‹ Les noces de Figaro (volume 2)Chapitre 3 sur 74 · A LA GAITE-LYRIQUE · texte numérisé non relu

A LA GAITE-LYRIQUE

“Les Noces de Figaro” interprétées par le Groupement

National des Artistes Lyriques Associés (0

Le théâtre lyrique sauvé par les artistes, voilà qui, dans un demisiècle, pourrait bien être le titre d’une, étude rétrospective sur la grande pitié de motre époque, Car ladmirable initiative des « Artistes lyriques associés: », déjà encouragée par deux directeurs et prochainement imitée par un semblable groupement, me paraît être le prélude d’un véritable renouveau. La ravissante interprétation des Noces de Figaro à la Gaîté en est en ce moment le signe. Ah!

qu'il me plairait que l’art lyrique tint son salut non de mécènes, mais de ses serviteurs eux-mêmes! Et que la foi, vivifiée par l'intelligence pùt, demain encore, narguer les contingences! de

Supérieure sur le. plan moral, une {elle initiative m'a pas moins d'intérêt dans le domaine des réalisations pratiques. Idéal commun égale travail en commun, Le répertoire de leur ichoix, les « Artis-| tes lyriques associés » le mettent au point avec la minulie de ceux qui joignent au talent l'amour profond ‘de-leur métier. Et le. jour!

qu'ils sont engagés, ils me leur rcële + qu'à ‘s'acconder avec l’orchestre pour mettre incontinent d'aplomb une œuvre, fût-elle épineuse. Ajnsi plus de répétilions coûteuses pour le théâtre; et pour le public, plus de spectacles “bojtex.

du xvi siècle. La première est une) exquise Suzanne, la seconde une tou. | chante Comtesse qui dissimule le chagrin sous un sourire aristocratique. Le personnage du Comte libertin trouve un| interprète de grande classe chez M. Alfred Poell, quoique assez peu dans l'esprit de Beaumarchais. Quand à Seria Jurinac, en dépit d'une ravissante poitrine, elle campe un Chérubin véridique, en proie aux tourments de son âge, tendre de mille ressorts et frissons printaniers. Tout le spectacle se joue dans la même « plantation », extrêmement ingénieuse, parfois noble, parfois discutable dans son parti-pris coloré plus sobre qu'heureux.

Adhésion plus générale encore aux représentations fle lEnlèvement au Sérail.

La Barberine des Noces, Mlle Emmy Loose était ici une adorable blondine.

Endre Korehp prétait au personnage d'Osman sa basse magnifique. Wilma Lipp qui personnifiait Constance nous est apparue comme une chanteuse d'une exceptionnelle qualité. Walter Ludwig, en dépit d'un timbre un peu dur, était

IFhoto LIPNITZKYI.

« Les Noces de Figaro » par l'Opéra de Vienne.

un agréable Belmonte. Enfin, au pupitre, Josef Krips prenait largement part au triomphe de l’Enlèvement. C'est un chef d'orchestre d'une autorité singulière, dont le visage spirituel et mobile n'est pas l'arme la moins efficiente.

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