‹ Les nocesChapitre 21 sur 110 · SCÈNE 19. LE MARIÉ, RACHEL · texte numérisé non relu

SCÈNE 19. LE MARIÉ, RACHEL

RACHEL

Le cadre d'un conte de fées;

ah, cette chaumière débordante de chant,

comme si des rossignols y mêlaient leurs appels

amoureux, et ces costumes baignés dans l'arc-en-ciel.

LE POÈTE

Vous avez raisjon, les phalènes s'assemblent

toujours, autour des bougies;

oij brille la lumière, il faut qu'ils accourent.

Ils accourent dans la candeur de leur cœur, à l'aveugle, de bonne foi, sincèrement; ils ne se doutent pas qu'un lumignon les attend qui leur consumera les ailes.

LE MARIÉ Vous êtes venue ici sur des ailes — ?

RACHEL

Sur des ailes s'est posée ma pensée ; j'ai marché, de la boue à mi-jambe, de l'auberge jusqu'ici ; — ah, cette chaumière débordante de musique, cette foule qui danse, éperdue, vous verrez, monsieur, vous verrez, que cela se laissera mettre en vers, pour peu que vous ajoutiez et que vous changiez çà et là.

LE MARIÉ

Je le sens si bien, je l'entends :

et ce calme et ce silence,

ces vergers, ces chaumières, ces bois, ces prairies,

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