SCÈNE 4. MARYCHIA, WOÏTEK
Assieds-toi là, mon petit Woïtek, moi aussi je suis fatiguée de danser.
WOÏTEK
O ma femme, ô mon cher cœur, mon âme, combien je suis triste pour toi. — retourne à la musique, va danser...
MARYCHIA
Danser, y penses-tu, danser; je ne veux que rester là, près de toi.
WOÏTEK
Soudain la tête m'a tourné ; c'était comme si c'eût été ta noce, (il fredonne) mais pas la nôtre, Marychia, mais pas la nôtre...
MARYCHIA
Viens, assieds-toi près des enfants, dors, tu ne penseras plus à ton mal.
WOITEK
La tête m'a tourné,
sitôt que je me suis approché de la musique,
et depuis, il me semble
que des ombres rôdent autour de nous...
Sur le mur blanc, une ombre noire
se projette, — regarde donc, —
vois comme elle bouge et se promène — ?
WOÏTEK (il fredonne) « Garde, valet, les chevaux du maître,
le maître séduira ta belle... »
Embrasse-moi, femme.
MARYCHIA Tu as de la peine — ?
WOITEK
Mon aimée !
(au moment où t'ous les deux se dirigent vers l'alcôve du fond, Marychia enlève de la table la petite lampe. L'ombre envahit l'isba, — l'alcôve seule est éclairée, et de la porte des noces tombe une traînée de lumière.)