains dans une longfue étreinte Avec le tremblement de la padeur contrainte
Se choquant au désir, Et pour mieux savourer l'amour qui les enfièvre, L'une à l'autre parfois se colle chaque lèvre,
Folles de se saisir.
Autour d'eux tout s'éveille et songe à. se refaire. Homme et bête à plein souffle aspirent l'atmosphère,
Rajeunis et contents.
Tout germe et refleurit; eux, ils sont chlorotiques; Tout court; et chaque pas de ces pauvres étiques
Les rend tout haletants.
Eux seuls font mal à voir, les amants poitrinaires Avec leurs regards blancs comme des luminaires,
Et leur maigre longueur ; Je ne sais quoi de froid, d'étrange et de torpide Sort de ce couple errant, hagard, presque stupide
A force de langueur.
Et pourtant il leur faut l'amour et ses morsures l Dépravés par un mal, aiguillon des luxures,
Ils avancent leur mort; Et le suprême élan de leur force brisée S'achaiTie à prolonger dans leur chair épuisée Le frisson aui les tord.
m LES LUXURES
Se posséder! Pour eux que la tristesse inonde, C'est l'oubli des douleurs pendant une seconde,
C'est l'opium d'amour!
Ils se sentent mourir avec béatitude Dans ce spasme sans nom dont ils ont l'habitude,
Jour et nuit, nait et jour!
Ei.'.eiiible ils ont passé par les phases funèbres Où les nœuds acérés de leurs frêles vertèbres ,
Leur ont crevé la peau ; Ensemble ils ont grincé de la même torture : Donc, ils veulent payer ensemble à la nature
L'inévitable impôt.
Et le gazon muet, quoique plein d'ironies, Va voir l'accouplement de ces deux agonies
Naître et se consommer ; Et les profonds échos répéteront les râles De cei deux moribonds dont les lèvres si pâles Revivent pour aimer !