SCÈNE V
ORSEOLO, ALBONE.
ALBONE, A p*rl, legm-Jaiil 0* oùtd rti« I* f*«étr* et
Galieno! — si jeune et déjà le héros d un peuple! (s.»pir»t. ) Ah! j'aurais voulu la première voir poindre sa galère !
ORSEOLO, s’ipprwcEjiit a'» ll«s •«. twiiM.
Ohl le doux soupir!... A quelle brise l’avons nous confié?... Va-t-il an nord ou au midi?... (Lui prnunt u •»»•».) Voyons, quel est ce bel inconnu qui noua fait rêver? — Oh! ne rougis pas. Chère enfant, ne tremble pas. Ton choix doit être à la hauteur de Ion cœur. Le jour où tu me dira» : Voilà mon rêve qui passe... ton rêve deviendra une réalité.
A L ROM R , «nuptfMl.
Les rêves vont loin!
ORSEOLO
.Moins loin que ma tendresse !
ALBOMB.
Prends garde I
ORSEOLO
Essaye!
ALBONE, l'amWauMl.
Cher père! — je n'aime personne, (a * 10 .) E?t-ce aimer que d’aimer un nom, une gloire, une renommée?,..
(Do grac.l* cru an itebnr*, rtc : Vire Galie*o ! vive le (ànital!)
ORSEOLO, bilatéral 1*1 Ipaule».
Peuple stupide!
ALBONB.
Pourquoi donc?... 11 accucdl * comme il peut le héros qu’il admire.
C'est possible.
ALBONE, Ovcnent. •
Le général est-il ton ennemi?
ORSEOLO, a paît.
Mon fils avait son âge... il aurait sa gloire peut-être!..,
A lu on b.
Le hais-tu?
ORSEOLO
Le haïr?... moi?... non. Il me préoccupe, voilà tout.
[Il remonta A droite.)
* ALBONE, A part.
Tout mon sang s'était glacé à l'idée seule d'une haine entre nous !
ORS80LO, cdiii'nninl.
C'est bien une puissance qui se prépare... une renommée qui monte... mais les Orseolo n’ont nett ;i envier à personne. Les Orseolo ne haïssent plus. Ils n'ont plus le droit de haïr. Ils avaient juré leur haine aux Falicri, et celle haine, ils l'oflt ensevelie avec le dernier vaincu de cette race. Ils étaient digues de nos colères, ceux-là Ce n'ôl&it pas des hommes, c’ét ut des idées. Ils invoquaient le peuple, nous le séqa!!... Luttes t.n ibles, auxquelles dix générations ont été tour i tour appelées; — duels gigantesques qui passaient au virent là- pce du inort. au fils lu vengeance du j*ere, de siècle en siècle, de main eu main, de la tombe au lierccaii, et qui auraient enenrengité notn temps si le plus audacieux des Paîieri n'était pas couché sanglant dans sa défaite!... (tl ■Mn' li mO* nir a«« riiiuim.) * Place de » Manno Falioro , dréapilé pour ses crimes ! » Ah! le vieillaid farouche qui voulait bouleverser tout un empire pour cacher sa honte sous nos ruines!... Il l'a tenté!... Il l'aurait fait, h un Orseolo ne s'était nas trouvé là, debout, pour abattre celle r te rebelle, qui roula bondis-ouite du haut au l’escalier de Saint- Marc aux applaudissements de Venise sauvée! *
ALBONE.
Us sont morts, mon père, respect» .iw-tcs!
ORSEOLO
Qui te dit que le duel ne continue pas au-dessous de nous?
ALBONE.
Mon père!
0RF80L0.
Tu dois accepter fans trembler ce que l’histoire raconte sans pâlir. Les bâtard* ont seuls le droit de renier le passé. Nous vivons avec les morts, nous.— El si Albert Falioro, voila dix siècles, nous jeta le gant le premier, s'il assassina dans un festin Antoine Orseolo, s'il joignit le sacrilège au meurtre en volant b* ci é rie du mort dont il se fit une coupe d orgie. j’app!audi- encore du cœur et des mains à l*ierre Orseolo, rbénUer vengeur, d avoir égorgé ce bandit et d'avoir bâti notre palais sur ses ossements 1
Ah!
A LBONE • i«w korwif.