‹ Les nocesChapitre 19 sur 110 · CES · texte numérisé non relu

CES

Elle va venir;

elle dit que plutôt que dormir,

elle préfère voir les messieurs et la noce, —

elle est instruite.

LE MARIÉ Je n'en doute pas.

LE JUIF

Elle dit que la musique l'enchante,

on ne me la demande pas encore en mariage;

peut-être lui trouverai-je un emploi dans les postes ;

ma fille, c'est une vraie femme,

une demoiselle moderne,

une étoile.

LE MARIÉ Alors, un satellite?

LE JUIF

Tous les livres qui paraissent, elle les lit, et elle sait pétrir et rouler la pâte, elle a été à l'opéra à Vienne, chez nous, elle ûiit elle-même sa lessive, — . nô, elle connaît tout Pchybychewski, *^

et elle porte sa chevelure en bandeaux, ^ comme les anges des images italiennes, ' à la...

LE MARIÉ A la Botticelli.

LE JUIF

Si vous vouliez la voir un jour, causer avec elle — ?

LE MARIÉ '

Mais j'ai essayé.

Une fois je suis venu et ne l'ai point rencontrée.

LE JUIF

Elle aime tous ces poètes;

même les paysans elle les aime;

elle fait crédit aux paysans

au point que mon cœur en saigne,

car c'est là chose fort agaçante,

et souvent je ne sais que faire :

les affaires d'un côté — le cœur de l'autre. —

Pourquoi épousez-vous une paysanne?

Il y a des demoiselles instruites.

LE MARIÉ

Elles me paraissent banales, j'aime les femmes de Botticelli, mais je n'en voudrais pas farcir chaque recoin de mon pays.

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