I ES POULICHES
Un lièvre qui s'assied sur les mousses crépues-, Des chariots plaintifs dans un chemin profond : Autant de visions douces qui satisfont La curiosité des pouliches repues.
Même en considérant les margols et les geais Qui viennent en amis leur conter des histoires, Elles ont tout l'éclat de leurs prunelles noires • C'est du feu pétillant sous des globes de jais !
Elles mêlent souvent à leurs douces querelles Le friand souvenir de leurs mères juments, Et vont avec de vifs et gentils mouvements Se mordiller le ventre et se téter entre elles.
Leur croupe se pavane, et leur toupet joyeux, S'échappant du licol en cuir qui les attache, Parfois sur leur front plat laisse voir une tache ■aie de poils blancs lisses comme des yeux.
Autour des châtaigniers qui perdent leur écorC'^ Elles ont dû passer la nuit à l'air brutal, Car la rosée, avec ses gouttes de cristal, Diamante les bouts de leur crinière torse.
Biais bientôt le soleil flambant comme un enfer Réveillera leur queue aux battements superbes Et fourbira parmi les mouillures des herbes urs petits sabots blonds encor vierges du fer.
LES REFUGES