‹ Les noces de Merluchet vaudeville en trois actesChapitre 2 sur 44 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LOUISON, MERLUCHET, PaYSaKS, Paysannes.

(Au lever de la toile, un ménétrier ett debout tur le tonneau et joue du violon.

On darne. — Tableau animé d'une noce r illageoise. Deux paytnnt, assit à la table de droite, sont en train de boire.)

CHOEUR

Aia de la Filleule i Suot. (J. Nargeot.) Dansons A qui mieui mieux ;

Qu’on se pousse, m Se trémousse |

Car plus on est joyeux.

Plus 1rs époux sont heureux.

MEM.CCIET. datant avec sa femme.

Mon Dieul j’ suis-l’y doue content !

C'est auiourd'hui que je m* marie...

Ma petit’ femme est si jolie,

El j’ aeni li que j’ l’aime tant.

[Il embraite /.oui*on ) LOUISON.

Mais vous ui’embrasseï toujours !

Vraiment voua êtes terrible!...

■RRivcmr.

J* souJraia, ai c’était possible,

Me marier loua les jours...

r/est-t tluoc l»on le mariage!... (A bouleau.) Ma poli U* femme, faut que je l'ombrasse encore.. .

LOUISON- Ah! mais non.... (Elle lui échappe , et l'on te remet à danser tur la reprise du chaur.)

CHOEUR

Dansons è qui mieux mieux,

Qa’un se pousse.

Se trémonase I Car plus on est joyeux.

Plus Ica époux sont heuraux...

merluchet, aprèt la dante. Ouf! ah!

•'or*. Tuâtes fea indications sont pris*» dt la gauche et de la droite du spectateur. Les personnages sont inscrits en Ilia des acèoea dans l'ordrs qu’lit occupent, au théâtre. Les rhtngements de position soûl iadiqué* p»r de* renvois an bas des pages.

LES NOCES Dli MERLUCHET.

que j'ai chaud!... ah! que j’ai soif... [Un paysan lui donne un r erre de fin.)

louison. N’ daosex pas tant, monsieur Merluche!. ..

meriuciiet. Ma foi, lant pi»!... j’veux danser.. . j'veux sauter. . j' veux m'tnrtlllcr. .. j’ suis gai comme un . . pinson. . ( .1 Louison.) Quand j’ pense que lu es t’â moi, que je suis t’à toi , et que lu es t'au pouvoir de mon amour !...

louison. Est-il hôte!

MERLU CH ET,f embrateant. Faûtqoej’ l’embrasse encore. ..

LOUISON, faisant d droite, Ah ! finis- j sez!. .. a la fin des fins. . (/-es jeunet fille» retiennent Merluche!.)

meri.uchet. * t i'qui ra 'rend surtout joyeux, ; c’est de penser que not’seigncur, monsieur ; le marquis de la Pcnaudiére, est à l’article de la morL.. En v’Ià do 1a chance!

tous. Oui... oui.

louison. Fi! le vilain cœur...

merlucheT. J’espère môme qu’il est trépassé à l’heure qu'il est .. Parait qu';l s'est battu en duel , à ce que dit la gazette de son pays... et que l’autre avec qui qui s* butait, , y t' t’y avions flanqué un coup d’épée, qu' du même coup il l’y a ouveit le ventre...

traversé la poitrine. . . et comme qui dirait fracassé la tète. . . Ohl mais qu’y tu' tar ie doue d'apprendre qu'il est enterré, mon Dieu...

qu’y in’ tarde. .

Louison. Monsieur Merlucliet, vous ôtes un méchant... et si vous continuez Avoua réjouir du malheur arrivé à monsieur le marquis, je ne vous aimerai plus...

MERLUCHET. Oh! mais oui... que je m’en réjouis... et qu’ vous d’vcz vous en réjouir aussi... et vous.... et eux tous.. ( Aux payions.) N’est-ce pas? [Il remonte.)

LES paysans Oui... oui...

MERLiCHET/Vedeiwiu/unf ù droite. Vous Ica entendez... tàais que sans ça tu n'aurais pas encore l'honneur de t'appeler madame Merluche!.

LOUISON. Bah !

merlucheT. Ahl mais non!... j’aurais jamais consenti II te donner mon amour et h moitié de ma personne, si monsieur le marquis aurait été bien portant.. Ah! mais non I..w

louison. Et pourquoi ?

merlucbet. Pourquoi? mais à cause des 1 droits du seigneur, donc, louison. Les droits do seigneur donc?...

Qu’ci-t-ce que c’est que ça ?

merlucbet. Je vas te l’expliquer... ( Aux paysans.) J’ vas y expliquer... (.4 Louison.) Monsieur le marquis, c'est le seigneur, n'est-cc pas?... pour lors, nous sommes des vouais, des bons petits tassais... qui ne demandons pas mieux que de l'v faire plaisir... Pour lors, A la moisson, v'Ià qui nous prend les premières gerbes... Nous aimerions autant les garder... Mais enfin., prends, mon bonhomme... c’est ton droit... Quand il arrive ou qu’il part , faut que nous allions sur son passage crier : vive monsieur le mar-

* Mtrlucliti, Lcuiion.

** Lnninoo, MerUcbat

quia... ça nous enroue.. . mais enfin, nous ne disons pas trop rien.. . Ça lui fait plaisir à c’t’hornnie ; d’ailleurs, c’est son droit. . Mais v’ià que quand nous nous marions...

louison. Eh bien ! quand nous nous marions?...

MERLUCHET, frissonnant. Ah!... c’est que monseigneur. . . voit- tu.. . il est t’ hardi. . . et alors. ..Oh! mais... non !... non !...

louison. Je ne sais pas ce qui te fait tant peur... Ce que je sais, c’est qu’il fait toujours un cadeau h l’occasion d’un mariage...

Et, tiens, sous l autre marquis, l’ancien qu’ est mort depuis longtemps.. . Jean Pierre s’est marié)... ils ont été rendre visite au marquis... et Jean-Pierre a été nommé jardinier du château.

merlucheT. Ah ben!.. v’Ih précisément...

je n a veux pas qu’il m’ nomme Jardinier...

Ouf!... rien que d’y penser, ça me donne la chair de canard. Heureuscmeui qu’il est mort... J’ vas boire à sa santé...

un <; ARÇON, sortant de la ferme. Monsieur Merlucbet, l’ dîner est servi. .,

MERLUCHET. Allons nous mettre à table...

Aprésdluer, nous r ‘danserons. .. . et pis après avoir redansé... (d Luuwm) madame Merluche!, faut que je t’embrasse cnc ire.. .

louison. Oh ! mais. . qu'est-ce qu'il a donc aujourd'hui ?

REPRISE DU CQOEUR.

Dan*cn» k qui mieux mieux, etc.

(TWr entrent dans la ferme, en dansant <ur ta repris* d» ehawr j

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