‹ Les noces vénitiennes drame en cinq actesChapitre 2 sur 83 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

RASPO, SPOLATRE.

(Rsipe est mit; SpolsUa eil debout.)

RASPO, * SpoUlrr, q»l i*is<lloe e« • tua de remereloM-at.

Tu es mon élève, je tiens à ce que lu ne sois |>:ts un espion vulgaire. Adresse ta demande au chef du consuil des Dix.

SPOLATRE.

A Jfian Orseülo?...

RASPO.

Oui, dépéebous!.., (u retenant.) Ah! tu os là une jolie bague?

SPOLATRE.

Jolie?... lieu! comme ça... Elle doit me faire retrouver mon penc, seigneur Raspo. (soupirant.) Ah! c'est une histoire...

RASPO.

Bien, bien, tu me l'as déjà racontée, ton histoire.

SPOLATRE, A part, ea mut.

Mon père! (m*v) Je comprends que la recherche de la paternité soit interdite comme la mendicité. Ça vous prend un temps.... Enfin, pendant trois ans, j'ai couru tous les palau de venise; — car mon père ne peut être évidemment qu'un gentilhomme, si j'en juge par ina tournure.

, RASPO.

Ecris ta lettre.

SPOLATRE.

J'étais découragé quand je vous ai umconlré. Aussi vous ai-je mis tout de suite ma bague sous le nez.

RASPO, MllilUt.

Tu me prenais pour un gentilhomme?

SPOLATRE.

Je m'étais résigné à chercher plus bas.

R A 8PO» l'n^wdiüirt.

Allons, écris.

SPOLATRE, Mi.mil »or le» fu*.

Ah!... dit-on Votre Ceigneu' ie ou Voire Excellence T ntro.

Sérénlssime seigneur.

SPOLATRE.

Rien que cela!... Sérénissime seigneur!... (c**»chwu la <n»nic:« de m Irtin tout ru fartint * B^apn.) « Je désire être espion... » Non , ce serait brutal! o Je désire avoir I honncur... » (r*oi«n U moo^.) Piètre honneur !... liai*, bull! il n'j a p.»s d’honneur qui ne soit grand, roulant sur un ecu d'or: — n’est-ce pas?

RASPO.

Tu te fais si plat qu'on ne pourrait te mettre le pied dessus.

SPOLATRE.

Chacun inange ail râtelier qu'il a.

raspo.

Ce n'est pas un reproche, (a pan.) Ce drtMc a surtout l’avantage d'avoir l’air d’un imbécile... ou ne se méfiera pas de lui.

(a SpoUtro, qui tciubta emb»rr»>*r .) Eli bien?

Je n'avais oublié qu’une petite chose, seigneur Raspo.... Oh! mi détail... je ne sais pas écrire.

RASPO.

Ah!... tu as l'œil vif et le bras prompt, il suffit. J'écrirai pour toi.

(On eateiul d« fraadt cri* au daUor», de : Vite G»lieoo ! *rtf le graèral!) il A S P O j ca IummiiI Ir» *p»ul*«.

Vive Galieno!...

SPOLATRE.

Ce ln>n peuple!... il ne hâte de prendre les devants sur le sénat. Mais ailes-moi, seigneur Raspo, si vous étiez à la place du général, aimeriez -vous à tous entendre crier ainsi dan» les oreilles?

RASPO.

» griser a celle coupe-l gloire, est mortelle à Venise.

(o* **Un<l do Doiifeau* tri*.)

SPOLATRE.

Les enragés ! Je donnerais mon petit doigt pour connaître la pensée du chef des Dix !

RASPO.

La pensée de Jean Orseolo ne se trahit que lorsqu’il récompense ou punit. (L'*ii*T»ani.) Que dis- tu de nos exécutions nocturnes?

SPOLATRE.

C’est si vite fait!

RASPO , loi '*Tnb*t 11 min.

Bien répondu. Tu es des nôtres... (aj*** «»*> i»*».) Comble les lagunes et les canaux, Venise est une ville comme une autre: étouffe la délation, Venise se meurt.— La délation, c’est nous!

SPOLATRE.

Nous sommes tout!

RASPO.

Nous pouvons tout ! (suai inn.) Mais chaque médaille a son revers. (<tcoM<>t la tite.) Les secrets qu’on nous confie...

SPOLATRE.

C’est ce qui fait notre force!

raspo.

Les secrets qu’on nous confie nous tuent souvent.

SPOLATRE.

Ah!... (S00O..1.) Mais à ce compte, seigneur Raspo, votre dernière heure ne doit pas être bien loin.

RASPO.

Je vis comme si je devais moui.r demain; — comme doit vivre un homme qui a vu ce qu'il ne devait pas voir et entendu ce qu'il ne devait pas entendre.

SPOLATRE.

Tu ne m'avais pas dit cela!

RASPO, •**pP“y* Bl lenli-mM «r ttm ^funle.

Mon bon Spolatre !. ..— si jamais je deviens in firme ou vieux... inutile enfin... lu rencontreras inévitablement un jour mou cadavre au coin d une rue. Alors passe et ne regarde pas ;— passe, car je t’aurai prédit ma moit: passe , car les Dix n’aitnent pas quon interroge le sang qu’ils ont versé; passe, passe, car la

C dcnce du omise il aime mieux une tombe fermée quune clic ouverte!...

SPOLATRE.

Triste vie !

RASPO.

C'est la nôtre. D'ailleurs chacun vit avec la certitude de mourir un jour.

SPOLATRE.

Ah ! quelle différence !

raspo.

Où est-elle, la différence , entre un homme brusquement assassiné et un bomme mort douloureusement dans son lit?

SPOLATRE.

Tu as une jolie philosophie.

RASPO.

L’existence des autres n’est pas plus enviable que la nôtre... — Tiens, voici des seigneurs, de grands seigneurs, de tout-puissants seigueurs, qui causeut innocemment entre eux... tu vas

CD juger. (Dr* Srt>»W«r* Mirent ca L-auiaui.)

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