Deuxième avis du C
« Examinons maintenant si V.... est bien affecté de neurasthénie, et à cet effet, passons rapidement en revue les stigmates de cette névrose, pour nous convaincre si on a pu les constater sur lui, en totalité ou en partie.
y> 1“ Céphalée. — V.... se plaignait au début de sa maladie d’une douleur frontale.
» 2® Insomnie. — A l’époque où je l’ai examiné, V — avait le sommeil difficile et pénible, son sommeil était interrompu par des réveils prolongés et traversés par des rêves effrayants, de véritables cauchemars. Il paraît que ce symptôme a beaucoup diminué depuis.
ÉTUDE PATIIÜGÉNIQUE ET CLINIOUE
» 3“ Dépression cérébrale. - Toujours au début de sa maladie, le plaignant ne pouvait fixer un objet, fût-ce pendant quelques secondes, sans éprouver aussitôt une sensation de malaise général et un sentiment d’étouffement et d’angoisse très pénible dont il s’inquiétait. En même temps que cette diminution de la faculté d’attention, il accusait un affaiblissement de la mémoire et une inaptitude complète au travail, phénomènes morbides qui avaient pour résultat de lui rendre tout effort intellectuel très difficile, sinon complètement impossible.
» 4® Asthénie neuro-musculaire. — 11 éprouvait constamment une sensation de lassitude; il sentait de la fatigue au moindre travail, après une promenade de quelques instants.
» 5® Rachialgie. — Je ne sache pas que le malade ait présenté ce symptôme.
» 6® Dyspepsie. — Ce symptôme a toujours été et est encore en ce moment le plus prédominant. Quelque temps après le repas, il lui survient au creux de l’estomac unesensation de pesanteur. Avec cela un certain sentiment de lassitude, de malaise général, la tête est lourde, les idées moins nettes; tout travail intellectuel devient pénible, et cela dure ainsi pendant deux ou trois heures. Quant à la durée de sa maladie, il est tout à fait impossible de la fixer a priori, cette durée étant sujette à trop de variations. La guérison peut se faire brusquement, sous l’influence d’une émotion vive, d’une puissante suggestion ; elle peut se faire lentement et progressivement.
» Enfin il est possible que la maladie reste indéfiniment stationnaire ou s’aggrave en vieillissant; mais nous manquons d’éléments nécessaires pour donner des indications précises à cet égard.
» Ninove, le 11 décembre 1892. »