‹ Les nezprecésChapitre 18 sur 23 · AA · texte numérisé non relu

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Ayant lougé un village indien, bâii au-dessos de la cascade des Chaudières^ Xavier, Merellmn et le fidèle nègre ne tardèrent pas à découvrir le port vers lequel tendaient leurs vœux depuis si longtemps déjà.

C'était le fort Colville, élevé au centre d'une cbarmanle prairie toute chargée des trésors de la nature et entouré d'une ceinture de collines qui Tabrite contre les affreux ouragans dont cette région est trop souvent le théâtre.

Ils y touchèrent après avoir traversé la rivière Thompson.

Cet établissement, formé à deux cent cinquante

lieues environ de Teinbouchure de la Colombie, est une propriété de la Compagnie de la baie d'Hudson. Si à Tépoque de notre récit il n'avait pas toute l'importance qu*il a maintenant, c*était cependant déjà une factorerie .assez considérable, mais dont les chefs faisaient plutôt la traite de hi chair de bufBe et du saumon boucané que celle des pelleteries.

Le fort proprement dit se compose d'uue enceinte palissadée, haute de vingt pieds, bastionnée aux angles

et munie de vieilles coulevrines.

A rintérieur s'étendaient les magasins de la tompagnie, les cliantiers, les logements des chefs facteurs, des commis, des engagés et un hangar spécial réservé aux aventuriers peaux-blanches et peaux-

rouges, qui, chaque soir, venaient demander l'bospîlalité. •

£t ou l'accordait sans difficulté, .cette hospitalité. Ennemis ou amis étaient reçus. Comme dans rantiquité, comme dans les tribus indiennes, une fois le seuil passé, Fhôte, quel qu'il fût, était sacré. Aussi trouvait-on dans les caravansérails du désert américain les assemblages les plus bizarres, les couleurs les plus disparates, les hétérogénéités les plus sanglantes.

C'était un bruit, une confusion, un toliu-bohu à épouvanter tout autre que les rudes voyageurs, ces iûfaiigables pionniers qui parcourent le Nord-Ouest américain.

Pour les idiomes, vous étiez transporté aux temps et autour de Babel.

Des costumes je ne vous parlerai point, sinon pour vous dire que, depuis le très-naturel costume de notre respectable aïeul Adam, jusqu'à celui du fashionable londonnais moderne, la plupart des accoutrements connus faisaient habituellement leur montre, chaque année, dans la grande salle du fort Colville.

Et Ton festoyait en compagnie; blancs, rouges, noirs, cuivrés, rien n*y faisait* Beau communisme, ma foi! Rarement on se disputait, même après boire; bien plutôt Ton chantait et l'on dansait, au son d'une • musique inimaginable, tirée d'instruments outrés de se rencontrer ensemble; ce qui n'empêchait pas la gattê

d^aiguiser ses joyeux propos , d'allumer ses pétillants éclats de rire ; mais une fois dehors^ ah ! dame, ça changeait quelquefois.

Rien n'est immuable en ce monde, pas même dans le Sahara de l'autre hémisphère.

La porte de Tenceinte du fort franchie, trêve de Dieu et trêve de Manitous expiraient.

Au plus robuste ou au plus fin l'avantage de continuer les libations de la veille, mais au plus faible ou à rinhabile le triste lot de payer, comme on dit chez nous, les pots cassés ^ car, indépendamment des antipathies de race, des vieilles inimitiés, les querelles surgissaient souvent à l'intérieur dans ces réunions de gens cosmopolites; les rixes, jamais! Elles étaient strictement défendues. Et deux individus eu venaientils aux mains pour une cause ou pour une autre, on les chassait sans pitié et sans s'inquiéter s'il pleuvait, tonnait ou gelait.

Beau temps, que celui-là, pour les hardis chasseurs nord-ouestiers, comme on les appelait 1 .

Aujourd'hui ces coutumes s'effacent; l'hospitalité est encore pratiquée dans le désert , mais c'est une hospitalité parcimonieuse, que la Compaguie de la baie d*Hudson n*octroie que sous bonne recommandation et en échange d'une somme d'argent fort raisonnable , quand on ne £ut point partie de son personnel.

Pelit-fils d'un des principaux ehefs-facteurs, Xavier Cberrier tut parfaitement accueilli au fort Colvillc , et Mcrellum, célèbre depuis longtemps dans la Colombie comme souveraine de .Clallomes, y fut l'objet d'une attention toute spéciale.

Le commandant du poste était, du reste, un homme aussi aimable que brave, qui s'acquittait de ses devoirs avec une urbanité rare dans ces pays incivilisés.

11 lit donner à chacun des jeunes gens une chambre particulière et tout ce qui pouvait contribuer à les remettre des cruelles fatigues qu'ils avaient endurées en traversant la Grande-Coulée.

Xavier et jtferellum résolurent de passer un mois au fort, pour attendre qu'ils fussent tout à fait rétablis.

Peu de temps après leur arrivée, ils assistci eut à Touverture d'une des vastes caves dans lesquelles la Compagnie delà baie d'Hudson conserve des centaines de buffles coupés par morceaux, pour être convertis en pemmican et expédiés sur les différents portes de ses immenses territoires.

Ces caves sont bâties avec de la glaise, à dix ou douze mètres au-dessous du niveau du sol, et, après un carnage (1) de bisons, avant l'hiver, on y entasse les carcasses, entre des glaçons, jusqu'à ce qu'elles soient pleines. Alors elles sont bouchées poui^ n'être rou-

(1) Voir la HwrotmÊ,

vertes qu'en été, lorsqu'on a besoin de la viande. Chacune peut contenir cent bétes dépecées. Et ce moyen de préservation est si parfait, qu^au bout de deûx'ans de séjour les chairs déposées dans les glacières sont encore fraicheset excellentes au goût.

La câve ayant été mise à jour, on en retira une grande quantité de quartiers de buffles, qui furent laillés en tranches très-minces. Avec la peau, on fit des sacs longs de trois pieds environ, sur un et demi de diamètre.

Dans des chaudières suspendues sur des bûchers en plein air houillaii la graisse des animaux.

Quand elle fut jugée à un degré d*ébullitiou conveuable, on la versa, au moyen d'une poche, dans les sacs avec des tranches de viandes, en proportion d'une livre du viande pour un quart de graisse à peu près. Ceci tenniné, les sacs furent .liés, pressés et fortement ficelés.

Ainsi façonnés comme de gros saucissons, ils pe* saient une quarantaine de livres et constiluaient ce que les trappeurs appellent un taureau. Les taureaux furent ensuite portés dans les séchoirs, sorte d'appentis k claire-voie, où étaient pendus à des perches des milliers de saumons, fendus en deux, et qui provenaient de la pêcherie établie au pied de la chute des Chaudières.

Le spectacle de cette préparation, faite au milieu

des chants et des rires de toute la populatioa du fort, intéressa fut Xavier €herrier«

Merellum elle-même y prit plaisir, car c'était la première fois que, depuis sou bas Age, elle se trouvait en aussi grande et aussi joyeuse compagnie de gens de sarace.

Pendant qu'on étendait les taureaux de pemmican pour les faire dessécher, ou qu'on les chargeait sur ces étranges chariots tout en bois (sans qu'un seul morceau de métal entre dans leur constmetion), les seuls en usage sur le territoire de la baie d'Hudson, pour les transporter auY divers postesde la Compagnie, le chef-facteur proposa aux deux jeunes gens de les conduire à la pèche au saumon, qui avait lieu aii bas des chutes de la Chaudière.

Je n'ai pas besoin d'ajouter que Xavier accepta avec joie. *

La Petite-Hirondelle aimait trop à le voir heureux pour ne pas être contente de ce qui le mettait en gaité. Elle connaissait la pêche au saumon, l'avait souvent pratiquée, et n'était pas fâchée de déployer son adresse aux yeux des Canadiens.

Il n'y a guère que deux milles et demi du fort aux chutes, dominées par le village indien des Quiurlapi (peuplade au panier), qui se sont arrogé le monopole de la pêche en cet endroit de la Colombie.

Ces Peaux-Rouges obéissent à deux chefs, l'un

préside h la diasse, rwitre k k péèhe: Nid n*a le

droit de se livrer à ces exercices saos leur auiorisatéoo. L'un et Tautre se réserveBl lesmeilleurs mor^eaiix^ les plus belles proies.

Leur pouvoir est sans bornes. J'ai ouï dire qu'ils ehercbaient à Tétendre sur les blancs qui babiient le voisinage. J'en doute; mais, quoi qu il en soit, les employés des forts Golville et Okanagan ne se periuettaient pas alors de pécher le saumon sans le consentejueut du chef des eaux.

. Un mois ou six semaines avant que d'accorder à qui que ce fût ce consentement, lui-ffléme dressait au pied de la cascade sa vaste trappe à pécher.

C'est un appareil en o»er, à claire -voie, ayant la figure d'une nasse ou bire, dontroritice embrasse plus de cinquante pieds de circonféraice.

On le place dans le fleuve, sous la ciiute, de façon à ce que la nappe d'eau tombe perpendiculairement dans rouverture^ au-dessus de laquelle on fixe, à sept ou huit pieds, une sorte de charpente en bois.

Quand arrive le saumon, vers le commencement de saantylka, (1) c'est-à-dire de juillet, après avoir

(f) L'Mttée des sanvages de la Golonbie est avasi divisée.en * douze, mois, dont voici les noms :

Sustiki (glace). Janvier.

Squasus (froid), Févrirr.

SkiBiramea (sorte (i'Itei'besj. Mars.

remonté toute la Colombie depuis remI)ouchure, il est excessivement ùtigué par sa longue navigation à travers les nombreuses et rapides cascades qiril a dû fi anchir.

La plus rude épreuve l'attepd à la Chaudière ; car là, il lui faut faire une suite de bonds de soixante pieds de haut pour atteindre le sommet de la chute, d'où il ne redescend plus, dit-on, lorsqu'il a réussi à Tescalader. *

c Lès saumons remontent en juillet, écrit M. Paul Kane, et pendant deux mois ils affluent en masses incroyables. Ils ressemblent à une bande d'oiseaux au moment où ils font ce saut énorme pour rcmouter les chutes; le défilé commence à Faurore et ne cesse qu'à la nuit tombante. Le chef me dit qu'il avait pris, en un jour, jusqu'à dix-sept cents saunons, chacun pesant trente livres en moyenne. L'un daus l'autre, chaque journée de pèche à la trappe du chef est de quatre cents poissons. »

Ou peut juger par là de la prodigieuse quantité de victimes faites chaque année par les seuls Indiens

Skapntsi (départ de la neig«u Avril. •

Staqumanos (racine aoière). Mai.

Uzwa (racine dekamassas). Juin.

Saantylka (chawl). Joillet

Selamp (orageux)» Aoat^

Sluilacs (fin du saumon). Sefitembro.

Sttàt (}knt fljbebe). Oclohra.

Kinni-Ayligatin (conslrucUon des loj^es). NoYeinlNre.

Kamakwala (lane de neige). Décembre»

Qttiarlapi, car, après Fexpiralion de soh mois privilégié, le chef abaudaiwe ses droits^ le poisson deyeDaui plus maigre et plus cbéiif* Alors tous ceux qui veulent pé* cher le peuvent. Ils font usage de nasses plus étroites que celle du chef ou se senreut de¥«rpous qu'ils manient avec beaucoup de dextérité. Us o^pUurent ainsi jusqu*à deux cents poissons par jour. D^autres tendent dans les rapide» de petits filets à main, où les saumons se prennent en foule h la surface de l'eau. Ces filets sont arrangés de façon que le poisson, une fois * entre, fasse par ses efforts tomber un petit bâton qui en tenait Torifice développé avant qu*il ne s'y intro* duisil. Le poids du saumon sufût alors à faire fermer Touverture île Tengin, comme une bourse, et on s'empare aisément du captif.

Le saumon constitue presque le seul aliment des Indiens de la Colombie méridionale : une pêche de deux mois fournit à leur consommation de toute l'an* née. Pour le préparer et le sécher, on commence par lui fendre le dos» puis on fend encore chaque moitié séparémeut, ce qui rend les fractions assez minces pour sécher en qoatue Du cinq jours. On enveloppe ensuite les poissons dans des nattes de jonc ou d'herbes, de façM à former des paquets de quatre-vingt^x à cent livres chacun, lesquels sont cousus et placés sur des. échafauds' afin de les mettre k l'abri de la voracité des chiens.

« Les Ghualpms (1)^ ajoute Paul iCaiie dans son intéressante relalion, les Ckualpais pourraient, s'ils le voulaient, prendre une quantité de saumons beaucoup plus grande; mais, <u)mme le chef me le fit remarquer, s'ils prenaient tous ceux qui Offrent •à eux, il ne resterait rien pour les lQ4ieu& de la partie inférieure du fleuve, de sorte quils se conlenlcnt de fourvoir slridemenl à leurs besoins. »

Cette assertion a pu erre faite à l'aventureuv ariiste * canadien, mais elle est fausse; cac les Oniurlapi yen** dent ou échangent aux aijfonts de la Compagnie de la baied'Uudson un nombre considérable de saumons; et d'ailleurs, comment ceux qu'ils laisseraient volontiers échapper par un sentiment de prévoyance et de commisération complètement étranger à la race rouge, pourraient-ils être de quelque utilité « aux Indiens de la partie inférieure du fleuve, d puisqu'il est notoire (et Kane rassure lui-même)- que tons les saumons remontent la Colombie au delà de la chute delà Chaudière pour ne pins redescendre?

Au reste, avant d'atteindre ce point, une terrible guerre ne leur a-t<^lle pas été faite.par tes Indiens de la partie inférieure eux-mêmes qui, tout aussi bien que et avant les Quiurlapi, profitent de ré])0(pie dit frai pour s'approvisionner de saumon, soit à la pointe

(t) Orthographe ét prononçiaUon vicieuses do mot«Quiuilapi.

Astoria, soit près du fort Vancouver,* soit à la dalle des Morts, soit au saul du Piètre.

Les chutes de la Chaudière sont, il est vrai, Teodroit

par excelleuçe pour la péctie du saumou, et cette pédiê est accompagnée de cérémonies fort réjouissantes. Durant ies premiers jours, les ûuiurlapi y procèdent après s'être couvert le visage de masques grotesques (i) en écorce de cèdre, puis roulés, tout oints • de graisse, sur des couches de plâtre en poudré, ce qui leur donne l'apparence de véritables fantômes.

Xavier Ghmier ne revenait pas de Témervallement que lui causaient ces bandes de spectres blancs qui erraient silencieusement sur les bords de la Colombie, quand ils arrivèrent, accompagnés du chef facteur, au bas des chutes de la Chaudière, vers cinq heures du soir.

Le soleil resplendissait dans toute sa majesté ; el, glissant obliquement sur Ténorme nappe d*eau qui se tordait en grondant sourdement entre ses encaissements de quartz, et dispersait dans 1 air des nuages d*une poussière plus étiûcelante que le rubis, il don- Ci) ChoM ^ngc, — et quille lo^a ims moins surpris que la décooterte de figures ayant one analogie frappante avec le Sphinx égyptien, représentées sur certaines pipes appartenant k des sau*. ▼âges cantonnés à l'est des montagnes Rocbeubes, — les masques dont se servent les ludiens de la Colombie ressemblent étonnamment par leurs formes k ceux dont les anciens acteurs grecs faisaient usage*

naît à la cataracte l'appareace ^ Téclat éblouissant

d'une immense çoquilleile nacre.

Sous cette masse d'eau qui tombait incessamment avec des roulements de tonnerre et des tourbillons d*écume, se di^essaient, presque à fleur d*^aa, deux rochers, distants d'une soixantaine da pieds Tun de * rautre. A leurs àrétes on avait, au moyen de perches et nerfs de buffle, attaché la grande nasso du chef de la pèche.

L'épais bataillon des saumons, dont les écailles scintillaient aux rayons du soleil, s'avançait devant le ûlet et tentait par un vigoureux coup de queue de sauter h travers la colonne liquide ; mais un à un, les poissons heurtaient leur bure k la charpente assujettie au-dessus de Tengin et ils retombaient étourdis dans la nasse, qu'une vingtaine d'Indiens, postés (le chaque coté, devaient retirer trois fois pai jour.

Suivant la coutume, la division des prises entre les familles avait eu lieu à midi.

Aussi, sur les grands rochers plats, au bas de la cliule, une troupe de femmes était-elle occupée à faire cuire les poissons taboués (1).

(I) Tàboué est un terme usité par les pêcheurs indiens dans la Colombie et sur le Pacifique. Il signifie interdit. Les premiers poissons pris dans une pêche sont tous taboués. On ne les peut vendre. Mais U faut les Unocber et le& cuire le jour où Us ont été capturés.

Les Qttfarlai^ eroieiit qM si leiclûeBftiuaikgeaieiitkcœiur d*un

Outre ces pécheurs, d'autres, rauois de filets assez

seuiblables à de gigantesques balances à écrevisses, et d'autres, armés de fouènes à dards mobiles, suivaieiii, soit à pied le long de la berge, soit dans des . canots, les saumons qui avaient échappé^ k la nasse . (lu chef des eaua^ ou qui, s'étaut butés contre les rochers en essayant lésant de la chute, redescendaient emportés par le courant.

— Voyons, mon cousin, dit Merellum k Cherrier, munissez-vous dun barpon, et nous aussi nous participerons il la pêche.

— Pas si vite ! mon enfant, pas si vite ! dit le chef fîicteiir. Mieux que personne vous savez combien les Peaux-Kouges tiennent à leurs prérogatives ; il faut que je demande rautorisation au sagamo.

£t du doigt il désigna un Quiurlapi qui causait sur le bord du fleuve avec deux Indiens masqués, dont les regards étaient à cet instant dirigés sur la Petite- Hirondelle.

L'un de ces derniers avait une taille colossale;

saumon pris par eux, la pî^clic manquerait Tannée suivante; aussi ont-il graud soin (rarracher le cœur de tous les saunions dont ils disposent pour la vente et de le brûler. Ce sacrifice cst,prnsent-its, agréable h uo de leurs dieux, Etalapas f), créateur de toutes choses, qui rend le saumon abondant Tété, aftn qtt*oii puisse en fa're provision pour l'hiver.

(*) Voir la Téte-Plate, chap. u.

l'autre était petit, trapu et solidement charpenté.

A leur aspect, Meielluni é^)rouva un frisson, sans qu'elle pût se rendre compte de cette émotion.

— Allons ! dit le chef facteur qui s'était approché du groupe et avait soufflé quelques mots au sacbem . ]

quiuiiapi, allons, à l'œuvre ! Nous avons la permission de sa rouge majesté. - 1

Il saisit un harpon, Merellum et Xavier en firent autant, et ils montèrent dans un canot d'écorce oh vinrent s'établir comme rameurs les deux Indiens qu'on avait vus, cinq minutes auparavant, s'entretenir avec le chef des eaux.

Aussitôt commencée, la pèche se prolongeait aux (lambeaux après le coucher du soleil, et Merellum avait par son adresse amassé plus de saumons que ses deux compagnons ensemble, car chaque coup de son harpon amenait un nouveau poisson dans le canot, quand soudain, et comme accidentellement, celui-ci donna contre un écueil.

La petite troupe se trouvait alors à un quart de mille du reste des Quiurlapi.

Xavier et le chef facteur, qui. tournaient le dos aux pagayeurs, se sentirent brusquement frappés à la tête.

Us poussèrent des cris, couverts par le mugissement de la cataracte.

Le canots' était déchiié eu deux; il enfonça, et ceux qu'il contenait tombèrent à l'eau.

Merellun se dirigea immédidtmneiit k la nage vers Xavier, qui disparaissait sous l'onde. Mais deux bras robustes eidacèrent la jeune fille à la taille et Veniraîfièrent au loin, malgré ses cris et ses efforts pour se dégager de cette étreinte.

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