‹ Les névrosesChapitre 8 sur 220 · LES PARFUMS · texte numérisé non relu

LES PARFUMS

Us font pour me bercer d'innombrables trajet» Dans l'air silencieux des solitudes mornes, Et là, se mariant à mes rêves sans bornes, Savent donner du charme aux plus hideux objets.

foute la femme aimée est dans le parfum tièd*^ Qui sort comme un soupir des ilacons ou des fleurs. Et l'on endort l'ennui, le vieux Roi des douleurs, Avec cet invisible et délicat remède.

Sois béni, vert printemps, si cher aux cœurs blessés, Puisqu'on ressuscitant la flore ensevelie Tu parfumes de grâce et de mélancolie Les paysages morts que l'hiver a laissé

Tous les cœurs désofés, toutes les âmes veuves Leur conservent un flair pieux, et l'on a beau Vivre ainsi qu'un cadavre au fond de son tombeau. Les parfums sont toujours des illusions neuves.

S'ils errent, dégagés de tout mélange impur. Rampant sur la couleur, chevauchant la musique On est comme emporté loin du monde physique Dans un paradis bleu chaste comme l'azur!

Mais lorsque se mêlant aux senteurs de la femme Dont la seule âcreté débauche la raison, Ils en font un subtil et capiteux poison Qu'aspirent à louas traits les narines en flamme.

LES AMES

C'est le Vertige, aux flux et reflux scélérats

Qui monte à la cervelle et perd la conscience,

Et l'on mourrait alors avec insouciance

Si la Dame aux parfums disait : u Meurs dans mes bras ! ■

Complices familiers des lustres et des cierges,

Ils sont tristes ou gais, chastes ou corrupteurs ;

Et plus d'un sanctuaire a d'impures senteurs

Qui vont parler d'amour aux muqueuses des vierges.

Par eux, l'esprit s'aiguise et la chair s'ennoblit ; Ils chargent de langueur un mouchoir de batiste, Et pour le sensuel et fastueux artiste, Ils sont les receleurs du songe et de l'oubli :

— Jusqu'à ce que l'infecte et mordante mixture De sciure de bois, de son et de phénol Saupoudre son corps froid, couleur de vitriol, Dvius le coffre du ver et de la pourriture.

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