‹ Les nocesChapitre 31 sur 110 · LE JUIF, LE CURÉ, TCHÉPIETZ · texte numérisé non relu

LE JUIF, LE CURÉ, TCHÉPIETZ

TCHÉPIETZ On parle de moi, — me voici.

LE CURÉ Monsieur Tchépietz, toujours des coups !

TCHÉPIETZ

Ce n'est rien, il s'est lavé, ça lui passera, il guérira.

LE CURÉ

Vous mériteriez bien quelque chose

pour ces querelles, ces rixes, ces batailles.

TCHÉPIETZ

Je suis terriblement têtu,

il le sait bien, pourquoi me contredire.

LE JUIF

Monsieur Tchépietz, vous avez tort; c'est demain que vous devez me payer mon foin.

TCHÉPIETZ Canaille, chien crevé,

ton foin? Tu mens ! Ces juifs, ma parole, sucent notre sang, — volent notre argent, salissent notre bien, pire que des cochons.

LE CURÉ Monsieur Tchépietz, payez vos dettes.

TCHÉPIETZ

Ah, oui, son foin, du foin pourri ;

trois meules que le diable me fit prendre ;

je ne donnerai rien.

LE CURÉ (au juif)

Portez plainte.

TCHÉPIETZ (au cure)

Tiens, tiens, tiens, le bon conseiller !

C'est seulement grâce à vous

que Mochko se prélasse à l'auberge.

LE CURÉ Dame, vous ne voulez pas payer.

TCHÉPIETZ Dame, vous nous plumez tout vifs.

LE JUIF

Il a raison, vous louez l'auberge trop cher 1 Faites un rabais, monsieur le curé.

TCHÉPIETZ (désignant le Juif) Bien fait de plumer ce coquin.

LE CURE Je ne réclame que mon dû.

LE JUIF (désignant Trhépiet{)

C'est bon, je ne donnerai rien, avant que Tchépietz ne m'ait payé.

LE CURÉ (à Tchépift{) Payez vos dettes ! !

TCHÉPIETZ

Mais que diable?!

Qui donc me vole mes sous, le maudit juif ou le curé ! ?

LE CURÉ L'eau-de-vie, —

Prends où tu veux!

TCHÉPIETZ

Tas de bandits ! !

Excusez, monsieur le curé, je suis tellement échauffé que, sang de chien, je romprais l'échiné à mon propre frère.

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