SCÈNE 2. LE JOURNALISTE, SOCHIA
LE JOURNALISTE
Petite fée des airs, dès que vous quittez votre char, vous êtes triste.
SOCHIA Et vous, monsieur, toujours galant.
Ce n'est point un compliment, je sens, et je ne le dissimule point.
SOCHIA
C'est fort heureux que vous sachiez faire une différence entre le jeu et le sentiment, — mais dans le cas qui se présente...
LE JOURNALISTE
Il faut s'en prendre à votre charme,
vous êtes délicieuse,
vous avez si gentiment penché la tête...
SOCHIA
Comme si je m'étonnais, n'est-ce pas de l'honneur qui m'est fait; monsieur le chef d'un grand journal me regarde, cligne des yeux, et me contemple comme une image.
LE JOURNALISTE
Et l'image est d'une facture impeccable, les couleurs en sont fraîches, naturelles ; pas une faute de dessin, jusqu'au cadre, tout est idéal.
SOCHL\ Quel connaisseur vous êtes.
LE JOURNALISTE Pourquoi vous fâchez-vous?
SOCHIA
Parce que vous me chantez
comme Lohcngrin chante son cygne,
et comme nous ne serons jamais l'un à l'autre,
alors à quoi bon toute cette musique?
LE JOURNALISTE
Mais, pour nous mettre à l'unisson de la compagnie, voilà tout.