‹ Les nocesChapitre 4 sur 110 · SCÈNE 2. LE JOURNALISTE, SOCHIA · texte numérisé non relu

SCÈNE 2. LE JOURNALISTE, SOCHIA

LE JOURNALISTE

Petite fée des airs, dès que vous quittez votre char, vous êtes triste.

SOCHIA Et vous, monsieur, toujours galant.

Ce n'est point un compliment, je sens, et je ne le dissimule point.

SOCHIA

C'est fort heureux que vous sachiez faire une différence entre le jeu et le sentiment, — mais dans le cas qui se présente...

LE JOURNALISTE

Il faut s'en prendre à votre charme,

vous êtes délicieuse,

vous avez si gentiment penché la tête...

SOCHIA

Comme si je m'étonnais, n'est-ce pas de l'honneur qui m'est fait; monsieur le chef d'un grand journal me regarde, cligne des yeux, et me contemple comme une image.

LE JOURNALISTE

Et l'image est d'une facture impeccable, les couleurs en sont fraîches, naturelles ; pas une faute de dessin, jusqu'au cadre, tout est idéal.

SOCHL\ Quel connaisseur vous êtes.

LE JOURNALISTE Pourquoi vous fâchez-vous?

SOCHIA

Parce que vous me chantez

comme Lohcngrin chante son cygne,

et comme nous ne serons jamais l'un à l'autre,

alors à quoi bon toute cette musique?

LE JOURNALISTE

Mais, pour nous mettre à l'unisson de la compagnie, voilà tout.

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