‹ Les nocesChapitre 106 sur 110 · THÈME FINAL. DE L'ORCHESTRE VILLAGEOIS · texte numérisé non relu

THÈME FINAL. DE L'ORCHESTRE VILLAGEOIS

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(p. Il) ' Notre Dame de la Clarté (Jasna Gora), de Czenstochowa, et Notre Dame de la porte Ostra Brama, de Vilna, sont les deux Madones miraculeuses les plus vénérées en Pologne, les Patronnes de la Pologne et de la Lithuanie.

(p. ^3) * Dans le texte polonais, il est seulement question du « Verbe Divin » {Slowo Bo^e). Il est toutefois hors de doute qu'il s'agit du verset de l'Evangile Saint Jean : ET LE VERBE S'EST FAIT CHAIR ET IL A HABITE PARMI NOUS. D'abord, c'est le verset que l'on rencontre le plus fréquemment, à l'intérieur des anciennes maisons polonaises, gravé ou simplement inscrit sur la poutre-maîtresse du plafond. D'autre part, tous les drames chrétiens de Wyspianski sont conçus comme illustrations de ce verset : les spectateurs y assistent à une réalisation de la Parole Divine qui se manifeste dans le cours qu'elle imprime aux destinées humaines: aussi les passages ayant trait à la « Parole qui s'est fait chair » présentent-ils toujours ce qu'on pourrait nommer la clef de voûte dt la construction dramatique. Dans les « Noces », drame prophétique, l'avenir seul peut réaliser la Parole Divine révélée par les péripéties du drame; le Poète se contente de l'inscrire sur le fronton de la scène qu'il a dressée, et de dater la construction.

(p. 83) * Ptak, en polonais, oiseau ; c'est le nom d'un député paysan que la circonscription de Cracovie venait d'envoyer à la diète provinciale galicienne.

(p. 87) * Soukmana (suknuna), longue redingote en drap blanc que portent les paysans polonais.

(p. 98) * Courdèche (kurJes{), ancien mot polonais

d'origine turque, signifiait : frère, camarade. Il ne s'est conservé que dans l'antique chanson après boire qu'entonne ici le Maître ( « Camarade, le plus cher de tous les camarades ! »)

(p. I2i) * Swat et (au fémin.) swatka, noms que le paysan polonais donne aux personnes qui s'entremettent pour aider à conclure un mariage.

(p. 146) ' Le Woïéwode, un des principaux personnages de la féerie de M. Rydel « Le Cercle Enchanté » (1899).

(p. 147) » Le petrm dont se servent les paysans polonais est de petite dimension; il a la forme d'une auge portative.

(p. 165) ' Allusion aux « Aïeux ». C'est en lançant en l'air une poignée d'étoupe que le Magicien (guslar^ y évoque les âmes des morts. La scène en question du poème reproduit fidèlement les chants et les incantations de l'antique fête des morts, telle que, malgré les défenses de l'Eglise, on la célébrait encore en Lithuanie du temps de la jeunesse de Mickiewicz.

(p. 167) "M. Stanislas Kotowicz a été le premier à observer que la scène de l'apparition de Wernyhora a été conçue par Wyspianski comme suite de la scène du « Songe argenté de Salomée » de Slowacki, mentionnée dans l'avant-propos ; en effet, il n'y a que la personne du maître de la maison qui ait changé : maître Vladimir a remplacé le Commandant. Mais ce que jusqu'à présent on n'a pas voulu remarquer en Pologne, ce sont les nombreux détails qui soulignent à tout instant dans les « Noces » l'origine infernale de l'annonciateur. Nous n'en relèverons que quelques-uns. Il faut d'abord que le soufre « prenne bien » afin que la lanterne magique qui en a déjà évoqué tant d'autres dans la demi-obscurité de l'izba, soit prête à projeter

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tout son éclat sur ce nouveau représentant de l'Enfer « qui n'est pas le premier venu »...

(p. 167) " Rien qu'à l'approche de Wernyhora, le Maître paraît troublé. Sa femme le juge niepewny, ce qui veut dire à la fois qu'elle lui trouve peu d'assurance et qu'il lui inspire de la méfiance. Instinctivement elle se sentira plus à l'aise quand la porte de l'alcôve se refermera et la séparera du visiteur. L'homme restera seul, livré à lui-même. En vain cherchera-t-il des prétextes pour rappeler la femme; le spectre fera tout pour éviter la rencontre.

(p. 168) '•«Qui cela peut-il bien être?» La réponse arrive aussitôt, en même temps que sur le seuil de la porte se dresse la nouvelle apparition : « La Gloire, maître Vladimir. » La Gloire (Slawa), c'est pour le Maître, une abréviation simplement du salut traditionnel du paysan petit-russien, le Slawa Bohu, Gloire à Dieu. Dans la bouc'.ie d'un visiteur qui arrive tout droit des « extrêmes marches » (kresy), terme dont les Polonais désignaient l'Ukraine, ce salut certes n'a rien d'étonnant. 11 n'en est pas moins vrai pourtant que cette façon de se nommer de Wernyhora aurait dij inspirer plus de méfiance... à la critique polonaise. Le mot Slawa, la Renommée, la Gloire, toujours lourd de sens dans le théâtre de Wyspianski, y prend facilement un sens démonia,que et il signifie alors : le passé polonais en tant que vampire du présent. 11 suffira de rappeler ici ce « blanc épouvantail vomi par l'Erèbe » qui, sous le même nom que Wernyhora, apparaît à Mickiewicz et à Krasinski dans la troisième scène de la « Légion ». Pareille à une statue de dimensions surhumaines, la Gloire de la « Légion » surgit par une nuit de clair de lune de dessous les arcades duColisée. Elle est assoiffée du sang de ses fils et elle les appelle

âux' armes. « Vaici la réalité, l'appel de la^Vièfï^y'dH

Mickiewicz. «Voici t'orifice béant de l'a tombe; le Verbe changé en malédiction », répond Krasinskr et il entraîne Mickiewicz hors des ruines'.'' ^ Ji.icq 'jtAfM (p. 169) " Textuellement : de par' toUâ'îèsî'tfïâbïéfe tombés (du ciel). • ■ ■■■>'i--^j :••-■ Ojîir;

■ (p. ij'y) *' Décidément, le bon sens éstc'é'éjlJé'ràhnonciateur désire fë moins rencontrer.— Lé MaîtPé sentirait-il vaguernent ce que pense Harnlet d'un atrtPe

spectre : ' • ' • ^ - i; •• '■'*>''i '■*••■'-

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0«/ of my.ïveaknesSfrand. my tnekncbply,..^. .jyj^-jj. . , , (As he is very poteni wiib'such spiriiSj) ./ '.j-toq ' •' ''Abuses me to damn me • — ? . lii.i.r ' ■ ,',;f

(p. 180) " L'exclamation qiii a aussitôt pour résultat de faire disparaître Wemyhora, est une formule dont on se servait jadis en Pologne pocr se débarrasser des démons. Toutes les fois qu'on soupçonnait la présence du Malin, on croyait qu'il suffisait de dire : « Tout esprit l'oue Dieu », et Tesprit qui ne pouvait obtempérer à cette invitation, était forcé de se retirer. Avec îe temps la formule, réduite aux deux premiers mots (wsielki ducb), â perdu sa signification primitive. On s'en sert encore aujourd'hui pour exprimer le saisissement devant tout événement extraordinaire et qu'on n'arrive pas à s'expliquer d'une façon naturelle. y

(p. 197) ""Allusion à un petit poème de M. Casirrti^ Tetmajer, intitulé Eviva l'arte et qui passait pour une sorte de profession de foi de la « Jeune Pologne». !'• /^ .3^^'T'';J ;'■

(p. 202) " Autre allusion' aux' •« 'Àïeùx ». C'est le dernier vers de la forrhule dont le Magicien se sert pour chasser les spectres évoqués; dans la <f, DéÏÏ-

LES WOCES

vrance », Conrad se servira de la même formule pour

chasser le Génie :

Et si vous restez sourds à la prière, — Au nom du Père, du Fils, de l'Esprit : vous voyez la croix du Seigneur?

Vous ne voulez ni boire ni manger, laissez-nous donc en paix :

allez, allez, allez!

(p. 2^0) "Jan Stanislawski, un des meilleurs peintres polonais, mort en 1907, peignait presque exclusivement des paysages de toutes petites dimensions.

(p. 237) '* Karazya ou kierezya, nom de la « soukmana » (redingote) de fête du paysan cracovien.

(p. 244) " Rapprocher ce vers, ainsi que tout le drame, des pp. 147 à 149 de l'étude que Wyspianski, deux ans avant sa mort, a consacrée à Hamiet. (« L'histoire tragique d'Hamlet prince de Danemark par William Shakespeare, selon le texte polonais de Joseph Paszkowski relue et repensée par Stanislas Wyspianski ». Cracovie, 1905).

(p. 268) " Textuellement : Danse donc, toute la « chopka » (tout le théâtre de marionnettes) danse. |

(Les extraits de la leçon sur le drame slave^de Mickiewic{. plaies en tête de l'avant-propos , ont été donnés d'après la nouvelle édition des deux dernières années du Cours de littérature slave, publiée récemment par les soins du fils du Poète. Cf. Adam Mickiewic^ : Les Slaves, cours professé au Collège de France (1842-1844) ; avec une préface de Fortunat Strowski et une introduction de Ladislas Mickieu'ic{. Edition du Musée Mickiewic^; Paris, 1914.)

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