SCÈNE
LES MÊMES, BEAUCOUP de P AY s A}^S> avec des faux et diverses armes ; ils sont en tenue de guerre.
LA MAÎTRESSE
A l'aide, au secours. Dieu nous garde!
Qui vous a mis les faux en mains!?
TCHÉPIETZ
Mère, laissez-nous faire aujourd'hui, il nous faut partir.
LE MAITRE
11 nous faut aller.
Ma mémoire s'éveille, — comme l'aube aux
champs. Tous aperçoivent des prodiges.
Rêve : illusion, — Pensée : ivraie!
Fi de l'ivraie, fi de la mauvaise herbe. — Que j'y voie clair enfin : — on est venu, — on a ordonné, — mais quoi — ?
LE POÈTE (au Maître)
Mon frère, tu t'agites douloureusement.
LE MARIÉ (à la Mariée)
Le brouillard traîne sur les champs; nous aurons une matinée superbe, — laga, hier, vent, orage et tempête, aujourd'hui, le ciel est libre de nuées, mon âme, déjà tu es à moi.
LE POÈTE (au Maître)
Un esprit m'est apparu dans la nuit; il portait une armure noire; il m'a souverainement médusé,, il clamait des mots, de tels mots que j'ai tendu les deux oreilles.
LE MAÎTRE (au Poète, mais tous l'entendent)
j'ai la tête si lourde, si lourde.
C'est le froid de l'air matinal.
Est-il vrai, frère chéri.
qu'ils entendent là-bas un chant passer là-haut, dans l'air.
Que sais-je? dans le vent les diables chantent et jettent du sang sur les nuages — ?
LE MARIÉ
Le ciel est en mouvement.
LE MAITRE (au Poète)
Tu dis que tu as tendu l'oreille, — frère, — j'ai entendu cela quelque part : « tendez, — tendez l'oreille. »