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SCÈNE 28. LE JUIF, LE CURÉ

LE CURÉ

Alors, monsieur l'aubergiste, c'est demain !

LE JUIF Le terme, je sais.

LE CURÉ

Je connais votre exactitude, Mochko, c'est pourquoi vous êtes mon homme.

LE JUIF

Le juif n'est peut-être pas bon à grand'chose, mais dans les questions d'argent il a toujours son prix.

LE CURÉ

Toujours même misère chez le paysan ; je ne vends rien, ma huche est vide.

LE JUIF Je prends, je paie.

LE CURÉ Je donne, Je prends.

LE JUIF Le mien, le tien.

LE CURÉ

Le tien, le mien.

Je ne puis vivre sur la seule misère paysanne.

LE JUIF

Mais regardez donc, monsieur le curé, ce qui se

passe, les paysans se battent autour des tables ! Tchépietz vient d'assommer Matchiek.

LE CURÉ Oh, Matchiek a la tête dure.

LE JUIF

Peut-être n'a-t-il point de mal, peut-être a-t-il le crâne fendu.

LE CURE

Bah, que les paysans se battent.

Mochko leur versera l'eau-de-vie :

le juif, le paysan, l'eau-de-vie, vieilles histoires.

LE JUIF

j'en vends puisque j'ai le débit ; — Tchépietz doit me payer demain, alors il casse aujourd'hui les museaux.

LE CURÉ

Tu veux écorcher les paysans, tu leur prends double bénéfice.

LE JUIF

S'il vous plaît, monsieur le curé,

de perdre sur eux, reprenez l'auberge.

LE CURÉ 11 sera toujours temps.

LE JUIF

Le temps, c'est de l'argent.

LE CURÉ

Une dette est chose sacrée :

demain est le terme.

LE JUIF

Le juif n'oublie pas.

LE CURÉ Parlez à Tchépietz.

LE JUIF

Quand il a bu, qui s'irait frotter à ce butor?

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