‹ Les névroses traumatiques, étude pathogénique & cliniqueChapitre 30 sur 50 · I. — Hystérie traumatique locale · texte numérisé non relu

I. — Hystérie traumatique locale

On sait que dans cette variété de névrose traumatique il n’existe que des symptômes locaux de l’hystérie; le diagnostic ne peut donc se baser sur la recherche des stigmates, il doit reposer uniquement sur l’examen approfondi de la manifestation névrosique locale.

L’hystérie traumatique locale se manifeste par des paralysies flasques, des paralysies avec contractures et des arthralgies.

a. Paralysies flasques. — La paralysie traumatique est la plus fréquente des manifestations locales de l’hystérie se montrant à la suite des traumatismes. Il importe de ne pas la confondre avec certaines attections organiques du système nerveux. Un observateur superficiel pourrait croire à une névrite; or, dans la névrite, la paralysie et l’anesthésie qui l’accompagne présentent des caractères tout différents de ceux de la paralysie hystérique. Dans la névrite, la paralysie frappe les membres innervés par un nerf

ÉTUDE l'ATHOGÉMQUE ET CLINIQUE

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moteur; dans la paralysie hystérique, elle procède par segments de membre; de même, dans la première, l’anesthésie correspond è la distribution du nerf malade; dans la seconde, elle se limite par une ligne circulaire non en rapport avec les terminaisons nerveuses.

Cette anesthésie est complète pour le sens musculaire, la chaleur, la piqûre, le chatouillement chez les hystériques ; dans la névrite, la sensibilité est diminuée : il y a abolition de la douleur provoquée en même temps que douleur spontanée et persistance de la sensibilité profonde.

Les réactions électriques sont normales dans la paralysie hystérique ; elles sont altérées dans la névrite ; les réflexes sont abolis dans la première; ils sont normaux ou exaltés dans la seconde. En se basant sur l’examen de toutes ces particularités, nous croyons qu’il sera toujours possible de différencier la paralysie flasque hystérique d’une névritp.

Mais ne pourrait-on pas encore confondre la paralysie hystérique avec une myélite? Non, car il y aurait alors des atrophies musculaires considérables, des troubles trophiques certains, tels que des eschares, l’abolition des réflexes, des troubles graves de la nutrition et de la défécation; ou bien encore, si la myélite siège au renflement lombaire, une paraplégie spasmodique avec exagération des réflexes tendineux et trépidation spinale, etc.

Reste enfin l’hypothèse d’une lésion cérébrale. Une hémiplégie hystérique peut-elle être prise pour une hémiplégie cérébrale? Le ^igne différentiel le plus caractéristique de ces deux affections est que dans la première il n’y a jamais de paralysie faciale, laquelle ne manque jamais dans la seconde : il peut certes y avoir une déviation de la face et de la langue dans l’hémiplégie hystérique, mais cette déviation est due à un spasme glosso-labial bien différent de la véritable paralysie faciale. De plus, l’hémianesthésie organique n’atteint pas le sens musculaire comme l’hémianesthésie hystérique.

Les paralysies saturnines et alcooliques se caractérisent par l’altération de la contractilité électrique qui n’existe jamais dans la paralysie hystérique.

Les paralysies consécutives aux maladies aiguës, les paralysies syphilitiques et rhumatismales se distinguent assez facilement par l’examen des phénomènes existants et des commémoratifs.

DES NÉVItOSES TRAUMATIQUES.

b. Paralysies avec, contractures. — La contracture hystérique pourrait être confondue avec une rigidité musculaire dépendant d’une myosite. Dans ces cas, on trouve presque toujours une contusion violente, une plaie, avec section plus ou moins complète des nerfs, réaction de dégénérescence et changement de la coloration de la peau. Celte myosite présente un aspect franchement inflammatoire qui la distingue nettement de la contracture hystérique.

On pourrait encore confondre la contracture hystérique avec celle de Volkmann (1), qui s’observerait à la suite des troubles de la circulation artérielle, provenant de l’application d’un bandage trop serré; pour Volkmann et Leser (2), cette contracture résulterait de l’ischémie du membre et serait comparable à la rigidité que produit la ligature de l’artère principale d’un membre. Charcot (3) a fait remarquer que cette contracture ischémique n’est que le diminutif de la rigidité cadavérique.

Cette contracture ischémique se distingue nettement de la contracture hystéro-traumatique :

1” Parce que, dans la première, les réactions électriques sont profondément modifi ées, tandis que dans la seconde elles sont à peu près normales ;

2° Parce que la première ne se résout pas pendant le sommeil chloroformique, tandis que la seconde disparaît sous l’influence de cette anesthésie.

La contracture hystéro-traumatique ressemble plus à celle qui se montre à la suite des lésions cérébrales entraînant la dégénération secondaire du faisceau pyramidal. Toutes deux, en effet, portent à la fois sur les groupes musculaires antagonistes (fléchisseurs et extenseurs), toutes deux aussi se résolvent par la chloroformisation. Cependant, la première est plus marquée, elle persiste pendant le sommeil normal, elle s’accompagne de troubles profonds de la sensibilité, tandis que la seconde est moins forte, elle diminue pendant le sommeil et même plusieurs heures après le réveil, elle ne présente pas une anesthésie aussi complète.

c. Arthralgies. L’arthralgie hystéro-traumatique ressemble

U) Volkmann. Die ischoemUchen Muskellahmungen, etc. (Ceniralbl. f. Chir I88t n® M.) ' " '■

(•2, Leser. Untermchungen über ischoemischen Muskelcontr., etc. Leipzig, -1884.

(3) Charcot, in Progrès, méd., 23 octobre 1886.

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souvent ù s’y méprendre à une lésion grave de l’articulation. 11 faudra tout d’abord étudier l’évolution de la maladie qui, dans le cas d’arthralgie, succède assez rapidement à un traumatisme insignifiant. On constatera ensuiteque la chloroformisation résout la contracture hystérique, que les surfaces articulaires glissent sans bruit; on remarquera l’hyperesthésie cutanée limitée par une ligne régulière qui circonscrit un segment de membre.

En examinant attentivement le malade, il sera possible, dans la plupart des cas, de différencier l’arthralgie hystéro-traumatique des arthrites graves.

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