Les névroses traumatiques, étude pathogénique & clinique
L’élude des névroses Iraumaüqucs offre actuellement un intérêt énorme à deux points de vue bien différents : la clinique et la médecine légale.
Les troubles nerveux consécutifs aux traumatismes ne présentent, en effet, pas seulement l’importance médicale pure des autres affections nerveuses, ils sont encore le sujet de procès très fréquents et souvent le point de départ de vives polémiques entre les experts nommés par les tribunaux.
Que de fois, -- nous en rapportons quelques exemples, — des contradictions flagrantes ont existé dans les rapports des médecins chargés de déclarer si un individu, victime d’un accident, mérite ou non une indemnité! Que de fois aussi, les experts ayant eonelu à une guérison certaine et rapide, ne vit-on pas la maladie aller en s’aggravant de plus en plus et amener même la mort du patient !
(]’est que l’accord est loin d’être établi entre les différents auteurs qui se sont occupés des accidents nerveux consécutifs aux traumatismes. Tandis que les uns considèrent tes névroses traumatiques comme étant de nature purement fonctionnelle, par suite éminemment curables, d’autres les croient d’origine organique, et par conséquent d’un pronostic grave. La confusion la plus profonde règne encore sur ta pathogénie des névroses traumatiques et cette confusion dépend, à notre avis, de l’exclusivisme des observateurs.
AVANT-l'HOPOS.
Un Iraumalisme s’accompagne parfois d’une émotion vive, comme il peut aussi être trop brusque, trop subit pour avoir impressionné le eerveau de celui qu’il atteint. Dans les deux cas. on peut observer des troubles nerveux consécutifs; mais seront-ils toujours semblables? Est-il permis, par exemple, d’identifier une affection se manifestant à la suite d’un accident de chemin de fer, d’une explosion, etc., avec une autre qui se produirait eonsécutivement à une brûlure, une morsure ou tout autre traumatisme insignifiant?
Évidemment non. La clinique établit clairement que les troubles nerveux se montrant a la suite de ees deux espèces bien différentes de traumatismes, sont loin d’être semblables.
Les premiers, ceux qui s’aceompagnent d’une commotion violente, qui agissent le plus souvent sans l’aide d’aucune émotion morale, sont excessivement graves, rebelles à tout traitement; ils suivent une évolution progressive que rien ne peut arrêter, qui se termine par la déchéance physique et intellectuelle et quelquefois par la
mort.
Les seconds, qui succèdent généralement à un traumatisme léger, s’aceompagnant d’une émotion morale vive, sont le plus souvent curables; ils ne mettent pas la vie du patient en danger.
Les uns présentent tous les caractères d une affection or"anique des centres nerveux, évoluant lentement, mais progressivement; les autres sont de nature purement fonctionnelle et ne correspondent, dans létat aetuel de la science à aucune altération anatomo-pathologique.
C’est’ en nous basant sur cette idée que nous avons divisé les troubles nerveux consécutifs aux traumatismes en deux catégories bien distinctes, suivant qu’ils dépendent ou non d’altérations matérielles du système nerveux.