‹ Les New-YorkaisesChapitre 11 sur 20 · î ue · texte numérisé non relu

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interminable dans un cauchemar ; une heure vide béait devant Pauline comme un précipice aux bords effondrés. Elle se mit à se demander nerveusement avec quoi elle pourrait bien l’'emplir — s’il n'y avait pas une avantpremière de film, ou bien un défilé de couturier, ou alors une exposition de matériel d'hygiène où elle pourrait courir avant que l'aiguille ne marque l'heure de son prochain rendez-vous. Elle consulta sa liste pour voir de quel rendez-vous il s'agissait.

«11h45, Mrs. Swoffer. »

Ah, oui... Mrs. Swoffer. Maisie Bruss lui avait rappelé ce nom en début de matinée. Elle se sentit aussitôt soulagée. Seulement, qui était Mrs. Swoffer ? Était-ce la présidente de la Ligue des pacifistes militants, ou la déléguée de la fête des Anciens Combattants, ou la représentante de la religion du Nouvel Espoir, ou cette femme qui avait découvert une merveilleuse formule pour effacer les rides aux coins des. yeux ? Maisie n'était pas là pour répondre; elle était sortie faire une course urgente. Enfin, quelle que fût sa fonction Mrs. Swoffer, serait la bienvenue - surtout si elle arrivait en avance. Ce qui fut le cas. |

C'était une petite femme dodue d’un âge indéfinissable, avec des cheveux d’un blond fané et des traits indisciplinés maintenus par un pince-nez secourable. Elle demanda à Pauline la permission de lui tenir la main un moment en la regardant pour l’admirer; elle avait lu dans le journal son discours pour la fête de la Maternité; cette raison induisit Pauline à accepter sans trop de réticence.

Mais ce n'était pas pour cela qu'était venue Mrs. Swof-

fer; elle précisa que cette étreinte était simplement une fleur qu'elle voulait cueillir en passant... une rose encore nimbée de rosée. La dame ôta son lorgnon pour l’essuyer, et comme pour montrer d'où venait la rosée. « Vous avez parlé au nom de tant d’entre nous!», fit-elle dans un souffle. Et elle reprit la main de Pauline pour la presser de plus belle.

Cependant, c'était pour parler des enfants qu'elle était là; et les enfants allaient vraiment bien avec les mères, non ? Seulement, elle voulait éduquer les mères à travers les enfants - renverser le processus habituel: Elle avait foi dans le renversement de presque tout. Par exemple, se tenir la tête en bas et les pieds en l'air était un exercice physique des plus reconstituants; il fallait faire de même mentalement et moralement; c'était une bonne chose de mettre son âme sens dessus dessous. Donc, à propos des enfants...

- Il fallait former une ligue - une énorme ligue internationale - contre l'antique et affreuse coutume de dire aux enfants qu'ils étaient vilains. Mrs. Manford avaitelle jamais douté de l’abomination de dire à un petit être pur et innocent qu'il existait au monde quelque chose comme «être vilain » 2 Car ainsi, quelle idée faisait-on germer dans sa tendre cervelle ? L'idée la plus épouvantable qui soit, l’idée qu'il puisse exister de la Laideur et de la Méchanceté sur terre.

Mrs. Manford comprendrait naturellement l’avantage de se débarrasser de l’idée de Méchanceté. Comment pourrait-il y avoir des hommes méchants, s’il n’y avait pas d'enfants méchants ? Et comment pourrait-il y avoir des enfants méchants, si on n’inculquait pas aux enfants l’idée qu'il puisse exister une chose comme la méchanceté ? Il y avait cette femme remarquable + Orba Clapp, Mrs. Manford en avait sans aucun doute entendu parler - qui lançait un gigantesque mouvement mondial pour le boycott des fabricants et des vendeurs de jouets militaires, soldats de plomb, carabines à pétard, pistolets à eau, et ainsi de suite. C'était un grand début, et plusieurs gouvernements soute: naient déjà ce mouvement : les Philippines, et peutêtre le Monténégro, pensait Mrs. Swoffer. Cependant, selon elle, ce n'était qu’un commencement : elle avait beaucoup de respect et d'affection pour Orba Clapp, mais, franchement, elle ne pouvait pas dire que son projet allait assez en profondeur. Elle, Mrs. Swoffer, 120 Ly5E SPORT

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voulait pénétrer jusqu’au fond de l'âme : de l’âme collective de tous les petits enfants. Le grand Maître Alvah Loft... Mrs. Manford le connaissait sûrement ? Non? C'était très surprenant qu'une femme comme Mrs. Manford — «une de nos lumières directrices » — n'ait jamais entendu parler d’Alvah Loft. Pour sa part, elle lui devait tout. Personne ne l'avait éclairée autant que lui : il l'avait arrachée au gouffre noir du scepticisme. Mais comment, Mrs. Manford ne connaissait pas ses livres, pas même Nettoyage spirituel par le vide et Plus loin que Dieu ?

Pauline avait un peu perdu le fil quand il s'était agi des enfants. Elle pouvait venir en aide, bien sûr; prêter son nom, cotiser. Mais cette corde avait été tellement sollicitée qu'elle ne rendait qu’une note assourdie; tandis que le nom d’un nouveau Messie réveilla aussitôt son attention. Plus loin que Dieu était un titre superbe; elle demanderait à Maisie de téléphoner tout de suite pour commander les livres. Mais qu'enseignait donc Alvah Loft ?

Un éclair inspiré brilla sur les lunettes de Mrs. Swoffer. «Il n’enseigne rien, il ne professe rien, il refuse

absolument d’être considéré comme un professeur. Il dit qu'il y en a déjà trop. C’est un Guérisseur inspirationnel. Ce qu'il fait, c'est agir sur vous... sur votre esprit. Il soulage les frustrations. »

Les frustrations! Le mot captiva Pauline. Il n'était

pas nouveau pour elle; son vocabulaire était assez étendu, bien plus, en fait, que celui des amies de sa fille, dont le registre se limitait strictement à la danse et au sport; mais chaque fois qu'elle entendait un terme

‘familier présenté comme s’il avait un sens occulte et insoupçonné, il la fascinait comme une fiole emplie d'un remède miracle.

Les lunettes de Mrs. Swoffer suivaient le cours des pensées de Pauline. «Me permettez-vous de vous par-

ler comme à une vieille amie ? Au moment même où

Fi pyous ai pris la main, j'ai su que vous souffriez de

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frustrations. Pour les disciples d’Alvah Loft, les symptômes sont indubitables. Parfois, je préférerais presque ne pas être aussi clairvoyante… car alors on a une telle envie de venir en aide.

— J'ai en effet besoin d'aide, murmura Pauline.

— Naturellement, vous en avez besoin, roucoula Mrs. Swoffer. Et c'est de son aide que vous avez besoin. Vous connaissez ces merveilleux magasins de chaussures où on trouve des formes et des tailles exactement adaptées à tous les types possibles de pieds humains ? Eh bien, Alvah Loft est comme ça; il a un traitement pour tous les types de frustrations. Évidemment, ajouta-t-elle, il n’a pas du temps pour tout le monde; * il est obligé de choisir. Mais vous, il vous prendra tout de suite. » Elle recula d’un pas, comme pour engloutir Pauline dans les sables mouvants de ses lorgnons. «Vous, vous êtes spirite, fit-elle à voix basse.

— Je crois, en effet, reconnut Pauline. Mais.

— Oui, je sais. toutes ces frustrations! Toutes ces choses que vous sentez devoir faire, et que vous ne pouvez pas faire. c'est ça, n'est-ce pas ? » Mrs. Swoffer se leva. « Chère amie, venez avec moi. Ne regardez pas votre montre. Venez, tout simplement ! »

Une heure plus tard, Pauline, rafraîchie et revigorée, descendait d’un pas sautillant les marches de la maison en grès où l'avait reçue le Guérisseur inspirationnel. Cela valait la peine d’avoir annulé trois ou quatre rendez-vous, pour retrouver cette sensation de liberté morale. Comment se faisait-il qu’elle n'ait pas entendu parler d’Alvah Loft plus tôt? Sa méthode était tellement plus simple que celle du Mahatma : pas de gymnastique rythmique, pas de vie communautaire, pas de respiration mentale en profondeur, ni de mots compliqués à retenir. Alvah Loft vous arrachaïit tout simplement vos frustrations, comme on opère des végétations; ça. ne durait pas dix minutes, et c'était parfaitement indolore. Pauline avait toujours pensé que le Messie qui réduirait son message à la forme d’un prospectus publi-

La

citaire dépasserait tous les autres; et c'était ce qu'avait fait Alvah Loft. Il vous accueillait dans l’arrière salle d'un hôtel garni, avec des touffes d'herbe des pampas sur la cheminée, tandis que des rangées de patients attendaient leur tour dans une pièce contiguë. Vous lui disiez ce qui vous tourmentait, et il vous expliquait que c'était seulement une frustration, qu’il pouvait vous en guérir, faire en sorte qu'elle n'existe pas, grâce à cinq minutes de communication silencieuse. Assis en face de vous, il vous tenait le poignet, très légèrement, comme s'il vous tâtait le pouls, puis il vous disait de fixer des yeux une liste de préceptes d’almanach accrochée au mur derrière lui, après quoi il déclarait : «Vous êtes un bon sujet. Les frustrations ont toutes disparu. Rentrez chez vous, et vous recevrez une bonne nouvelle avant le dîner. C’est vingt-cinq dollars. » Puis un jeune homme au teint terreux et aux cheveux anémiques, qui attendait dans le couloir, ajouta : « Pressons un peu, s’il vous plaît », et il fit sortir Pauline en la tirant par le coude.

Bien sûr, elle n'était absolument pas crédule de nature; elle se vantait de tout passer au crible de la raison. Mais, quand même, comme elle se sentait légère en descendant les escaliers! C'était merveilleux! Cette euphorie persista durant toute la journée, peut-être renforcée par une lecture attentive des articles sur la «conférence de la fête de la Maternité », scrupuleusement classés par Maisie Bruss. Alvah Loft avait dit à Pauline qu'elle recevrait une bonne nouvelle avant le dîner, et par conséquent, quand elle se rendit dans son boudoir, en fin d'après-midi, elle jeta un regard avide sur son bureau, comme pour y trouver une révélation.

Et elle en trouva une, sous la forme d'un message noté au téléphone.

«Mr. Manford rentrera vers sept heures. Il aimerait vous voir quelques minutes avant le dîner. »

Il était près de sept heures; Pauline s'installa à côté du feu pour parcourir le journal du soir. Elle avait rare-

ment le temps de faire cela, mais, ce jour-là, il pouvait. y avoir quelque chose sur la conférence de la fête de la Maternité; et sa sérénité récemment retrouvée lui rendait vraiment agréable de rester tranquillement assise à attendre son mari.

«Dexter... comme tu as l'air fatigué! » s’écria-t-elle quand il entra. Elle vit là aussitôt l’occasion de faire allusion au nouveau guérisseur, mais la sagesse lui conseilla une politique d'attente, donc elle posa son journal avec un sourire interrogatif.

Manford, selon son habitude, secoua ses épaules avec impatience. « Tout le monde par ici a l'air fatigué à la fin de la journée. C’est l'effet de New York, j'ima- * gine.» Il se laissa tomber dans le fauteuil en face d'elle, et regarda fixement le feu.

«Je voulais te voir pour parler de projets... une petite réorganisation, commença-t-il. C’est tellement difficile de trouver une minute de calme.

— En effet. Mais nous ne sommes pas pressés. Les Delavan ne dînent pas avant huit heures et demie.

— Oh, nous allons dîner là-bas ? » Il prit une cigarêtte:

Elle ne put pas s'empêcher de dire : « Je suis sûre que tu fumes trop, Dexter. Tu es nerveux à cause de ce magazine.

— Oui, peut-être. Mais voilà ce que je voulais dire : j'aimerais que tu demandes à Lita et au petit de venir à Cedarledge pendant que Jim et Wyant seront dans

‘île. »

C'était une surprise; mais elle l’accueillit en gardant une mine imperturbable. «Bien entendu, si tu veux. Mais crois-tu que Lita acceptera de rester seule ? Tu seras en train de pêcher le tarpon, Nona doit aller passer quinze jours à Asheville pour se changer les idées, et j'avais l'intention... » Elle s’interrompit brusque-. ment. Car ce dont elle avait eu l'intention, bien sûr, c'était de faire une cure de repos à Dawnside.

Manford fronça les sourcils en ne quittant pas les

flammes des yeux. « Pourquoi n’irions-nous pas tous à Cedarledge ? reprit-il. Quelqu'un devrait s'occuper de Lita en l'absence de Jim. Sinon, je ne crois pas qu'il partirait avec Wyant. Elle est éreintée sans le savoir, et, étant donné les crétins qui l'entourent, la seule façon de lui permettre de se reposer vraiment, c’est de l’emmener à la campagne avec le petit. »

Le visage de Pauline s’illumina d’étonnement et de joie. «Oh, Dexter, vraiment. tu viendrais à Cedarledge pour Pâques ? C'est magnifique! Comme tu dis, rien ne vaut la campagne. »

Elle chantait déjà intérieurement les louanges d’Alvah Loft. Passer les vacances de Pâques à la campagne, tous ensemble. depuis combien de temps n’avait-elle pas connu cela ? Elle avait toujours considéré de son devoir de pousser Dexter à s'éloigner de la famille dès qu'il en avait la possibilité; à voyager, à chasser, à pêcher, à ne pas s’estimer enchaîné à elle. Elle obtenaitenfin sa récompense : il proposait de son propre chef de se réunir pour une quinzaine de jours. Elle sentit son cœur se ramollir : l’armure rigide des contraintes qu'elle s’imposait se défaisait, une vapeur radieuse brouilla sa vue devant le feu. «Ce sera délicieux », murmura-t-elle.

Manford alluma une autre cigarette, dont il tira des bouffées en silence. Lui aussi avait l'impression qu'un poids lui était ôté; mais il semblait encore sombre et préoccupé. Pauline se dit qu’elle aurait peut-être l'occasion de lui glisser un mot sur Alvah Loft avant la fin de leur conversation ; elle était persuadée que Dexter

verrait les choses très différemment si on le soulageait de ses frustrations.

Finalement, il déclara : «Je ne vois pas en quoi ça devrait modifier tes projets. Tu n'avais pas l'intention de faire une cure de repos?»

Il avait également songé à ça! Elle éprouva un nouveau frisson de gratitude. Comme elle avait été sotte de douter un seul instant des Voies de la Providence,

et de la résolution de toutes les discordes dans l’'Harmonie supérieure !

«Oh, ma cure de repos n’a pas d'importance! Le meilleur repos pour moi, ce sera d’être avec vous tous à Cedarledge. »

Elle trouvait que la sollicitude manifeste de son mari était plus apaisante que n'importe quel remède, plus magique, même, que la communion silencieuse d’Alvah Loft. La seule chose dont elle avait manqué, peutêtre, durant toutes ces années, c'était de sentir que quelqu'un s’inquiétait d'elle comme elle-même s'inquiétait de l’univers.

«C'est terriblement généreux de ta part, Pauline. Mais faire marcher une grande maison n’a jamais été très reposant. Nona renoncera à Asheville pour venir s'occupèr de nous à Cedarledge. Tu ne dois pas changer tes projets. » <

Elle eut un petit sourire. « Mais je dois, mon petit. J'avais en effet l'intention d'aller à Dawnside, mais maintenant, étant donné les circonstances. »

Manford se leva pour aller s'appuyer contre la cheminée. « Mais non, rien n'empêche, fit-il.

— Rien n'empêche? » s'étonna-t-elle.

Il saisit une statuette de bronze, et la caressa d’un air absent. « Oui, si tu penses que ce type te fait du bien. J'ai réfléchi à ce que tu as dit l’autre jour. et j'ai décidé de demander aux Lindon de ne pas agir... trop précipitamment… » Il se racla la gorge et remit la statuette sur la cheminée. «Ils ont abandonné l’idée.

— Oh, Dexter. ! » Elle bondit, les yeux au bord des larmes. Il avait donc réfléchi à ce qu’elle lui avait dit. et, pendant ce temps, elle le trouvait brutal et sarcastique ! Elle sentit son cœur palpiter d’un bonheur où se mêlaient subtilement l'amour émerveillé et la vanité satisfaite. Après tout, ce dont sa vie avait réellement. manqué, c'était peut-être quelque chose de bien plus simple que toutes les activités compliquées dont elle l'avait remplie.

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« Je suis tellement contente», reprit-elle, ne sachant que dire d'autre. Elle avait envie de lui tendre les bras, de l'inviter à un geste de réciprocité. Mais il regardait déjà sa montre. « Parfait, parfait. Oh, bon sang... nous allons être en retard pour le dîner... et après, il y a opéra, n'est-ce pas ? »

Il ferma la porte derrière lui. Elle resta un instant immobile, saisie par une étrange sensation de présence dans la pièce — quelque chose de vif et frais comme une bourrasque de printemps. Ce devait être le bonheur, pensa-t-elle.

« Oui, ce matin, je pense que vous pouvez la voir. Elle a l'air beaucoup mieux... elle n’est pas si affreusement pressée, veux-je dire. »

Pauline, du fond de son dressing-room, entendit Maisie Bruss. Elle sourit à cette description de son état, eut une pensée de gratitude pour Alvah Loft, et lança : «C'est Nona ? Je serai prête dans une minute. Le temps de terminer mes exercices. »

Elle fit son apparition, fraîche et gazouillante, dans un peignoir gorge-de-pigeon, et tendit à Nona une joue lisse. Miss Bruss s'était retirée, et mère et fille avaient pour elles seules la pièce ensoleillée, pleine de fleurs et de parfum de feu de bois.

«Tu as une mine superbe, maman! Vraiment transformée ! Tu as essayé de nouveaux exercices ? »

Pauline sourit et s'étendit confortablement parmi les coussins de son divan. Elle tira sur ses pieds la douce couverture molletonnée.

«Non, ma petite. c’est seulement que... je comprends un peu mieux, je pense.

— Tu comprends mieux ?

— Oui... je comprends que les choses vont toujours bien si on garde confiance et courage. |

— Oh...!» Pauline crut percevoir une nuance de dépit dans la voix de Nona. Pauvre Nona - sa mère savait depuis longtemps qu’elle n’éprouvait aucun

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