LES POULICHES
A Aristide Prémine.
Frissonnantes, ridant leur peau gris-pommelé Au moindre frôlement des zéphyrs et des mouches. Les pouliches, non loin des grands taureaux farouches. Trottinent sur les bords du pacage isolé.
Dans ce vallon tranquille où les ronces végètent
Et qu'embrume l'horreur des joues appesantis,
La sauterelle joint son aigre cliquetis
Aui hennissements courts et stridents qu'elles jettenL
Dressant leurs jarrets fins et leur cou chevelu, Elles tremblent de peur au bruit du train qui passe Et leurs yeux inquiets interrogent l'espace Depuis Tarbre lépreux jusqu'au rocher velu.
Et tandis qu'on entend prononcer des syllabes Aux échos du ravin plein d'ombre et de fracas, Elles enflent au vent leurs naseaux délicats. Fiers comme ceux du zèbre et des juments arabes.
L'averse dont le sol s'embaume, et qui dans l'eau Crépite en dessinant des ronds qui s'entrelacent; Les lames d'argent blanc qui polissent et glacent Le tronc du jeune chêne et celui du bouleau ;